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Article d'actualité
Visite de travail au Luxembourg du ministre des Affaires étrangères de l'ARYM, Antonio Milososki
14-02-2008

Vers le niveau supérieur

Le 14 février 2008, le ministre des Affaires étrangères de l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), Antonio Milososki, a effectué une visite de travail au Luxembourg.

Antonio Milososki accueilli par le Premier ministre Jean-Claude Juncker à l'Hôtel de BourgogneIl a été reçu par Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration, avant de rencontrer le Premier ministre Jean-Claude Juncker à l'Hôtel de Bourgogne.

Jean Asselborn et Antonio Milososki ont procédé à un tour d’horizon des questions européennes. Ainsi la question des relations de la Macédoine avec l’Union européenne a été abordée.

Depuis décembre 2005, l’ARYM a le statut de pays candidat à l’Union européenne. "Un jour, vous nous rejoindrez, j’en suis sûr", a déclaré Jean Asselborn lors de la conférence de presse. "Il faudra maintenant trouver une date pour commencer les négociations d’adhésion", a-t-il ajouté.

Mais, selon le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, il reste des problèmes à résoudre avant l’adhésion du pays à l’UE. Dans ce contexte, Jean Asselborn a également expliqué que l’adhésion à l’Union européenne ne peut pas résoudre tous les problèmes des Balkans occidentaux. Selon le ministre, ces pays ne doivent pas vivre de cette illusion. "L’Union peut intégrer, l’Union peut réussir à augmenter le niveau de vie, mais les États doivent aussi y mettre de leur volonté", a-t-il insisté.

Jean Asselborn et Antonio Milososki, ministre des Affaires étrangères de l'ARYMAntonio Misoloski a, de son côté, remercié le Luxembourg pour le soutien qu’il apporte à l’ARYM dans les démarches d’intégration dans l’UE. Le Luxembourg aurait surtout aidé, selon le ministre Misoloski, à mettre en place le Centre national macédonien du visa, dont le développement est une condition essentielle à la poursuite de la libéralisation du régime des visas, qui facilitera le déplacement des citoyens macédoniens vers l’Union européenne.

Antonio Milososki a expliqué que l’adhésion de son pays à l’Union européenne était primordiale pour son pays. Aussi bien le gouvernement, que la société macédonienne sont très orientés vers l’Union européenne. Selon lui, 89% des citoyens macédoniens seraient pour une adhésion du pays à l’OTAN, et 93% pour une adhésion à l’Union européenne.

Le ministre macédonien est conscient que l’intégration ne pourra se faire de suite. "Nous ne sommes pas encore préparés pour être un État membre demain, mais nous sommes plutôt confiants que nous serons préparés à entamer une négociation pour l’adhésion dès demain", a-t-il déclaré.

À quelques jours de l’éventuelle proclamation d’indépendance du Kosovo, le statut de la province serbe, placé depuis 1999 sous l’autorité des Nations unies, a largement dominé les discussions entre Jean Asselborn et son homologue macédonien.

Jean Asselborn a réitéré sa position sur ce sujet: selon lui, il n’y aura pas de stabilité dans les Balkans, s’il n’y a pas de stabilité en Serbie et au Kosovo.

"Le Kosovo est non seulement un enjeu de portée locale, mais un enjeu de plus grande envergure qui aura des répercussions sur l’ensemble des acteurs internationaux", telle est l’analyse de Milososki sur la question du Kosovo.

Pour Antonio Milososki, une évidence s’impose: "le Kosovo est un enjeu à caractère de plus en plus européen". "Un potentiel de crise, bien que mince, existe toujours dans la région", a-t-il évalué les risques de conflits qui existent dans la province serbe en ajoutant qu’il y a un besoin accru de se concerter au niveau européen pour définir la position commune que l’Europe va adopter vis-à-vis du Kosovo.

Pour gérer la crise, une coopération accrue entre l’ARYM et l’UE peut également se révéler bénéfique, a-t-il estimé en expliquant que "plus l’ARYM sera associée au processus, plus sa capacité d’assistance dans la région sera grande". Vu le caractère multiethnique de l’ARYM, le ministre est convaincu que son pays pourrait jouer un rôle "civilisateur" dans la région des Balkans.

Antonio Milososki a attiré l’attention sur les conséquences d’une déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. Même s’il admet que le mot "indépendance peut avoir une connotation très positive" et exercer une certaine attirance, il a mis en garde contre "le lendemain, qui mettra au grand jour les liens d’interdépendance qui existent entre le Kosovo et ses voisins régionaux". Et d’ajouter: "La collaboration entre Pristina et Belgrade restera la pierre angulaire des relations bilatérales".

La position du gouvernement macédonien

Les Albanais du Kosovo s’apprêtent à proclamer l’indépendance du Kosovo, le 17 février 2008. Quelle est la position que le gouvernement macédonien entend adopter vis-à-vis de cette indépendance? Antonio Milososki a réitéré la position du gouvernement macédonien: le gouvernement de Skopje a, dés le début, soutenu les propositions du plan Martti Ahthisaari. Vu que l’ARYM n’aura pas à décider du futur statut du Kosovo, Antonio Milososki a estimé que "mieux vaut le statut que le statu quo". En tant que futur membre de l’Union européenne, Skopje n’est pas pressé. Il s’agira d’abord "de prendre connaissance de la position des Européens" et "d’adopter une position en coopération étroite avec les amis européens".


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   Liens externes
  * Gouvernement de l'ARYM
  * Ministère de Affaires étrangères et de l'Immigration
  * Notice biographique d'Antonio Milososki
  * Europaforum: Entrevue Asselborn-Milososki: L’ARYM s’alignera sur l’Union européenne lorsque le Kosovo proclamera son indépendance (14.02.2008)

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