|
Le 29 février 2008, François Biltgen, ministre du Travail et de l’Emploi, a participé au Conseil "Emploi, politique sociale, santé et consommateurs" (EPSCO) qui s’est réuni à Bruxelles sous la présidence de la ministre slovène, Marjeta Cotman.
Les ministres ont discuté des principales avancées réalisées et des défis sur le marché du travail et dans la lutte contre la pauvreté. En effet, bien que le nombre d'emplois qui seront créés d'ici 2009 s’élèvera à environ cinq millions, les efforts doivent être poursuivis, car le nombre d'Européens (en particulier de jeunes) sans emploi, reste trop élevé. L'Europe doit continuer à moderniser son marché du travail et à améliorer la qualité des emplois. Les personnes sans emploi et celles qui connaissent la précarité de l’emploi nécessitent toute l’attention. La priorité de l’Union européenne devra être l’investissement dans le capital humain et la modernisation des marchés du travail.
En ce qui concerne le domaine de l’emploi, l'EPSCO a adopté plusieurs documents qui seront communiqués au Conseil européen de printemps, dont le rapport conjoint sur l'emploi 2007/2008 contribuant à l'application de la stratégie de Lisbonne. Ce rapport note notamment que la moitié des États membres ont développé des approches de flexicurité et qu’il s’agira entre autres de promouvoir l’inclusion active et l’accès universel aux soins de santé.
Concernant la préparation du prochain cycle de la stratégie de Lisbonne révisée, la demande d’une intégration plus forte des politiques d’emploi afin de renforcer la dimension sociale, a été accentuée. La ministre présidant le Conseil, Marjeta Cotman, a souligné que la stratégie de Lisbonne était d'une importance capitale pour les citoyens européens.
Le Conseil EPSCO a en outre dégagé un consensus concernant l'approche générale à l'égard des lignes directrices en matière d'emploi (LDE). À ce sujet, il a été rappelé que, face aux défis de la mondialisation, la Commission européenne avait proposé que les LDE, pour lesquelles sera amorcée la réalisation du dernier examen approfondi avant le délai fixé de 2010, restent inchangées pour l’essentiel. Au début du prochain cycle, les ministres de l’Emploi souhaitent continuer à concentrer leurs efforts sur la réalisation de la stratégie de Lisbonne dans chacun des États membres. En ce qui concerne l'emploi, le Conseil a ainsi souligné l'importance d'assurer la continuité des LDE dans le cadre du nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne et de définir les actions prioritaires visant à favoriser l'emploi.
À l’occasion d’un débat sur le nouveau cycle des LDE, les ministres ont notamment noté la disparition progressive des emplois à faible qualification ("low skilled jobs"), d’où la nécessité absolue d’investir dans les systèmes d’éducation et de formation, de mettre l’accent sur le capital humain, sur l’apprentissage, sur le lien étroit entre les systèmes de formation et d’éducation et l’économie, ainsi que sur la nécessaire adaptation des programmes de formation professionnelle aux circonstances.
Dans ce contexte, François Biltgen a salué le fait que les nouvelles LDE n’ont connu que des adaptations légères par rapport au cadre des LDE déterminé il y a 3 ans, qui, à ses yeux, reste approprié eu égard à une stratégie d’ensemble bénéficiant non seulement aux économies. Pour le ministre du Travail et de l’Emploi, la réintroduction des objectifs chiffrés est un développement positif et satisfaisant, tout comme le retour des préoccupations sociales qui s’affirment désormais plus clairement comme une tendance sous-jacente aux politiques du marché du travail confrontées aux changements dans un monde en perpétuelle mutation. En ce qui concerne les compétences, François Biltgen s’est prononcé en faveur d’un renforcement de tout ce qui a trait à la formation. Par ailleurs, selon le ministre du Travail et de l’Emploi, il faudra combattre la pauvreté par une politique active d’inclusion, afin notamment d’éviter le risque d’avoir des situations de pauvreté qui se transmettent de génération en génération. Selon le ministre, l’amélioration de la conjoncture ne permettrait pas à elle seule d’éradiquer la pauvreté. En effet, l’économie doit aller bien, mais il ne s’agit pas d’une condition suffisante pour éviter l’exclusion. Finalement, François Biltgen a informé les délégations qu’en ce qui concerne la participation des partenaires sociaux, le Luxembourg dispose d’ores et déjà d’instruments qui ont su faire leurs preuves: le Conseil économique et social (CES) rend chaque année un rapport sur les Lignes directrices intégrées (LDI) qui recouvrent tant les politiques économiques que les politiques de l’emploi. La Chambre des députés organisera prochainement un hearing avec les ministres concernés sur l’avancement des LDI, ce qui permettra une discussion plus élargie à ce sujet. Cependant, François Biltgen a également insisté sur le fait qu’en matière de participation des partenaires sociaux, chaque pays devait trouver la voie qui lui semble la plus appropriée.
Le Conseil EPSCO a également pu trouver un consensus politique concernant les recommandations du Conseil pour l'année 2008. Il a aussi discuté de l'avancée des travaux visant à préparer le Sommet social tripartite qui se déroulera le 13 mars 2008 et qui évoquera notamment la stratégie Lisbonne et le lancement du nouveau cycle triennal des LDI. À cette occasion, les partenaires sociaux auront l’opportunité d’informer les autres participants sur les progrès qu’ils ont réalisés en matière d’emploi et de leur intention de lancer un plan d’action pour l’emploi. D’après les différents États membres, il faudra mettre l’accent sur l’adaptabilité du travail dans les entreprises et réfléchir sur une meilleure anticipation des besoins du futur dans un esprit de promotion de la stabilité et de la compétitivité.
À l'initiative de la présidence slovène, une résolution concernant la situation des handicapés dans l'UE a été adoptée. La ministre présidant le Conseil EPSCO s'est déclarée très satisfaite de l'adoption de cette décision et a rappelé que "les handicapés représentent au moins 10% de la population européenne et que, si on ajoute à cette proportion les proches des handicapés, presque le quart de la population européenne est confronté à l'invalidité. C'est pourquoi le consensus concernant cette question constitue une contribution importante à l'amélioration de la situation des handicapés."
La résolution soutient les conclusions et les recommandations du Plan d'action 2008-2009 et invite à ratifier et à appliquer au plus vite la Convention de l'ONU sur les droits des personnes handicapées. En outre, la résolution répond aux nouvelles attentes pour progresser sur cette question: l'accessibilité de tous les lieux de vie des handicapés, le renforcement de la lutte contre la discrimination et le développement des instruments politiques nécessaires pour atteindre ces objectifs. La résolution vise tout particulièrement à encourager l'activité professionnelle des handicapés et à favoriser l'insertion des handicapés à la collectivité. De même, elle souligne combien il est important de renforcer le dialogue entre les handicapés, les associations représentant leurs intérêts, les organes de l'État, les institutions spécialisées et les partenaires sociaux.
 |
Pour en savoir plus ... |
 |
|