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En date du 29 février 2008, Jeannot Krecké, ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, et Fernand Boden, ministre des Classes moyennes, du Tourisme et du Logement, ont dressé un état des lieux des actions engagées par le gouvernement dans le cadre du Plan d’action contre une inflation excessive qui a été élaboré suite à l’avis du Comité de coordination tripartite.
Maintes réunions ont eu lieu avec des organisations patronales, salariales et de protection des consommateurs en vue de responsabiliser les différents acteurs. Jeannot Krecké a d’entrée rappelé que la maîtrise d’une inflation excessive constitue une compétence partagée entre les partenaires sociaux et l’ensemble des acteurs du secteur public.
Les accords volontaires de prix, signés à la même occasion, constituent un élément-clé dans l’avis du Comité de coordination tripartite en matière de maîtrise de l’inflation. Suite à des discussions laborieuses et productives, qui ont eu lieu au cours des derniers mois, Jeannot Krecké et Fernand Boden ont pu procéder à la signature de tels accords volontaires de prix, lancés d’un commun accord avec les organisations professionnelles représentatives de l’artisanat, du commerce, de l’horeca, des transports et des services. Le Conseil de la consommation, composé par des représentants du gouvernement, des consommateurs et des représentants professionnels, aura comme rôle de veiller au respect de l’application de la charte qui deviendra opérationnelle le 1er mars 2008.
Les règles et pratiques de la représentation générale pour l’importation qui pèsent sur la politique d’approvisionnement des entreprises luxembourgeoises constituent un autre élément-clé de l’avis du Comité de coordination tripartite. Le cadre dans lequel se font les importations influence à la fois le niveau et l’évolution des prix, et ceci surtout pour une petite économie ouverte comme le Luxembourg. À titre d’exemple, le prix de vente au consommateur peut être dicté depuis l’étranger ou des contrats d’exclusivité peuvent limiter l’offre et donc restreindre la concurrence. Jeannot Krecké a donc insisté sur le fait que l’économie luxembourgeoise doit être rendue moins dépendante des réseaux étrangers qui restreignent la concurrence, et a annoncé que ces règles à l’importation sont en train d’être examinées et que les premières actions concrètes ont déjà pu être engagées dans ce dossier.
Jeannot Krecké et Fernand Boden ont ensuite insisté sur deux domaines à travers lesquels le gouvernement peut contrôler l’évolution des prix. Il s’agit d’une part de la mise en place d’une politique prudente en matière d’adaptation des prix administrés. Le gouvernement a décidé d’établir une procédure d’examen préalable de l’incidence d’une hausse des tarifs publics sur le taux d’inflation. D’autre part, il s’agit de la désindexation des contrats conclus par l’État, une mesure qui a pour objectif de limiter la répercussion de l’indexation automatique et d’accorder plus de poids aux négociations.
Dans ce cadre, Jeannot Krecké a rappelé que suite à des négociations bilatérales avec le ministère de l’Économie et du Commerce extérieur, Cegedel avait accepté de diminuer ses tarifs d’électricité basse tension de 4% à partir de juillet 2007 et s’est en outre engagé à ne pas procéder à une hausse de prix durant toute l’année 2008.
Une étude a été commanditée auprès d’une entreprise internationale spécialisée en vue de l’établissement d’un indicateur comparatif des prix dans la Grande Région. L’objet de cette étude a été de déterminer d’une part le niveau, mais d’autre part aussi l’évolution, des prix du commerce luxembourgeois comparé aux zones frontalières avec la France, la Belgique et l’Allemagne. Cette étude se base sur le seul facteur prix, et d’autres facteurs qui ont une influence sur l’attractivité d’un pôle de commerce n’ont pas été analysés (dont par exemple l’agrément et le confort des magasins, et les heures d’ouverture). Cette étude montre que l’offre de produits semble fortement diverger d’un pays à l’autre. Très peu de produits identiques semblent être offerts dans les quatre régions. Il s’agit de 2% du total des produits de la grande consommation (volet alimentaire) recensés au Luxembourg. Une grande partie de ces produits sont offerts de manière exclusive: 30% des produits au Luxembourg, 28% en Belgique, 82% en France et 82% en Allemagne. L’étude démontre toutefois aussi que le niveau de prix du Luxembourg semble proche de la moyenne de la Grande Région. Entre fin 2006 et fin 2007, l’étude constate une amélioration globale du positionnement du Luxembourg par rapport à la Grande Région en matière de produits de la grande consommation. La diversité des produits offerts rend donc difficile une comparaison transfrontalière de prix, et ceci aussi pour le secteur du "non alimentaire" (produits techniques, bricolage, jardinage etc.). Pour ce dernier, le niveau des prix au Luxembourg semble proche de la moyenne de la Grande Région et les écarts constatés sont peu significatifs. Sur base des ces travaux préliminaires, un groupe de travail sera chargé d'étudier, ensemble avec les partenaires sociaux, les conditions pour calculer un indice comparatif des prix dans la Grande Région.
Après avoir passé en revue l’ensemble des actions engagées par le gouvernement dans le cadre du Plan d’action contre une inflation excessive, Jeannot Krecké a rappelé que le Luxembourg est un petit pays très ouvert qui importe l’essentiel des biens de consommation et qui est donc très tributaire des prix à l'importation, notamment des prix du pétrole. De plus, un pays à forte croissance économique connaît généralement aussi une inflation relativement élevée.
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