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Le Conseil de l’Union européenne des ministres de l’Agriculture et de la Pêche s'est réuni à Bruxelles le 19 mai 2008. Le gouvernement y a été représenté par le ministre de l’Agriculture, Fernand Boden, et par la secrétaire d’État, Octavie Modert.
Le Conseil s’est d’abord penché sur le règlement concernant la mise sur le marché des produits phytosanitaires. Cette nouvelle réglementation vise une réduction de la charge administrative ainsi qu’une plus grande harmonisation en la matière, tout en maintenant un haut niveau de protection de la faune, de la flore et de l’environnement. Certaines questions restant ouvertes à ce stade, la Présidence a proposé de revenir sur ce dossier lors de la session du Conseil Agriculture de juin 2008 afin d’aboutir à un accord politique.
Sous divers, le Conseil a entendu le rapport de la commissaire Mariann Fischer Boel sur les récentes évolutions en ce qui concerne les négociations agricoles à l’OMC. En effet, des nouveaux documents de modalités sont en circulation. Cependant, une réunion ministérielle ne sera possible qu’à partir de la deuxième moitié du mois de juin 2008.
Également sous divers, le Conseil a pris note des réflexions de la délégation roumaine au sujet du rôle important des petites exploitations agricoles pour l’avenir de l’agriculture européenne. La secrétaire d’État Octavie Modert est intervenue pour souligner que les petites structures agricoles auraient une place essentielle dans le modèle européen de l’agriculture et que pour cette raison ces agriculteurs ne devraient pas être exclus des mesures de la PAC.
La Présidence avait fait le choix de discuter sous divers le sujet de l’évolution des prix des produits agricoles. Le Conseil a ainsi identifié bon nombre de facteurs qui ont contribué à la hausse des prix, notamment le changement climatique, le changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents conduisant à une augmentation de la consommation de produits laitiers et de viande, l’accroissement démographique, la hausse des coûts des intrants et la production de biocarburant dans le monde, tout en soulignant que cette dernière est plutôt limitée dans l’Union européenne.
Le ministre Fernand Boden a souligné dans son intervention que la sécurité alimentaire, dans le sens d’un approvisionnement suffisant d’aliments de bonne qualité, reste la priorité numéro un de la PAC, loin devant d’autres objectifs comme la production de biocarburants ou de biomasse. Dans ce contexte, il a également insisté sur le fait qu’il faudra veiller, par les moyens de critères de durabilité clairs et précis, à ce que la production de biocarburants aille à l’encontre de l’objectif du développement durable. Il a souligné qu’il faudra également tout mettre en œuvre pour que la production de biocarburants s’oriente vers les modes de fabrication les plus efficaces et aboutisse le plus vite possible à la mise sur le marché de biocarburants de deuxième génération. Le Luxembourg a d’ailleurs soutenu les décisions du Conseil aptes à réduire la pression sur les prix agricoles, telles que la suspension du gel obligatoire des terres et des droits à l’importation des céréales ainsi que l’augmentation des quotas laitiers. Fernand Boden a précisé que l’Europe a non seulement le potentiel mais aussi l’obligation de contribuer de façon significative à l’approvisionnement en aliments dans l’Union européenne, mais aussi dans le monde entier. Pour cela il faudra préserver le modèle agricole européen, par le maintien d’une PAC réformée forte, reposant sur la multifonctionnalité et mettant l’accent sur la production alimentaire de qualité. De l’autre côté, il conviendrait d’exporter ce modèle vers les pays en voie de développement et de soutenir ces pays afin qu’ils parviennent à une autosuffisance alimentaire, notamment par le développement d’une agriculture vivrière durable, basée sur le territoire et l’exploitation familiale. D’ailleurs, le ministre a rappelé que la politique de coopération du Grand-Duché du Luxembourg, qui représente en terme d’aide publique 0,9% du revenu national brut, met déjà fortement l’accent sur des projets d’aides au développement d’une l’agriculture durable, ainsi que sur la gestion des ressources naturelles, notamment de l’eau et de la forêt. Le gouvernement luxembourgeois serait prêt à renforcer encore cette part de notre aide au développement.
En résumant ce débat, le président du Conseil Agriculture, Iztok Jarc, a souligné le besoin d’une réponse claire de la part de la PAC en ce qui concerne l’évolution des prix des denrées alimentaires et a relevé que le bilan de santé de la politique agricole commune fournira une nouvelle opportunité pour une analyse des mesures actuelles de régulation des marchés.
Également sous divers, les ministres européens de l’Agriculture ont pris note de la demande de la Lituanie et de la Lettonie en ce qui concerne les exportations de produits laitiers vers les pays tiers. En effet, vu la récente baisse des prix, ces deux pays souhaitent une réintroduction des restitutions à l’exportation. La Commission pour sa part a répondu clairement en indiquant que cette restitution n’est pas envisageable, étant donné que les prix sur les marchés des pays tiers sont toujours de 20 à 30% au-dessus du prix d’intervention et de 10 à 20% au-dessus de prix constaté en 2006.
Ensuite les ministres européens de l’agriculture sont revenus, sur initiative de la délégation française, sur la problématique du traitement microbien des carcasses de volailles importées. 21 délégations, dont le Luxembourg, se sont exprimées clairement et fermement contre cette pratique. La commissaire Vassiliou a indiqué qu’elle fera une proposition basée sur les plus récentes études scientifiques à ce sujet.
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