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Du 3 au 5 juin 2008, le ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Jean-Louis Schiltz, a représenté le Luxembourg à la Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale à Rome.
Pour les pays en développement, la réponse à court terme à la crise alimentaire est humanitaire, a estimé le ministre Schiltz dans son intervention. Il a ajouté que le Luxembourg avait décidé d’augmenter en 2008 d’au moins 50% l’enveloppe destinée à ses programmes d’aide alimentaire dans ses pays partenaires d’Afrique de l’Ouest, avec un accent particulier sur les programmes de "School feeding".
Pour ce qui est des réponses à long terme à la crise alimentaire, Jean-Louis Schiltz a relevé cinq points. À son avis, il faut avant tout investir dans l’agriculture des pays en développement, et ce de manière multifonctionnelle et durable, en accordant une priorité à la sécurité alimentaire et un rôle clé à la biodiversité.
Le ministre luxembourgeois s’est en outre dit convaincu que chaque région du monde devait avoir le droit d’organiser son agriculture comme elle l’entend. Pour Jean-Louis Schiltz, il s’agit d’une question de sécurité alimentaire, mais aussi de souveraineté alimentaire.
Jean-Louis Schiltz a ensuite dénoncé la spéculation boursière sur les produits agricoles de base. Citant le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Louis Schiltz a dit que le comportement des spéculateurs était criminel.
Concernant les biocarburants, le ministre a estimé que "nous devons réexaminer et rééquilibrer notre approche" dans ce domaine et mettre en place des critères de durabilité tout en donnant la priorité à l’approvisionnement en aliments de bonne qualité sur toutes autres considérations.
Finalement, le ministre Schiltz a demandé un rapprochement entre les enjeux du changement climatique et ceux du développement.
En guise de conclusion, Jean-Louis Schiltz a souligné que le corollaire de ces cinq points était l’obligation de la communauté internationale de fournir une aide conséquente, notamment en volume. Dans ce contexte, il s’est félicité du fait que le Conseil de l’Union européenne ait reconfirmé les engagements de porter à 0,56% du revenu national brut (RNB) son aide publique au développement (APD) en 2010. Pour ce qui est du Luxembourg, le ministre Schiltz a rappelé que le pays était prêt à continuer ses efforts dans ce contexte et que son APD avait atteint 0,92% du RNB en 2007.
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