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Annoncées par le Premier ministre Jean-Claude Juncker dans la déclaration sur l’état de la nation 2008, les premières Journées nationales de l’emploi (JNE) ont eu lieu du 4 au 6 juillet 2008 dans les halles de Luxexpo à Luxembourg-Kirchberg.
Ouvertes au grand public, les JNE constituaient un forum de rencontre pour les acteurs économiques et sociaux destiné à informer et sensibiliser toute personne intéressée aux multiples aspects des politiques de l’emploi au Luxembourg.
Objectifs
Englobant les différents milieux sociétaux, le forum a permis un échange d’idées et de concepts sur arrière-fond de chômage structurel au Luxembourg.
Les objectifs du forum ont été les suivants:
- réunir tous les acteurs concernés par l’emploi au Luxembourg;
- rechercher des idées innovatrices en matière de lutte contre le chômage structurel;
- présenter les bonnes pratiques en la matière;
- discuter d’une stratégie globale pour optimiser la situation du marché du travail luxembourgeois.
Les discussions ont permis de trouver et de définir des pistes qui seront étudiées par la suite au sein des organes compétents, dont le Comité permanent du travail et de l’emploi.
Ouverture des JNE par François Biltgen
Le ministre du Travail et de l’Emploi, François Biltgen, a prononcé le discours d’ouverture des JNE. Après avoir souhaité la bienvenue aux intervenants et aux participants, il a rappelé que l’idée d’organiser une telle manifestation remontait à 1998. À l’occasion des débats à la Chambre des députés relatifs à la loi PAN, les acteurs concernés avaient en effet soulevé pour la première fois l’idée d’une conférence nationale de l’emploi.
Selon les propos du ministre, les JNE 2008 poursuivent deux buts. Tout d’abord, il s’agit d’intéresser un large public aux problèmes de l’emploi et du chômage. Le ministre y a rappelé les récents sondages d’Eurostat, qui indiquent que le chômage reste une des premières préoccupations des résidents au Luxembourg. François Biltgen a poursuivi en disant que le chômage n’avait "rien de facile, qu’il concernait presque tout un chacun plus ou moins directement et qu’il importait dès lors d’en discuter aussi, en dehors des organes habituels, avec un public très large".
Ensuite, les JNE doivent permettre le développement de nouvelles idées en la matière. "Nous avons déjà élaboré un certain nombre de politiques et mis en œuvre différents moyens pour lutter contre le chômage, mais ces Journées nationales de l’emploi sont l’occasion de rechercher d’autres idées innovatrices", a souhaité le ministre du Travail.
François Biltgen a énuméré quelques faits relatifs au marché du travail luxembourgeois.
Entre 1985 et 2008, le nombre d’emplois est passé de 150.000 à 340.000, celui des résidents de 360.000 à 480.000 et celui des frontaliers de 15.000 à 140.000. Par contre, le nombre de résidents luxembourgeois est resté stable, passant de 267.000 à 277.000. "Le nombre de Luxembourgeois est aujourd’hui inférieur au nombre d’emplois au Grand-Duché", a souligné le ministre Biltgen, et d’ajouter que "malgré l’augmentation du nombre d’emplois, le chômage augmente!".
Pour le ministre, ce sont ces questions qui devront être soulevées lors du forum. À son avis, les causes sont connues. Tout d’abord, le marché du travail au Luxembourg est étroitement lié à celui de la Grande Région. Ensuite, une part non négligeable du chômage est structurelle, c’est-à-dire qu'il touche les personnes sans qualifications, celles qui sont malades, qui ont des problèmes familiers et sociaux ou celles qui maîtrisent mal les langues usuelles du pays.
Pour faire face au chômage structurel, le ministre Biltgen préconise une approche proactive et préventive. "Si nous n’arrivons pas à développer de nouvelles politiques, le chômage structurel continuera de croître dans les prochaines années", a-t-il mis en garde.
Pour témoigner du lien étroit entre les différents domaines politiques en matière de lutte contre le chômage, François Biltgen a expliqué que les thèmes abordés lors des Journées nationales de l’emploi permettraient d’analyser les relations entre, d’une part, les politiques de l’emploi et, d’autre part, les politiques économiques, l’immigration et l’intégration, l’éducation et la formation, ainsi que les politiques sociales et d’activation.
Les Journées nationales de l’emploi 2008 doivent constituer le point de départ d'un nouveau débat. Le ministre compte présenter en automne un débriefing de la conférence et aborder le sujet au sein du Comité permanent du travail et de l’emploi ainsi qu’à la Chambre des députés.
Après cette introduction, Stefano Scarpetta, chef de la Division de l’analyse et des politiques de l’emploi de l’OCDE, a examiné les liens entre politiques de l’emploi et politiques économiques, tandis que Fernand Fehlen, enseignant-chercheur à l’Université du Luxembourg, s’est penché sur les liens entre politiques de l’emploi et politiques d’immigration et d’intégration. Les liens entre politiques de l’emploi et politiques d’éducation et de formation ont ensuite été analysés par Odile Quintin de la direction générale de l’éducation et de la culture de la Commission européenne. Le dernier orateur de la première journée a été Gerd Andres, secrétaire d’État au ministère allemand de l’Emploi, qui a abordé les relations entre politiques de l’emploi et politiques sociales et d’activation.
Preuve du fort attachement du gouvernement luxembourgeois à la problématique du chômage, les JNE 2008 ont également réuni la ministre de la Famille et de l’Intégration, Marie-Josée Jacobs, la ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Mady Delvaux-Stehres, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, le ministre de la Sécurité sociale, Mars Di Bartolomeo, et le ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Immigration, Nicolas Schmit, qui ont participé à différentes tables rondes organisées au cours du forum.
Tables rondes
La deuxième journée des JNE 2008 a été introduite par une discussion entre le ministre du Travail et de l’Emploi et une délégation d’élèves et d’étudiants.
Ont eu lieu ensuite plusieurs tables rondes qui ont permis d’approfondir les présentations de la première journée. Elles ont eu pour thème:
- les liens entre politiques de l’emploi et politiques d’éducation et de formation;
- les liens entre politiques de l’emploi et politiques d’immigration et d’intégration;
- les liens entre politiques de l’emploi et politiques sociales et d’activation;
- les liens entre politiques de l’emploi et politiques économiques.
Stands d’information
Tout au long des trois journées des JNE, les visiteurs ont pu se renseigner auprès des responsables des différents stands d’information, qui ont présenté les différents volets de leur travail:
- les activités liées à l’emploi;
- la lutte contre le chômage;
- la formation continue;
- les projets et/ou expériences en la matière.
Au total, la foire a réuni 73 acteurs répartis sur 56 stands.
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