La majorité des patients au Luxembourg (63%) ont une image positive du système de santé luxembourgeois. Pour un tiers des personnes interrogées, des améliorations fondamentales s’imposent dans le secteur. Ces résultats issus d’un sondage Ilres sur la qualité de la prise en charge perçue les patients ont été présentés le 25 février 2009 par le ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo. À cette occasion, il a également détaillé le programme de la 4e Conférence nationale de santé, intitulée "Vers un Plan national santé".
Les atouts du système luxembourgeois: la transparence, la visibilité et l’accès aux soins de santé
L’enquête a été réalisée en février 2007 à la demande du ministère de la Santé auprès de 484 personnes (333 Luxembourgeois et 151 étrangers) de plus de 17 ans. Elle révèle que le taux de satisfaction des patients est particulièrement élevé lorsqu’on les interroge sur la transparence, la visibilité et l’accès aux soins de santé. Selon Mars Di Bartolomeo, ce résultat globalement positif documente que "notre système de santé n’est pas basé sur une sélection en fonction des risques ou du pouvoir d’achat, mais sur une solidarité entre ceux qui sont bien lotis et ceux qui sont moins bien lotis, entre ceux qui ont la chance d’être en bonne santé et ceux qui n’ont pas cette chance et sont malades".
Le Luxembourg dans le contexte international
En comparant le système de santé luxembourgeois et celui d’autres pays, qui sont dotés soit d’un système similaire, soit d’un système très éloigné (les États-Unis), l’enquête permet de situer le système luxembourgeois à l’échelle internationale et d‘en faire ressortir les particularités et les carences éventuelles.
Une confiance qui ne se trouve pas ébranlée
Au Luxembourg, la confiance dans le secteur de santé ne se trouve pas ébranlée: une minorité des personnes interrogées, soit 5%, est d’avis que des mutations profondes s’imposent pour améliorer la qualité des soins prodigués. Deux variables semblent influer sur la réponse des personnes interrogées : leur origine et leur niveau d’instruction. La confiance est plus développée auprès des répondants d’origine étrangère (66%) et à tendance à péricliter en fonction du niveau d’instruction (80% pour les universitaires, 69% pour ceux qui ont passé des études supérieures, 61% pour ceux qui ont terminé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, 57% pour les personnes qui ont réussi un premier cycle de l’enseignement secondaire).
L’accès aux soins est un problème pour seulement 1% des Luxembourgeois et des Néerlandais, 4% des Canadiens, 12% des Allemands et 25% des Américains. 12% des patients au Luxembourg affirment n’avoir dépensé pas un seul centime en frais médicaux au cours de l’année écoulée. 9% ont dépensé plus de 1.000 euros et 5% ont ressenti des problèmes sérieux ou ont été incapables de payer leurs factures médicales. Aux États-Unis, ces taux atteignent des proportions importantes: 30% ont dépensé plus de 1.000 euros et 19% ont été incapables de payer leurs factures médicales.
Fixer un rendez-vous ou accéder à des soins médicaux les week-ends n’est pas non plus un problème pour la majorité (53% respectivement 26%) des répondants au Luxembourg. Quant à l’utilisation des courriels, les patients au Luxembourg se situent dans le peloton de tête (27%) des pays "qui peuvent envoyer des courriels aux médecins". "Un signe", selon Charles Margue de TNS Ilres, "qui révèle que la pratique va vers l’informatisation des cabinets". Une tendance inverse peut être observée en Allemagne, où ce taux n’est que de 16% et où la volonté de pouvoir communiquer par mail est peu prononcée.
Les particularités et carences du système luxembourgeois
L’enquête met en lumière certaines carences du système luxembourgeois, de même que plusieurs particularités, à commencer par un recours fréquent aux services des urgences. Avec 64% (39% au Canada, 21% en Allemagne), les patients au Luxembourg sont ceux qui sollicitent le plus souvent les services prodigués par les urgences. Selon Mars Di Bartolomeo, ce phénomène, qui est beaucoup moins développé dans d’autres pays, met en exergue la nécessité de mettre en place des soins parallèles, comme par exemple les maisons médicales.
L’enquête dégage un autre phénomène luxembourgeois : la tendance des patients à s’adresser directement à des spécialistes au lieu de passer d’abord par un médecin-généraliste. Ce phénomène implique des files d’attente longues aux urgences et se traduit dans les sondages par une proportion importante de patients (27%) qui disent qu’ils ont dû attendre plus de deux heures aux urgences avant d’être traité.
Même si l’accès aux soins est en général plus facile au Luxembourg, des résultats plus mitigés apparaissent lorsque l’on interroge les personnes sur des conflits qu’ils ont eus en matière de factures médicales. Des barrières administratives particulièrement importantes sont ressenties par les interrogés au Pays-Bas (31%), aux États-Unis (24%), en Allemagne (14%) et au Luxembourg (13%).
S’y ajoute le phénomène des doubles analyses. Avec un taux de 16%, le Luxembourg est le pays où sont effectuées le plus de doubles analyses, talonné de l’Allemagne (15%) et des États-Unis (14%). Au Luxembourg, 16% des répondants indiquent avoir subi des traitements qui n’ont pas eu d’effets.
La Journée mondiale de la santé
Mars Di Bartolomeo a détaillé le double objectif de la 4e Conférence nationale de santé intitulée "Vers un Plan national santé", qui se déroule le 4 mars 2009: dresser un état des lieux afin de voir si les objectifs ont été atteints et identifier de nouveaux défis pour l’avenir.
250 participants, tous secteurs confondus, sont annoncés à cette conférence qui devra selon les vœux du ministre de la Santé aboutir à une "approche plus globale et plus défensive" des services de santé, "un thème qui ne concerne plus uniquement les professionnels de ce secteur mais concerne tous les échelons de la société civile".
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