Suite à l’accord trouvé en novembre 2008 par les ministres européens de l’Agriculture sur le bilan de santé (Health check) de la politique agricole commune (PAC), Fernand Boden, ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, a retracé le 5 mars 2009 les principales évolutions qui sont à l’œuvre sur le marché du lait et a présenté les répercussions de cet accord sur le monde agricole luxembourgeois.
La suppression progressive des quotas de lait
"Après une hausse importante des prix du lait (50 cents) en 2007, suivie d’une évolution positive début 2008, les prix ont dégringolé en 2009 sous l’effet de la crise financière qui n’a pas épargné le monde de l’agriculture", a noté Fernand Boden au sujet des principales évolutions qui sont à l’œuvre sur le marché du lait. En même temps, il a mis en exergue le poids de ce secteur, dont dépendent environ 860 exploitations rurales, dans l’agriculture luxembourgeoise (35%). La dégringolade des prix du lait est, selon Fernand Boden, due à une situation exceptionnelle qui résulte de spéculations sur les marchés et des évolutions négatives sur les marchés asiatiques. De plus, l’augmentation des prix, couplée à un pouvoir d’achat en berne tant en Europe que dans les pays en voie de développement, aurait conduit les consommateurs à remplacer le lait par d’autres denrées alimentaires, a estimé le ministre.
Le ministre de l’Agriculture s’est penché sur les conséquences de la suppression des quotas laitiers, prévue en 2015. Ces quotas, entrées en vigueur à partir de 1984 pour limiter et stabiliser la production laitière, devraient augmenter d’1% chaque année, jusqu’à leur abolition définitive en 2015. D’après Fernand Boden, la phase transitoire influera sur les prix du lait et s’accompagnera d’une grande fluctuation des prix laitiers qui, selon ses estimations, devraient caracoler autour de 30 cents. Dans son analyse, la hausse des quotas de lait de 2,5% en 2008 et 2009 a eu peu de répercussions sur la production laitière de l'Union européenne.
Dans ce contexte difficile, l’Union européenne préconise de stocker le beurre et le lait en poudre et réintroduit des aides à l’exportation qui ont été abolies en 2007. En vue de préparer une évolution en douceur vers une abolition des quotas en 2015, Fernand Boden a exhorté les agriculteurs luxembourgeois à limiter leurs coûts de production, et notamment les coûts fixes. À cette occasion, le ministre de l’Agriculture a l’attiré l’attention sur les conseils en investissements qui sont prodiguées dans le cadre de la loi agraire.
La mise en œuvre du bilan de santé de la PAC au Luxembourg
Le bilan de santé, dont l’objectif est de moderniser l’agriculture et de faire évoluer l’agriculture vers une approche plus orientée vers les marchés, est entré en vigueur le 1er janvier 2009. Fernand Boden a souligné que des améliorations pour l’agriculture luxembourgeoise ont pu été otenues par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne
Le Luxembourg s’était opposé à une augmentation de la modulation, mécanisme qui consiste à réduire les paiements directs en faveur des agriculteurs pour affecter les fonds correspondants au budget du développement rural. Finalement, la modulation, qui était établie à 8% a été rabaissé à 5%. Les fonds qui en découlent pourront, selon Fernand Boden, être affectés pour aborder les nouveaux défis, à savoir le changement climatique, la protection de la biodiversité, la protection des ressources naturelles en eau et l’approvisionnement en énergie.
Le nouveau mode de calcul qui sera appliqué pour corriger la matière grasse sera, d’après Fernand Boden, «plus bénéfique pour le Luxembourg que pour les voisins européens parce que le quota en matière grasse y est moins élevé » et permettra en conséquence aux agriculteurs luxembourgeois de « produire 2,5% à 3% de plus sans payer des amendes ».
S’ajoute que la Commission européenne s’est engagée à rédiger des rapports en 2010 et 2012 pour évaluer l’état du marché du lait. Les principales subventions pour le lait (lait en poudre et le beurre) et les interventions pour céréales seront maintenus. Le bilan de santé prévoit, en outre, des aides à l’investissement qui seront octroyées aux jeunes agriculteurs au titre du développement rural à hauteur de 55.000 à 70.000 euros.
Au Luxembourg
Au Luxembourg, le Health check sera appliqué dans les semaines à venir. Il prévoit que les primes de première installation qui sont versées aux jeunes agriculteurs seront augmentées de 25.000 à 30.000 euros. La bonification d’intérêts pour des prêts contractés en vue de couvrir les charges découlant de l’installation qui sont accordées au jeune agriculteur passera de 25.000 à 30.000 euros.
Une attention particulière sera portée à la formation et l’information des acteurs économiques en milieu rural. Les bonifications vont passer de 5.000 à 7.500 pour les techniciens et de 5.000 à 10.000 euros pour les ingénieurs agraires.
La loi agraire prévoit également un découplage des quotas laitiers des investissements qui sont effectués dans l’étable ainsi qu’un ajustement des primes pour la protection du paysage aux développements des exploitations rurales. Dans ce domaine, plus de 515.000 euros supplémentaires seront versés aux agriculteurs luxembourgeois à partir de 2009.
Le secteur vitivinicole
La loi agraire permettra également de fiancer des restructurations de 100.000 euros dans le domaine vitivinicole où les pratiques œnologiques traditionnelles ont pu être conservées. Les surfaces des vignerons seront intégrées à partir de cette année dans le paiement unique qui prévoit une aide de 500 euros/hectare qui sera accordée aux viticulteurs.
Parallèlement, toutes les aides uniques seront augmentées de 2,5 euros/hectare.
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