Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a rencontré le 16 mars 2009 une délégation d'étudiants de l'université de Zurich pour un échange de vues sur l'actualité européenne.
Le Premier ministre désapprouve que les pays pratiquant le secret bancaire soient rendus responsables de la crise financière
Le Premier ministre luxembourgeois s’est montré satisfait que le Luxembourg, la Suisse et l’Autriche aient récemment accepté un échange d’informations conditionnel en accord avec les règles de l’OCDE. Au sujet du secret bancaire, Jean-Claude Juncker a expliqué que c’était clair pour lui qu’on ne pouvait pas continuer ainsi et que l’obligation fiscale devait s’appliquer à tous les citoyens. Il a également souligné que le Luxembourg s’était toujours montré prêt à agir si les pays tiers l’étaient de même.
Jean-Claude Juncker a souligné que le Luxembourg et la Suisse veulent collaborer dans la lutte contre la fraude fiscale dans leurs pays. "Ce qui me gène dans la discussion, c’est que le Luxembourg, la Suisse et la Belgique sont désignés comme responsables de la crise financière", a-t-il déclaré, "alors que la crise n’a strictement rien à faire avec le secret bancaire".
"Le Luxembourg est là où les décisions sont prises tandis que la Suisse n’est que spectatrice."
Concernant le succès de la place financière luxembourgeoise, Jean-Claude Juncker a souligné "que le Luxembourg est dans l’Union européenne, c’est-à-dire là où les décisions sont prises, tandis que la Suisse n’est que spectatrice." Il a ajouté que le succès de la place financière luxembourgeoise n’est pas dû au secret bancaire, mais à plusieurs facteurs ( la rapidité de la transposition des directives sur les services financiers, l’expansion de la palette des produits financiers et l’efficacité de la place financière en matière d’autorisations et de mécanismes décisionnels).
Parallèlement, il a regretté que la Suisse ne se rende pas compte du profit qu’elle tire de l’impact stabilisant de l’Union européenne et a plaidé pour l'adhésion de la Suisse à l’Union européenne.
"Les responsables politiques des années 1980 et 1990 étaient encore des Européens de corps et d’âme"
Pour Jean-Claude Juncker, les responsables politiques des années 1980 et 1990, comme François Mitterrand ou Helmut Kohl étaient encore des Européens de corps et d’âme, contrairement à la nouvelle génération " qui se plaint sans cesse" et "qui pense qu’elle porte le fardeau de toute la terre sur son dos". Chez cette nouvelle génération, Jean-Claude Juncker a décelé "un manque de conscience que nous sommes les héritiers du fruit des efforts de la génération précédente".
Quant à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, Jean-Claude Juncker a admis qu’il avait des doutes mais qu’il était hors question de dire que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe, et ce pour de nombreuses raisons. A l’issue des négociations d’adhésion, il est toujours possible, selon lui, que l’Union européenne constate que sa capacité d’absorption ne lui permet pas d’accueillir la Turquie. La Turquie, de son côté, pourra constater qu’elle ne peut pas devenir un Etat membre à part entière mais qu’une autre forme de collaboration peut être envisagée.
En guise de conclusion, Jean-Claude Juncker a abordé l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Il a expliqué qu’il faut d’abord un consensus ukrainien sur la question avant que l’Union européenne puisse agir. Il a d’ailleurs fait remarquer qu’il y a assez de place pour elle dans le cercle d’Etats autour de l’Union européenne qui devra être créé un jour.
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