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Article d'actualité
Jean-Claude Juncker s’exprime devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen
31-03-2009

Vers le niveau supérieur

Dans le cadre de consultations régulières entre le Parlement européen et l’Eurogroupe, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s’est présenté devant les membres de la commission des Affaires économiques et monétaires, le 31 mars 2009.

Jean-Claude JunckerDans son intervention, Jean-Claude Juncker a brossé un tableau peu optimiste de la situation économique dans la zone euro. Dans son analyse, les mesures d’un montant de 200 milliards d’euros qui ont été prises par les gouvernements des États membres de l’Union européenne dans la foulée du plan de relance pour consolider et stabiliser la situation financière "ne développent que graduellement leurs effets et la plupart des mesures continuent aussi à supporter l’économie réelle en 2010". "Les prévisions économiques restent mauvaises", a jugé Jean-Claude Juncker qui s’est référé aux dernières prévisions de la Commission européenne qui tablent sur une baisse du PIB réel de l’espace euro de 1,9% en 2009 et une reprise modérée de 0,4% en 2010.

Les répercussions de la crise économique se font également sentir sur le marché du travail de la zone euro. Jean-Claude Juncker a évoqué le taux de chômage qui atteint des proportions importantes de la population et caracole autour des 8,2%, soit 13 millions d’hommes et de femmes. Jean-Claude Juncker s’est préoccupé de cette évolution "dramatique" en jugeant qu’elle ne restera pas sans conséquences pour les finances publiques, le potentiel de croissance et la cohésion sociale, qui est "source de risques politiques évidents".

Quant à la situation sur les marchés financiers, Jean-Claude Juncker a affirmé qu’elle se caractérise, malgré les efforts de recapitalisation et les garanties d’État qui ont été octroyées, par une "confiance qui ne retourne que graduellement" couplée à un risque de raréfaction du crédit. S’ajoute à cela que la question des traitements des actifs toxiques n’est pas encore résolue et que des distorsions de "concurrence auxquelles il n’existe pas de réponse non-équivoque" subsistent.

L’ensemble de ces évolutions "ont des implications à court, moyen et long terme pour les finances publiques", a jugé Jean-Claude Juncker et devraient selon les prévisions de janvier de la Commission européenne passer de 1,7% du PIB en 2008 à 4% en 2009. Jean-Claude Juncker a réitéré, dans ce contexte, la position de l’Eurogroupe qui s’est exprimé contre des mesures de relance budgétaires supplémentaires en arguant "qu’il faut laisser aux mesures le temps de se concrétiser pleinement".

Le chef de file de l’Eurogroupe a rappelé que l’Eurogroupe a convenu que les gouvernements devraient, dans le contexte actuel, utiliser la marge de manœuvre prévue par le pacte de stabilité et de croissance réformé, qui autorise dans des "circonstances exceptionnelles" des déficits budgétaires supérieurs au plafond des 3% du PIB. Jean-Claude Juncker a souligné les limites à moyen et à long terme des "politiques budgétaires mises en œuvre à l’heure actuelle par les gouvernements" et a plaidé pour une stratégie de sortie pour retrouver le chemin de la vertu budgétaire et financière. Il a annoncé que des procédures pour déficit excessif seront ouvertes à l’encontre de 4 membres de la zone euro (France, Irlande, Grèce, Espagne)

Jean-Claude Juncker a écarté le risque d’implosion ou d’explosion de la zone euro et la possibilité d’un défaut de paiement d’un État membre. D’après le président de l’Eurogroupe, l’augmentation des spreads traduit l’asymétrie des situations budgétaires dans la zone euro et l’hétérogénéité en termes de compétitivité des États membres, des évolutions qui ont altéré les positions compétitives des États membres de la zone euro. Pour pallier à ces divergences, Jean-Claude Juncker a appelé les gouvernements à continuer sur la voie des réformes structurelles.

Jean Claude Juncker a finalement souligné à quel point il était important pour la crédibilité de la classe politique que le sommet du G20 "soit un succès" et contribue à une refonte de l’architecture financière internationale. Et d’ajouter qu’il "est crucial de montrer qu’on a le courage de nos convictions et de montrer qu’on est déterminé à s’attaquer aux véritables causes sous-jacentes de cette crise".


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  * La Commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen

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