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Sous l’effet d’un environnement économique international nettement dégradé depuis le 4e trimestre 2008, les prévisions de croissance pour l’économie luxembourgeoise ont été revues une nouvelle fois à la baisse. La crise actuelle a engendré une détérioration rapide et importante du marché du travail, amenée à se renforcer sur les trimestres à venir. Les finances publiques feront également les frais de cette crise, avec deux années de déficit en 2009 et 2010.
Tels sont les faits principaux de la note de conjoncture n°1-2009 que le Statec a présentée le 18 mai 2009 en présence du ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké.
La crise financière, dont le paroxysme a été atteint au second semestre 2008, va avoir des répercussions très importantes sur l’économie réelle internationale en 2009 et infliger des blessures qui mettront du temps à cicatriser, a souligné le Statec dans la note.
"Le 4e trimestre 2008 a été fatal pour l’économie luxembourgeoise, faisant pencher l’évolution du PIB en terrain négatif, avec au final une récession de 0,9% pour l’ensemble de l’année en 1re estimation", a écrit le Statec. Par ailleurs, le Statec table sur une récession de 4% pour 2009 et une croissance - très faible par rapport aux performances du passé - de 1% pour 2010. Selon le Statec, les finances publiques feront également les frais de cette crise, avec deux années de déficit: 2,3% en 2009 et 4% en 2010.
L'évolution récente des principales branches d'activité
Pour la plupart des branches, une baisse supplémentaire de l'activité est attendue sur le début de l’année 2009. Le Statec a souligné dans sa note de conjoncture l'incertitude qui entoure les données provenant du secteur bancaire et qui est liée aux changements de normes comptables entre 2007 et 2008, avec un doute sur la comparabilité des données.
Les enquêtes de conjoncture dans l'industrie luxembourgeoise, un des secteurs les plus touchés par la crise, indiquent que l'activité y devrait rester ancrée sur un niveau très faible au début de 2009.
Dans le secteur de la construction, qui semble avoir plutôt bien résisté en 2008, les projets de construction non résidentielle continuent de soutenir l’activité, alors que les constructions de logements sont amenées à ralentir si l’on en croit les statistiques relatives aux autorisations de bâtir. Les prix de vente des logements semblent plus ou moins plafonner, on peut même constater une légère baisse sur les prix affichés à la vente.
Les autres services (commerce, Horeca, transports et communications, immobilier et services aux entreprises) ont dans l’ensemble connu une année 2008 relativement satisfaisante, même si la dynamique de croissance s’est essoufflée au fur et à mesure que la crise se diffusait dans l’ensemble du tissu économique. Ils sont amenés à traverser l’année 2009 beaucoup moins sereinement, en lien avec la poursuite de la dégradation de la situation conjoncturelle nationale et internationale.
La flambée du chômage
L’emploi intérieur est entré en phase de ralentissement au début de 2008 et cette orientation s’est d’avantage accentuée à partir du 4e trimestre. Cette dégradation du marché du travail s’est reportée en symétrique sur le taux de chômage qui est passé de 4,2% au début 2008 à 5,3% en mars 2009 (données corrigées des variations saisonnières).
L’emploi a principalement ralenti dans le secteur financier, dans les services aux entreprises et dans la construction, a noté le Statec. Étonnement, l’emploi industriel n’a pas subi ce mouvement de ralentissement sur la fin de 2008, probablement grâce au recours massif au chômage partiel qui permet de maintenir les personnels concernés dans l’emploi (10.000 personnes environ sont concernées par une mesure de chômage partiel au début 2009, dont quelque 6.000 pour l’industrie).
L’emploi frontalier a ralenti plus rapidement que l’emploi résidant, ce qui peut s’expliquer au moins par deux raisons. Tout d’abord, les travailleurs frontaliers sont relativement plus présents dans le secteur privé que les résidants, et donc plus sensibles à la conjoncture économique. Ensuite, en cas de retournement rapide de l’activité, les entreprises vont jouer sur la partie la plus flexible de leurs effectifs pour ajuster l’offre en réaction à la baisse de la demande: ceci passe notamment par la réduction des effectifs intérimaires, majoritairement occupés par des travailleurs frontaliers.
À moyen terme, l’emploi national (des résidants) sera cependant lui aussi impacté, conformément aux trajectoires observées lors des précédentes crises économiques. Il est en outre plus que probable que l’emploi frontalier redémarrera plus rapidement que l’emploi national, pour les mêmes raisons, lorsque la reprise se mettra en place.
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