|
Le 20 mai 2009, Octavie Modert, secrétaire d'État à la Culture, à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, a présenté le nouveau projet de loi sur les bibliothèques de lecture publique et d’information.
Dans une société où l’accès à la connaissance est de plus en plus important pour l’épanouissement personnel et professionnel de l’individu et un facteur contribuant à la cohésion sociale, les bibliothèques deviennent selon Octavie Modert "un enjeu démocratique". Un accès au patrimoine littéraire doit être garanti à toutes les tranches de la population en développant davantage des bibliothèques communales et régionales, appelées bibliothèques de lecture publique et d’information. C’est pourquoi le gouvernement a adopté le 6 mars 2009 le projet de loi relatif aux bibliothèques de lecture publique et d’information qui a pour objectif de favoriser la décentralisation des bibliothèques.
Vers la décentralisation et la professionnalisation accrue des bibliothèques
Le projet de loi dresse le cadre pour le développement des bibliothèques de lecture publique et d’information qui devraient être éparpillées sur l’ensemble du territoire du Grand-Duché de Luxembourg. À côté de la bibliothèque nationale et des 35 bibliothèques membres du réseau des bibliothèques luxembourgeoises, le Luxembourg dispose de 15 bibliothèques dites décentralisées, un chiffre qui témoigne, selon Octavie Modert, du besoin de rattrapage qui existe dans ce domaine au Luxembourg.
Le projet de loi définit les modalités de soutien financier en vue de la mise en place de ces bibliothèques et amorce une professionnalisation accrue des bibliothèques sans pour autant abolir le recours au bénévolat. Étant donné que les bibliothèques sont confrontées à des mutations technologiques de plus en plus importantes, le gouvernement favorise la création de synergies, notamment entre les bibliothèques communales, associatives et scolaires via le regroupement de bibliothèques. À travers la création de ce type de bibliothèques, le projet de loi vise à mettre en œuvre le programme gouvernemental qui prévoit que "les communes et les régions ainsi que les lycées seront appelés à mettre en place, en coordination avec la Bibliothèque nationale, des bibliothèques grand public dotées des meilleures techniques modernes de la communication".
Des aides octroyées par l’État
Le projet définit les conditions qui doivent être remplies pour bénéficier d’un agrément ministériel et d’aides financières. L’État participe par exemple à raison de 50% aux frais du personnel spécialisé et octroie des aides pour assurer les frais de gestion des systèmes informatiques utilisés, l’acquisition de nouveaux titres, de mobilier et d’outils technologiques modernes ainsi que pour le regroupement de bibliothèques.
Le projet de loi stipule que "toutes les bibliothèques de lecture publique et d’information sont membres du réseau des bibliothèques luxembourgeoises coordonnée par la Bibliothèque nationale". Il prévoit également la création d’un Conseil supérieur des bibliothèques chargé d’échanger du savoir-faire, de coordonner les activités des bibliothèques et de formuler des avis et des propositions.
Les bibliothèques de lecture publique doivent offrir les services suivants:
- une consultation gratuite des collections sur place;
- un prêt d’ouvrages aux usagers et un prêt interbibliothèques;
- l’accès à Internet et au catalogue collectif en ligne du réseau des bibliothèques luxembourgeoises coordonné par la Bibliothèque nationale (bibnet);
- un service professionnel d’information et d’aide à la recherche documentaire;
- des activités de promotion de la lecture;
- des horaires d’ouverture à raison de vingt heures par semaine au minimum;
- des publications imprimées, des publications numériques, des documents et œuvres audiovisuels;
- un fonds documentaire de titres proportionnel au nombre d’habitants desservis par la bibliothèque de la commune à raison d’au moins un titre par habitant, avec un minimum de 4.500 titres;
- un ordinateur avec connexion à Internet par tranche entamée de 3.000 habitants.
Les bibliothèques fournissent également un accès large "à la culture, l’histoire et la littérature luxembourgeoises" en donnant la possibilité d’emprunter des livres en luxembourgeois ou des ouvrages spécialisés pour apprendre la langue luxembourgeoise. Elles constituent, de ce fait, selon Germaine Goetzinger, chargée de direction au Centre national de littérature, "une initiative qui est complémentaire à la loi sur la double nationalité".
 |
Pour en savoir plus ... |
 |
|