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Le 24 septembre 2009, le ministre de l’Intérieur et à la Grande Région, Jean-Marie Halsdorf, a réuni l’ensemble des acteurs concernés des services de secours afin de lancer les travaux de réforme de ces services. À l’issue de l’entrevue, le ministre a présenté les enjeux ainsi que la démarché retenue pour la mise en œuvre de cette réforme à la presse. En même temps, il a présenté les experts nationaux et internationaux qui piloteront et modéreront le processus de réforme.
Dans son introduction, le ministre a rappelé que la réforme des services de secours est inscrite dans le programme gouvernemental 2009-2014: "Le ministère de l'Intérieur et à la Grande Région entamera dans les meilleurs délais et en étroite collaboration avec tous les acteurs concernés, y compris le Syvicol, une réforme en profondeur aboutissant à une organisation unifiée des services de secours luxembourgeois par le biais d’une nouvelle loi portant réorganisation des services de secours".
Admettant que les services de secours faisaient récemment l’objet de quelques discussions, le ministre de l’Intérieur a estimé que celles-ci ont provoqué une prise de conscience "qu’on ne peut plus continuer de cette manière".
Disponibilité des services et valorisation de l’engagement des bénévoles
Selon le ministre, les problèmes sont connus. Tout d’abord celui de la disponibilité des services de secours. À cause de changements sociodémographiques, cette question se pose entre autres au niveau des services ambulanciers. Ensuite celui de la valorisation de l’engagement des bénévoles. À ce sujet, le ministre a souligné que la position du gouvernement était claire : le bénévolat pour les services de secours n’est pas comparable à d’autres engagements bénévoles. "Dans les services de secours, les bénévoles sont disponibles 24 heures sur 24, 365 jours par an, et doivent souvent faire face à des situations pénibles et délicates. Il y a dès lors lieu de trouver une compensation adéquate pour cet engagement", a-t-il précisé.
Pour Jean-Marie Halsdorf, la nécessité d’une réforme s’explique aussi par le fait que la loi du 12 juin 2004 portant création d’une Administration des services de secours ne confère aucun moyen à cette administration pour coordonner de manière globale le système des services de secours. Dichotomie actuelle des services de secours avec d’un côté la Protection civile et de l’autre côté les services d’incendie et de sauvetage, incohérences dans certaines approches et manque de synergies au niveau opérationnel, administratif ou financier sont, pour le ministre, autant d’évidences qu’il y a lieu de pallier.
Pour ce qui est justement du financement des services de secours, le ministre a présenté les résultats d’une analyse qui montre que ces services ont coûté en 2007 entre 57 et 59 millions d’euros à l’État et aux communes.
Organisation unifiée des services de secours
"Nous avons besoin d’un système qui colle au mieux à notre pays et qui permet la mobilisation efficiente de tous les acteurs des services de secours", a souligné le ministre de l’Intérieur. Selon ses propos, ce système repose avant tout sur une organisation unifiée des services de secours. Ainsi il est demandé à un collège d’experts-consultants, en dialogue avec les acteurs concernés, de piloter ce processus et de dégager un concept qui se soldera par l’élaboration d’un projet de loi. Le collège d’experts est composé de François Maurer qui a participé au processus de départementalisation des services de secours en France, de Franz-Josef Molitor, expert allemand qui connaît bien le fonctionnement et l’organisation de la protection civile dans de nombreux pays européens, et Jean-Mathias Goerens, expert luxembourgeois des services de secours.
Tandis que ce travail est plutôt d’ordre institutionnel, la deuxième piste dégagée par le ministre concerne la restructuration opérationnelle.
Vers un plan national des services de secours
Ainsi il est projeté de faire un état des lieux des risques existants ainsi que des moyens de secours actuellement disponibles pour définir une stratégie de répartition des moyens pour garantir une couverture optimale des risques décelés. Dans ce contexte, il y a lieu de passer, selon le ministre, d’une approche locale à une approche nationale ou régionale. L’établissement d’un tel schéma d’analyse et de couverture des risques servira de base pour la réorganisation territoriale des services de secours et se soldera par la définition d’un plan national des services de secours.
Par la suite, les volets institutionnel et opérationnel seront mis ensemble afin de dégager un système performant.
Semi-professionnalisation des services de secours
Avec le recrutement de 12 agents professionnels afin de pouvoir parer au problème de disponibilité du service ambulancier de la Protection civile, la semi-professionnalisation des services de secours a débuté. Le ministre de l’Intérieur ne veut toutefois pas mettre en question l’engagement des bénévoles, mais "nous devons tenir compte des changements sociodémographiques". La cohabitation d’agents professionnels et d’agents bénévoles soulèvera notamment la question du niveau de compétence des deux catégories d’agents.
Pour ce qui est du statut des agents volontaires et professionnels, Jean-Marie Halsdorf a souligné que "nous avons besoin de nouveaux statuts qui reprennent les droits et obligations des agents". Pour les agents professionnels, le ministre table sur un statut proche de celui du corps professionnel de sapeurs-pompiers de la Ville de Luxembourg. Pour les bénévoles, il y a lieu de déterminer un nouveau statut comportant des droits et des avantages en contrepartie des obligations requises.
Analyse neutre de la situation, stratégie "open End" et sans a priori: tel est la stratégie poursuivie par le ministre de l’Intérieur qui a conclu en disant que "les problèmes sont connus. Il importe maintenant de dégager des solutions, car il y nécessité d’agir".
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