Le 21 décembre 2010, le ministère de la Santé par le bais du Réseau luxembourgeois d’information sur les drogues et les toxicomanies (RELIS) a publié le rapport national 2010 sur l’état du phénomène de la drogue au Luxembourg.
Tendances générales
Le nombre global de personnes âgées de 15 à 64 ans ayant consommé au moins une drogue d’origine illicite au cours d’une année écoulée est estimée entre 155 et 250 millions. Le cannabis reste de loin la drogue la plus consommée au monde, suivi des stimulants de type amphétamine.
Au sein de l’Union européenne, les données les plus récentes de l’Observatoire européen des drogues er des toxicomanes (OEDT) révèlent un accroissement de la consommation de cannabis, surtout dans certains pays de l’Europe de l’Est.
Situation au Luxembourg
Au Luxembourg, les tendances observées s’alignent sur celles de l’UE accompagnées de variations locales. Les données les plus récentes, qui ont montré une baisse en matière d’usage problématique de drogues illicites en 2009, affichent actuellement une certaine stabilisation.
Cependant, la qualité des drogues vendues sur les marchés illicites au niveau national a connu des varaitions importantes. Le rapport montre qu’il a une tendance à une généralisation de la polyconsommation associée à une série de problèmes en termes de dommages sanitaires. En matière de mortalité, le rapport met en évidence une baisse générale de la mortalité par surdose en 2009. Les infections au HIV et à l’hépatite C sont en voie de stabilisation.
Au fil des dernières années, un vieillissement de la population d’injecteurs de longue date et une diminution sensible de l’âge des "nouveaux" usagers problématiques a pu être observé. L’âge moyen des usagers recensés est passé de 28 ans et 4 mois en 1995 à 31 ans et 7 mois en 2009.
Depuis l’ouverture de la salle de consommation supervisée de drogues quelque 500 incidents de surdosage y ont été gérés. On estime que plus d’un quart des derniers auraient pu connaître une issue fatale à défaut d’assistance professionnelle. Le fait que 85% des usagers déclarent ne pas avoir échangé du matériel d’injection usé au cours du mois écoulé avec d’autres consommateurs vient également conforter l’efficacité des mesures de réduction des risques mis en place.
Disponibilité et qualité des drogues
D’importantes variations au niveau de l’évolution des quantités saisies s’observent depuis le début des années 1990. Une analyse longitudinale indique une tendance générale à la baisse des quantités d’héroïne, de cocaïne et de résine de cannabis. Comparé à la situation observée en 2000, on note une hausse des saisies d’herbe de cannabis.
Au cours des dernières années, des réseaux de distribution mieux organisés ont vu le jour sur le plan national. L’expansion de ces réseaux plus structurés a contribué à une hausse sensible de la disponibilité de drogues. Un indicateur supplémentaire de la disponibilité accrue de drogues illicites est à voir dans le fait qu’actuellement 48% des usagers s’approvisionnent en drogues illicites exclusivement au Luxembourg alors que cette proportion représentait seulement 12% en 2006.
Lancement d’une nouvelle stratégie "drogues et addictions"
L’objectif général de la stratégie "drogues et addictions" et du plan d’action national en matière de lutte contre les drogues et les toxicomanies est d’atteindre un niveau élevé de protection en termes de santé publique, de sécurité publique et de cohésion sociale.
Le plan d’action national repose sur la réduction de la demande et la réduction de l’offre de drogues illicites, ainsi que sur quatre axes transversaux:
- la réduction des risques,
- dommages et nuisances,
- la recherche et l’information,
- les relations internationales,
- et les mécanismes de coordination.
Le budget global du ministère de la Santé alloué aux services et programmes du domaine des drogues er des toxicomanes est passé de 1.270.169 euros en 1999 à 7.991.583 en 2009. De façon générale, les dépenses publiques en matière de lutte contre les drogues et les toxicomanies sont actuellement estimées à 38,5 millions d’euros.
Les moyens investis à ce jour ont notamment permis d’accroître les ressources en termes de prévention primaire, d’élargir les capacités des services de première ligne, d’augmenter le nombre de la diversité des offres post-thérapeutiques, de réorganiser les offres de traitement, d’améliorer les mécanismes de contrôle relatifs au traitement de substitution, de réduire les risques et les dommages, particulièrement en matière de transmission de certaines maladies infectieuses, d’endiguer la mortalité au sein de la dernière et finalement de favoriser les activités de recherche en matière de drogues er de dépendances.
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