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Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a effectué des déplacements à Moscou et à Helsinki du 25 au 27 octobre 2011.
Moscou
A Moscou, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a rencontré son homologue russe, Sergeï Lavrov, pour une entrevue bilatérale, suivie d’un déjeuner de travail. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales, les relations entre l’Union européenne et la Russie, ainsi que plusieurs autres sujets de l’actualité politique internationale et européenne.
Les ministres ont débuté leur entretien en faisant le point des relations bilatérales entre les deux pays et se sont félicités de l’excellence de celles-ci. En effet, le Luxembourg finalise actuellement les travaux de rénovation des locaux de l’Ambassade luxembourgeoise auprès de la Fédération de Russie, qui sont logés dans un bâtiment historique et qui seront inaugurés par le ministre Asselborn au printemps 2012. En outre, un monument de souvenir à Tambov en mémoire des Luxembourgeois tombés en Russie lors de la deuxième Guerre mondiale sera érigé sur l’initiative du gouvernement luxembourgeois. Le ministre Lavrov a déclaré qu'il offre l’entière coopération du gouvernement russe pour ce faire.
Dans le domaine économique et commercial, le Luxembourg est parmi les 10 plus grands investisseurs en Russie grâce aux différentes activités de la place financière luxembourgeoise. Les investissements financiers totaux en provenance du Luxembourg se situaient à 19,7 milliards USD en 2010, selon des indications russes. Les échanges de services avec la Russie représentent 210,3 millions d’euros en 2010, et reprennent de la couleur après la crise économique et financière en 2008.
Plusieurs entreprises luxembourgeoises actives en Russie jouissent d’un succès considérable, tel que la laiterie "Luxlait" qui exporte 18 tonnes de produits laitiers toutes les deux semaines à Moscou, ou encore Paul Wurth, qui a été associé à la construction d’un des plus hauts haut-fourneaux de toute l’Europe à Lipetsk. Ce haut-fourneau permettra à la société NLMKL d’accroître sa capacité en acier de 36% à 12,4 millions de tonnes. L’entreprise luxembourgeoise Bernard Massard étudie actuellement les possibilités d’exporter des produits en Russie. En outre, le groupe sidérurgique mondial ArcelorMittal et la société luxembourgeoise de fret aérien, Cargolux, continuent d’opérer sur les différents marchés russes. A ce sujet, le ministre Asselborn a évoqué le besoin de revoir l’accord entre le Grand-Duché et la Fédération de Russie relatif au transport aérien.
Jean Asselborn a ensuite attiré l’attention de son interlocuteur sur la conclusion des négociations sur la convention de non-double imposition entre les deux pays, convention qui sera signée par le ministre des Finances, Luc Frieden, en novembre 2011 à Moscou. Les deux homologues ont par ailleurs salué la conclusion récente de deux autres accords entre les deux pays, à savoir un protocole d’application de l’accord de réadmission entre la Fédération de Russie et l’Union européenne, ainsi qu’un accord de coopération entre le ministère luxembourgeois de la Justice et le parquet général de la Fédération russe, qui envisage de renforcer et de développer la coopération mutuelle en matière de lutte contre la criminalité.
Les relations entre l’Union européenne (UE) et la Russie ont également été abordées lors des discussions. Les ministres ont noté avec satisfaction les progrès récents réalisés dans le cadre du dialogue sur la libéralisation des visas. Dans ce contexte, Jean Asselborn a informé son homologue russe du caractère sensible de cette question au Luxembourg. Les travaux dans le cadre du nouveau partenariat entre l’Union européenne et la Russie pour la modernisation qui a été conclu en décembre 2010 ont également fait l’objet des échanges, la Russie étant l’un des partenaires stratégiques de l’UE.
Il a ensuite exprimé l’espoir que la Russie puisse adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avant la fin de l’année après 17 ans de négociations. A ce sujet, le ministre Lavrov a confirmé la disponibilité russe de ce faire, mais a souligné que cette adhésion ne pouvait pas se faire à "n’importe quel prix".
Le déjeuner de travail a permis de passer en revue les grands dossiers de la politique internationale. Concernant les conséquences de la crise financière et économique, le ministre Asselborn a partagé ses attentes des efforts actuels au sein de l’Union européenne en ce qui concerne les nouvelles mesures pour contrecarrer la crise de la dette souveraine et pour stabiliser la zone euro. Le rôle des agences de rating, la situation de la Grèce et les mesures de renforcement de la Fonds européen de stabilité financière (FESF), ainsi que la question de la gouvernance économique de l’Union européenne ont fait l’objet d'explications du Vice-Premier ministre. Le ministre Lavrov a réitéré le fort intérêt russe de voir la zone euro sortir stabilisée et renforcée de la crise actuelle de la dette souveraine.
Les discussions ont ensuite port sur le Proche- et Moyen-Orient ainsi que l’Afrique du Nord et se sont penchés sur les suites du "printemps arabe" en Tunisie, en Egypte et en Libye. Ils se sont également concentrés sur les événements en Syrie. Les ministres ont ensuite eu un échange de vues sur l’état actuel des efforts de la communauté internationale en vue d’une reprise des négociations directes entre Israël et l’autorité palestinienne.
Finlande
Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a effectué une visite de travail bilatérale à Helsinki le 27 octobre 2011.
Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a rencontré son homologue finlandais, Erkki Tuomioja, et s’est entretenu avec lui sur les relations bilatérales, l’état de plusieurs dossiers de la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne (UE), ainsi que sur la situation au Proche- et Moyen-Orient.
Les ministres ont fait le point sur les relations bilatérales entre les deux pays et se sont félicités de l’excellence de celles-ci, avant d’avoir un profond échange de vues sur les efforts au sein de l’Union européenne pour contrecarrer la crise de la dette souveraine en Europe. Ils ont évoqué les différents points qui ont figuré à l’ordre du jour du Conseil européen extraordinaire et du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la zone euro du 26 octobre 2011 à Bruxelles, dont notamment l’accord sur la recapitalisation des banques, la décote de la dette souveraine de la Grèce, ainsi que les mesures de renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Les deux ministres ont salué les résultats des travaux et ont exprimé leur conviction que, grâce à ces pas décisifs, la zone euro est désormais stabilisée.
Les deux homologues ont poursuivi leurs échanges en faisant un large tour d’horizon de plusieurs dossiers de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union européenne et ont souligné une très forte concordance de vues finlandaises et luxembourgeoise sur pratiquement tous ceux-ci. Tout d’abord, ils ont dressé le bilan des innovations du traité de Lisbonne dans ce domaine. A ce sujet, ils ont constaté que, malgré l’établissement du Service européen d’action extérieure (SEAE), les méthodes de travail et le processus de prise de décisions se sont compliqués, menant à une voix souvent trop faible de l’Europe sur le plan international.
Ensuite, la situation actuelle dans les Balkans occidentaux et plus particulièrement les relations entre la Serbie et le Kosovo ont été analysées, tout comme la situation en Albanie, en l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine. En outre, les deux ministres se sont félicités de l’adhésion prochaine de la Croatie à l’UE. Dans le contexte du processus d’élargissement de l’Union européenne, les ministres ont eu un échange de vues sur les relations entre l’UE et la Turquie. A ce sujet, le ministre Asselborn a réitéré sa conviction que "l’Union européenne serait plus forte avec la Turquie parmi ses membres", surtout au vu du rôle important de la Turquie dans la région du Proche-Orient.
Enfin, les discussions se sont concentrées sur la situation au Proche- et Moyen-Orient, ainsi qu’en Afrique du Nord dans le contexte du "printemps arabe". Les ministres se sont entretenus sur les derniers développements dans le processus de paix au Proche-Orient et sur les efforts de la communauté internationale, par l’intermédiaire du Quartette, de relancer les négociations directes entre Israël et l’autorité palestinienne.
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