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Le 14 décembre 2012, le Premier ministre et président de l‘Eurogroupe s’est exprimé à la Chambre des députés sur les conclusions du Conseil européen des 8 et 9 décembre 2011.
Le Premier ministre a signalé d’emblée qu’il ne s’agit pas d’une crise de l’euro - "notre monnaie n’est pas en danger !" - mais d’une crise de la dette souveraine dans certains pays de la zone euro. Au-delà de la nécessité de regagner la confiance des marchés financiers, il importe à l’heure actuelle de regagner la confiance des citoyens pour le projet européen et pour la monnaie unique, a dit Jean-Claude Juncker.
"La solution qui a été esquissée au Conseil européen des 8 et 9 décembre 2011 n’est pas une solution définitive, mais a permis de mettre en place les conditions indispensables pour résoudre la crise dans le cadre d’un long processus", a résumé d’emblée Jean-Claude Juncker. "C’est un pas dans la bonne direction", a-t-il enchaîné en ajoutant "que nous pourrons sortir de cette crise, si nous ne commettons pas d’erreurs".
Abordant l’attitude de la Grande-Bretagne lors du sommet européen, Jean-Claude Juncker a expliqué qu’il aurait préféré une approche communautaire et un accord à 27 États membres. "Cette division n’est bonne, ni pour la Grande-Bretagne, ni pour la zone euro", a-t-il dit en regrettant que l’accord de nature intergouvernementale entraîne des problèmes à la fois juridiques et politiques.
Jean-Claude Juncker a ensuite livré ses commentaires sur les principales décisions qui ont été prises lors du Conseil européen des 8 et 9 décembre 2011.
Parmi les principales avancées du Conseil européen des 8 et 9 décembre 2011, Jean-Claude Juncker a cité le renforcement de la procédure de déficit excessif. À ses yeux, cette décision représente "un renforcement de la gouvernance économique de l’UE" qui "permettra d’encadrer non seulement les règles régissant la procédure pour déficit excessif dans les États membres de la zone euro, mais également d’endiguer les distorsions macro-économiques". "Plus préventif, plus efficace", il permettra de répondre aux défis posés par la crise en termes de gouvernance économique. Le Premier ministre a surtout relevé l’efficacité renforcée du processus décisionnel. "Dès que la Commission constate qu’un État membre enfreint la règle du plafond des 3%, il y aura des conséquences automatiques pour les États, à moins que les États s’y opposent à la majorité qualifiée", a-t-il souligné estiment que cette prise de décision était plus efficace que par le passé. Dans son analyse, "l’entrée en vigueur du "Six Pack" et de la nouvelle disposition en matière de déficit excessif va de pair avec un renforcement du poids des petits et moyens États" qui ne seront plus "confrontés aux blocages minoritaires des grands États" et "évitera que ces derniers seront punis pour des erreurs commises par les grands États". Jean-Claude Juncker a tenu à préciser que les décisions portant sur la mise en place de sanctions plus automatiques dans le cadre de la procédure de déficit excessif portaient la marque des gouvernements du Benelux.
Jean-Claude Juncker, qui a rappelé que la participation des créanciers privés "constitue un précédent exceptionnel lié au cas de la Grèce", a également plaidé "pour une implication accrue du secteur bancaire dans la résolution des crises". Il s’est en outre félicité de l’accord trouvé sur l’activation rapide de l’effet de levier du FESF qui "permettra d’éviter une contagion d’un État membre au reste de la zone euro". Il a ajouté que la BCE interviendra comme agent du FESF dans le cadre de ses opérations de marché.
Jean-Claude Juncker a salué l’accélération de l’entrée en vigueur du traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES).
Le chef de file de l'Eurogroupe s’est ensuite focalisé sur la nouvelle règle budgétaire appelée "règle d’or", qui sera inscrite dans les juridictions nationales des États membres au niveau constitutionnel ou équivalent. À cette occasion, il a annoncé qu’il ne souhaitait pas que cette règle soit inscrite dans la Constitution luxembourgeoise, mais dans un texte de loi spéciale qui ne pourra être modifié qu’à la majorité des deux tiers de la Chambre des députés.
Jean-Claude Juncker a salué qu’un débat soit mené sur une coordination plus étroite des politiques économiques. "Cette coordination plus étroite est dans l’intérêt du Luxembourg", a-t-il ajouté. Pour illustrer ses propos, il a cité les distorsions de concurrence qui ont résulté d’une décision unilatérale de l’Allemagne en 2005 de porter son taux sur la TVA de 16% à 19%.
Le Premier ministre a finalement estimé qu’une consolidation budgétaire doit aller de pair avec avec une stratégie permettant de générer de la croissance "qui est tout aussi importante" et devra, selon lui, être au centre des prochaines réunions des chefs d’État et de gouvernement. Il a estimé "que l’introduction d’eurobonds aurait pu faire partie de la solution" tout en rappelant "qu’une telle introduction n’aurait pas été accompagnée d’un taux d’intérêt unique pour toute la zone euro".
Jean-Claude Juncker a finalement estimé qu’il "s’agit de l’avenir de l’euro et de voir si la monnaie unique pourra affronter l’avenir en bonne ou mauvaise santé". "Si l’euro tombe alors l’intégration européenne toute entière sera compromise", a-t-il averti en ajoutant que l’Europe dont le poids démographique a fortement diminué aura tout intérêt d’être solidaire et d’éviter les séparations".
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