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Le dimanche soir, le ministre Asselborn a participé à un dîner de travail informel des ministres des Affaires étrangères du BENELUX, précédant le Conseil "Affaires étrangères". Les ministres ont préparé les discussions du Conseil et ont eu un échange de vues sur d’autres sujets de l’actualité européenne.
Le lundi matin, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont débuté leurs travaux au sein du Conseil "Affaires étrangères" (CAE), sous présidence de la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, par une discussion sur la situation en Iran, et notamment sur le programme nucléaire.
Les ministres ont fait le point sur la politique de l’"approche double" de l’UE, qui consiste, d’un côté, à imposer des sanctions et mesures restrictives visant les acteurs économiques iraniens ainsi que les responsables de la répression interne en Iran, et de l’autre, à maintenir un canal de communication avec Téhéran, tout en continuant d’exprimer notre soutien aux personnes et à la société civile qui revendiquent leurs droits.
Le Conseil a réitéré ses profondes préoccupations au sujet du programme nucléaire iranien, notamment suite à l’annonce du lancement de l’opération d’enrichissement d’uranium jusqu’à un niveau de 20%, en violation de six résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que de onze résolutions du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA).
Au vu des violations continues perpétrées par l’Iran, le Conseil a décidé de mettre en place un embargo graduel sur le pétrole iranien et sur les produits pétroliers. Les mesures concernent l’importation, l’achat et le transport de pétrole brut et des produits pétroliers et les activités du secteur de la banque et des assurances qui s’y rapportent. Le Conseil a aussi décidé de sanctionner la Banque centrale iranienne en interdisant certaines transactions avec celle-ci et une partir de ses transactions. Ces nouvelles mesures visent les sources de financement pour le programme nucléaire et complètent les sanctions existantes.
Suite aux évolutions importantes dans le pays et aux visites de plusieurs ministres des Affaires étrangères, le Conseil a fait le point sur les développements récents en Birmanie et a discuté de la réponse commune de l’Union européenne face à ce processus. Les ministres se sont mis d’accords, en tant que premier pas, pour suspendre les interdictions de visa à l’encontre du président U Thein Sein, du vice-président, des membres du gouvernement et des présidents des deux chambres parlementaires et ont donné mandat aux groupes de travail d’examiner les prochaines étapes. Le Conseil a souligné que l’Union désire assister la Birmanie dans ses efforts d’avancer dans le processus de réformes entamé et que l’UE est prête à augmenter son assistance dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. La bonne tenue des élections législatives partielles du 1er avril devrait ouvrir la voie à des mesures supplémentaires. Les ministres ont également salué le remarquable programme de réformes entrepris par le gouvernement et le parlement, tout comme la libération de nombreux prisonniers, la reprise du dialogue mené par le gouvernement avec les différents groupes ethniques ou encore le dialogue avec l’opposante Aung San Suu Kyi.
Les travaux du Conseil ont également porté sur la situation actuelle en Syrie, qui reste très préoccupante malgré les sanctions imposées par la Ligue arabe le 27 novembre 2011 et malgré le déploiement de la mission d’observation de celle-ci sur le terrain. Le Conseil a réitéré ses vives préoccupations concernant la détérioration de la situation en Syrie, les violations systématiques des droits de l’Homme et la poursuite de la répression inacceptable exercée par le régime syrien contre la population du pays. Les ministres ont renouvelé leur appel au président Assad de quitter le pouvoir afin de permettre une transition pacifique et démocratique et ont rappelé leur plein soutien aux efforts de la Ligue arabe, notamment en ce qui concerne la prolongation de la mission d’observation déployée en Syrie. Le Conseil a décidé la mise en place de nouvelles mesures restrictives visant la capacité du régime à poursuivre sa répression brutale, ajoutant 22 personnes responsables de violations des droits de l'Homme, ainsi que huit entités apportant un soutien financier au régime à la liste des personnes et entités faisant l'objet d'un gel des avoirs et d'une interdiction de pénétrer dans l'UE. Un embargo sur les armes ainsi qu'une interdiction d'importer du pétrole brut syrien et de procéder à de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier de ce pays ont été progressivement mis en place. Les ministres ont également salué le prolongement de la mission d’observation de la Ligue arabe et sa résolution du 22 janvier, dans laquelle elle prévoit un transfert des pouvoirs de M. el-Assad à son vice-président, et un gouvernement d’union nationale.
Les ministres ont fait le point sur la situation dans les deux pays et le dialogue entre le Kosovo et la Serbie, notamment à la lumière de la décision à prendre sur l’octroi du statut de pays candidat à la Serbie lors du Conseil "Affaires générales" au mois de février.
Lors du déjeuner de travail, les ministres ont fait un état des lieux du processus de paix au Proche-Orient et se sont entretenus sur les réunions qui ont eu lieu sous l’impulsion de la Jordanie ainsi que sur les récents contacts de la Haute représentante avec les différents dirigeants de la région au sujet de la situation à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés. Au vu des développements préoccupants sur le terrain au cours de 2011, notamment en ce qui concerne la poursuite de la colonisation, l’Union européenne a réaffirmé son engagement pour la solution à deux Etats, la légitimité de l’Etat d’Israël et le droit des Palestiniens d’obtenir un Etat ne devant jamais être remis en question. Les ministres se sont félicités des efforts de la Haute représentante et ont fait état de leur soutien aux efforts du Quartette en vue d’une reprise prochaine des négociations.
Après le déjeuner, le Conseil a repris son travail par une discussion sur les relations entre l’UE et le Belarus. Les ministres ont eu un échange de vues approfondi sur la mise en œuvre de mesures restrictives additionnelles sanctionnant les violations des droits de l’Homme perpétrées par le régime.
Enfin, le Conseil a clôturé ses travaux par une discussion sur la situation au Soudan et au Soudan du Sud. Six mois après l’indépendance du Soudan du Sud, les ministres ont analysé la situation interne et humanitaire dans les deux pays, ceci également dans le contexte des négociations entre le Soudan et le Soudan du Sud qui ne progressent que lentement et la situation sécuritaire qui empire.
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