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Le Premier ministre Jean-Claude Juncker a participé à la réunion informelle du Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement, qui s'est tenue le 30 janvier 2012 à Bruxelles.
Les membres du Conseil européen ont largement discuté des mesures à prendre pour relancer la croissance, la compétitivité et la création d'emplois, et ont adopté une déclaration commune y relative. La déclaration, qui rappelle les mesures de la stratégie Europe 2020 et le pacte pour l'euro plus, met l'accent sur trois priorités immédiates, à savoir la stimulation de l'emploi, en particulier chez les jeunes, l'achèvement du marché unique, et la relance du financement de l'économie, notamment des PME
Le Conseil européen de mars 2012 reviendra sur les politiques économiques et de l'emploi des États membres.
Lors de sa conférence de presse à l'issue de la réunion, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a déclaré: "Nous avons eu une longue discussion sur les moyens d'arriver à plus de croissance et un taux d'emploi plus élevé. La croissance n'est possible qu'à condition d'avoir des finances publiques saines, mais la stratégie qui consiste à uniquement exiger de la consolidation budgétaire n'est pas suffisante, il faut également donner des impulsions de croissance. Le Conseil européen de mars reviendra d'ailleurs sur la question." Concernant la question du chômage des jeunes, le Premier ministre a ajouté: "voilà un sujet qui n'est pas nouveau, je voudrais rappeler que nous en avions déjà discuté lors du sommet de l'emploi de novembre 1997!"
Les chefs d'État et de gouvernement ont approuvé le traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) tel qu'il fut décidé le 23 janvier 2012 par les 27 ministres des Finances, sous la présidence du chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Le traité MES est ainsi prêt à être signé, avec l'objectif d'une entrée en vigueur en juillet 2012. Ce mécanisme permanent de gestion de crise contribuera à renforcer la confiance et la stabilité financière dans la zone euro. Comme convenu en décembre 2011, les chefs d'État et de gouvernement devraient examiner au mois de mars si les ressources disponibles au titre du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du MES sont suffisantes.
Lors de leur réunion, les chefs d'État et de gouvernement ont décidé de la version définitive du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire, qui sera signé en mars 2012.
Ce traité constitue une avancée majeure vers une intégration budgétaire et économique plus étroite et une gouvernance plus forte au sein de la zone euro. Les perspectives pour la viabilité budgétaire et la dette souveraine au sein de la zone euro s'en trouveront considérablement améliorées.
Répondant à la question d'un journaliste concernant la ratification et l'entrée en vigueur du nouveau traité, Jean-Claude Juncker a expliqué que "nous avons retenu qu'une fois le traité ratifié par 12 États membres, il entrera en vigueur, évidemment seulement pour les États membres qui l'auront ratifié, et pas pour les autres. Cela implique le risque qu'il n'y ait pas suffisamment de pression pour que tous les parlements ne ratifient le traité, mais en revanche cela exclut le risque autrement plus grand qu'un parlement qui refuse de ratifier le traité puisse ainsi bloquer son entrée en vigueur pour tous les autres États membres."
"Il est rare dans l'histoire de l'Union européenne que l'on réussisse à boucler un nouveau traité en six semaines," a souligné Jean-Claude Juncker. "Le nouveau traité sera transposé au Luxembourg via une loi d'approbation. La transcription de la "règle d'or" - qui n'est en fait que la règle du bon sens qui consiste à présenter des budgets en équilibre - se fera via la législation normale; nous ne l'inscriront pas dans notre Constitution."
En ce qui concerne la Grèce, les chefs d'État et de gouvernement prennent acte des progrès accomplis dans les négociations avec le secteur privé pour parvenir à un accord conformément aux paramètres arrêtés en décembre, et engagent instamment les autorités grecques ainsi que toutes les parties concernées à mener à bien, dans les jours qui viennent, les négociations sur le nouveau programme.
"Nous n'avons pas beaucoup parlé de la Grèce, sauf pour être d'accord que les négociations avec les créanciers privés devraient être achevées dans les meilleurs délais" a précisé Jean-Claude Juncker après la réunion.
En ce qui concerne l'Irlande et le Portugal, les chefs d'État et de gouvernement se félicitent de la dernière évaluation dont ont fait l'objet les programmes et qui est positive. Par ailleurs, ils saluent les mesures décidées et déjà adoptées par l'Italie pour réduire le déficit public et stimuler la croissance et la compétitivité et ils invitent l'Espagne à poursuivre les efforts importants qu'elle déploie en matière d'assainissement budgétaire et de réformes structurelles
"Nous nous sommes félicités des progrès de l'Irlande et du Portugal," a déclaré le Premier ministre Jean-Claude Juncker lors de sa conférence de presse. "Le même constat vaut également pour l'Italie et l'Espagne", a-t-il déclaré.
Concernant la question controversée de mettre la Grèce sous tutelle et répondant à la question d'un journaliste, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a estimé que "nous n'en avons pas discuté lors de la réunion. J'estime donc que la question n'est pas sur la table." Cependant, sans rejeter complètement l'idée d'une mise sous tutelle d'un Etat, Jean-Claude Juncker a expliqué que "je me serais attendu à ce que ceux qui défendent cette idée viennent l'exposer dans le contexte des discussions autour du nouveau traité que nous venons de décider. Or, tel ne fut pas le cas. J'ai regretté qu'on fasse dans le contexte d'une mise sous tutelle uniquement allusion à la Grèce. J'aurai préféré une formulation qui implique tous les cas de figure. Mais nous n'en avons pas parlé."
Au sujet de l'instauration d'un mécanisme consistant à engager la Grèce à payer d'abord ses créanciers, tel que proposé par l'Allemagne, le Premier ministre a déclaré: "Cette question n'a pas été abordée par le Conseil européen. Cependant, la question mérite à être examinée, parce si on trouvait une solution qui permettrait de mettre en place un mécanisme de ce type, cette solution rassurerait les créanciers, parce qu'ils seraient certains de rentrer dans leurs droits. Donc c'est une proposition qui a du mérite."
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