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Le Premier ministre et président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le ministre des Finances Luc Frieden ont participé à la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe qui s’est tenue le 9 février 2012 à Bruxelles.
Cette réunion extraordinaire avait été convoquée par le président Jean-Claude Juncker afin de permettre au ministres des Finances des pays membres de la zone euro de faire le point sur l’état des négociations en Grèce en matière d’un accord entre le gouvernement grec et ses créanciers privés en vue de garantir la durabilité de la dette grecque ainsi qu’en matière de la mise en place d’un 2e programme d’assistance financière à la Grèce.
Ce nouveau programme est avant tout destiné à remettre les finances publiques et l’économie grecques sur la voie de la durabilité et à sauvegarder ainsi la stabilité financière de la zone euro entière. Selon l’Eurogroupe, le programme devrait respecter les paramètres définies par les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro le 26 octobre 2011, c’est-à-dire ramener la dette grec à 120% du PIN à l’horizon 2020, et un financement du 2e programme d’assistance à concurrence de € 100 milliards jusqu’en 2014. S’y ajoute une contribution du secteur public à hauteur de € 30 milliards à l’opération de participation du secteur privé.
S’exprimant devant la presse à l’issue de la réunion, Jean-Claude Juncker a rappelé que "la durabilité de la dette et la restauration de la compétitivité sont les objectifs essentiels du nouveau programme", mais il a mis en évidence que "le succès du programme dépend de façon critique de la mise en œuvre totale du programme par la Grèce". Cela vaut pour les objectifs de consolidation budgétaire, l’exécution de la stratégie de privatisation et la mise en œuvre de réformes structurelles courageuses afin de promouvoir la compétitivité et une croissance durable. Dans ce contexte, a expliqué le président de l’Eurogroupe, "nous avons estimé comme essentiel qu’un renforcement de la capacité administrative garantisse la mise en œuvre complète du programme. Les États membres de la zone euro, les institutions de l’UE et le Fonds monétaire international se tiennent prêts à fournir davantage d’assistance technique". L’Eurogroupe a également retenu qu’un "renforcement des structures de gouvernance et de surveillance est nécessaire pour garantir le succès du nouveau programme". La Commission européenne a été chargée de formuler des propositions à cette fin.
Même si l’Eurogroupe reconnaît que de considérables progrès ont pu être faits ces derniers jours, il a constaté que "tous les éléments nécessaires à une prise de décision n’étaient pas encore réunis". Il est ainsi demandé au parlement grec d’approuver dimanche 12 février 2012 le paquet politique négocié avec la troïka (Commission européenne, FMI et BCE). Le gouvernement grec devrait identifier rapidement des possibilités de réduction des dépenses en 2012 de € 325 millions afin de respecter l’objectif de déficit. Troisièmement, l’Eurogroupe demande un engagement écrit des dirigeants des partis politiques de la coalition actuelle pour ce qui est de la mise en œuvre du nouveau programme même après des élections anticipées.
"Ces trois éléments doivent être en place avant que nous puissions prendre des décisions", a expliqué Jean-Claude Juncker, qui a, par ailleurs salué "les assurances obtenus du gouvernement grec que tous ces éléments seront mis en place dans le jours à venir".
L’Eurogroupe a finalement pris note de l’accord que le gouvernement grec a trouvé avec ses créanciers privés sur les conditions générales de l’offre d’échange des obligations grecques dans le cadre de la participation du secteur privé au programme d’assistance. Jean-Claude Juncker a d’ailleurs rappelé que "le succès de la participation du secteur privé est une condition nécessaires au succès du 2e programme". Comme la troïka est actuellement en cours de finaliser l’analyse de durabilité de la dette grecque, et en attendant la mise en œuvre en Grèce des éléments susmentionnés, le président de l’Eurogroupe a décidé de convoquer une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro le 15 février 2012, au cours de laquelle les ministres devraient être en mesure "de prendre les décisions politiques nécessaires". "Mais", a prévenu le président Juncker, "il faut qu’il soit clair qu’un déboursement pour l’opération de la participation du secteur privé est sujet à une participation du secteur privé réussie et à la confirmation par l’Eurogroupe, sur base d’un examen de la troïka, de la mise en œuvre juridique par la Grèce des actions anticipées consenties. En bref: pas de déboursement avant la mise en œuvre."
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