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Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé le 23 février 2012 à la conférence sur la Somalie à Londres.
La conférence sur la Somalie a été ouverte par le Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, en présence du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ainsi que des représentants de la Somalie, y compris les dirigeants des institutions fédérales de transition, le maire de Mogadiscio, les présidents du Puntland et du Galmudug, et des représentants de Aluh Sunna wal Jamaah, tout comme le président du Somaliland.
Une cinquantaine de gouvernements ont été représentés, ainsi que des organisations multilatérales tels que les Nations unies, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), ainsi que la Banque mondiale, l'Autorité intergouvernementale pour le développement, l'Organisation de la Conférence islamique, et la Ligue des États arabes.
La conférence a fait le point sur la situation actuelle en Somalie, intervenant à un moment crucial pour le futur du pays, à six mois de l’expiration de l’actuelle période de transition et suite à d’importantes avancées en Somalie, notamment sur le plan politique et le plan sécuritaire.
La conférence s’est concentrée sur l'engagement à long terme de la communauté internationale en faveur de la Somalie, ceci dans la perspective de stabiliser le pays qui est plongé dans une guerre civile depuis 1991.
Les discussions ont porté principalement sur la façon dont la communauté internationale peut agir et mieux orienter ses efforts pour lutter contre les causes profondes et les conséquences néfastes des problèmes que connaît le pays. À cet effet, différents aspects de la situation en Somalie ont été abordés.
Tout d’abord, le processus politique dans le pays a été analysé dans le contexte des avancées majeures qui ont pu être enregistrées en Somalie sur le plan politique, dont notamment la signature le 6 septembre 2011 de la feuille de route pour la fin de la transition ainsi que l’adoption des principes de Garowe. La feuille de route prévoit en effet la tenue d’élections avant le 20 août 2012, ainsi que l’élaboration d’une nouvelle constitution, des consultations sur le fédéralisme tout comme une réforme des institutions.
Une nouvelle prolongation de la transition a été jugée inacceptable, les participants signalant qu’il appartient désormais aux acteurs somaliens de prouver leur volonté de saisir l’opportunité historique de changer durablement la situation en Somalie. À son tour, le ministre Asselborn s’est dit convaincu qu’il existe une réelle opportunité de stabiliser enfin la Somalie et de l’aider à se rétablir.
En ce qui concerne le domaine de la sécurité, le ministre Asselborn a vivement salué les progrès incontestables réalisés récemment. "Ils sont d’autant plus remarquables que les progrès sont enregistrés aussi bien sur la terre ferme en Somalie qu’aux larges des côtes somaliennes", a-t-il ajouté, soulignant également qu’elles "sont le résultat d’une intervention simultanée de plusieurs acteurs de la communauté internationale, à la fois sur la terre ferme et sur la mer". Le ministre a souligné qu’il importe de poursuivre ces efforts ainsi que de les coordonner, confirmant également l’engagement du Luxembourg à continuer à œuvrer en faveur de la stabilisation de la Somalie. En vue de la sécurisation future de la Somalie, le développement de capacités sécuritaires, ainsi que judiciaires et pénitentiaires propres à la Somalie a été abordé. Dans ce contexte, la nécessité de former les forces de sécurité somaliennes a été évoquée.
Rappelant le lien bien établi entre sécurité et développement, le ministre Asselborn a rappelé que seul une approche globale, qui combine non seulement la sécurité et le développement, mais également le volet politique, sera à même sur le long terme de stabiliser et de permettre le rétablissement de la Somalie. "Pour que les volets sécurité et développement soient viables sur le long terme, la volonté politique est indispensable", a-t-il souligné, évoquant dans ce contexte également l’adoption fin 2011 de la stratégie de l’Union européenne pour la Corne de l’Afrique et la nomination en début d’année d’un représentant spécial de l’UE pour la Corne de l’Afrique.
La participation du Luxembourg à cette conférence s’inscrivait dans la volonté de consolider et de reconfirmer son engagement de longue date en faveur de la Somalie et de la Corne de l’Afrique. Le Luxembourg participe à l’opération maritime de l’Union européenne destinée à lutter contre la piraterie dans l’Océan indien (EUNAVFOR ATALANTA) en mettant à disposition deux avions de surveillance maritime.
Le Luxembourg a également participé à la mission de l’UE visant à assurer la formation des forces de sécurité somaliennes (EUTM Somalia). Le Luxembourg a par ailleurs contribué 750.000 euros au Fonds des Nations unies soutenant les institutions transitoires de sécurité de la Somalie. De 2006 à ce jour, le Luxembourg a par ailleurs contribué plus de 4,5 millions d’euros à des programmes humanitaires en faveur de la Somalie, ainsi que 5,5 millions d’euros en faveur de la Corne d’Afrique. L’invitation du Luxembourg à la conférence témoigne du fait que l’engagement du Luxembourg en faveur de la Somalie et de la Corne de l’Afrique est reconnu par la communauté internationale.
En marge de la conférence, le ministre Asselborn a rencontré un certain nombre d’homologues avec lesquels il a fait le point sur les relations bilatérales et s’est entretenu sur l’actualité politique internationale.
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