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Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé au Conseil "Affaires étrangères" (CAE) de l’Union européenne (UE), le 27 février 2012 à Bruxelles.
Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont débuté leurs travaux dans le Conseil "Affaires étrangères" (CAE), sous présidence de la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité commune, Catherine Ashton, par une discussion sur la situation en Syrie.
Les ministres se sont penchés sur la situation actuelle dans le pays et fait le point sur la répression violente qui continue à y sévir. Ils ont salué les résultats et conclusions de la conférence internationale des "Amis de la Syrie" du 24 février à Tunis tout comme la nomination de Kofi Annan en tant qu’émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie. Le Conseil a réitéré ses appels au régime syrien à respecter ses obligations en matière de droit international humanitaire et a déploré l’incapacité du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des décisions sur la situation en Syrie. Dans ce contexte, les ministres ont appelé les forces d’opposition à s’unifier et à coordonner leur opposition au régime. Le Conseil a eu un échange de vues sur la suite à donner aux dernières décisions de la Ligue arabe, y compris l’idée d’une mission renforcée des Nations unies, sur la poursuite de l’engagement actif de l’Union européenne au sein du groupe des "Amis de la Syrie". Par ailleurs, le Conseil a décidé un renforcement des sanctions pour accroître encore davantage la pression sur le régime et affecter sa capacité à poursuivre sa répression brutale. Le Conseil a décidé la prise de mesures à l’encontre de la Banque centrale de Syrie, mesure accompagnée d’exemptions. Il a ainsi imposé un gel des avoirs de la banque ainsi qu’une interdiction de mettre à disposition des ressources à la banque. Toute relation financière avec la Banque centrale syrienne sera désormais interdite. Une interdiction de fournir de l’or, des métaux précieux et des diamants aux autorités syriennes a également été décidée, ainsi qu’une interdiction des vols cargo de compagnies syriennes.
Les ministres ont ensuite examiné la situation actuelle en Égypte, notamment suite aux élections qui viennent de se terminer et aux actes de violence qui ont eu lieu récemment à travers le pays. Les mesures de répression contre les organisations de la société civile, surtout les organisations européennes, ont également été abordées. Le Conseil a salué la conduite des élections, soulignant son soutien à la transition de l’Égypte vers un État démocratique pluraliste et basé sur l’État de droit. Il a appelé à un transfert complet vers un régime de pouvoir civil suite aux élections et à respecter les engagements pris en vue de l’organisation d’élections présidentielles. Au sujet de la répression contre les organisations de la société civile, le Conseil a réitéré sa profonde occupation et a appelé les autorités égyptiennes à tout faire pour résoudre la situation actuelle de façon constructive.
Le Conseil a poursuivi ses travaux par une discussion sur le Caucase du Sud, et en particulier la Géorgie, se concentrant sur la question de déterminer comment le mieux appuyer des solutions à long terme dans cette région, notamment en ce qui concerne les conflits gelés. Le Conseil s’est félicité des progrès significatifs entrepris dans le cadre du Partenariat oriental en vue de renforcer les relations entre l’UE et l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Les ministres ont lancé un appel aux trois États partenaires de renforcer leurs engagements dans les processus de réforme en vue de bénéficier d’un renforcement des relations avec l’UE. Les ministres ont souligné l’importance que les élections annoncées pour 2012 et 2013 respectent les standards démocratiques internationaux, de poursuivre les réformes en vue de renforcer l’État de droit et de continuer à lutter contre la corruption. Un état des lieux a également été fait sur les progrès réalisés dans les négociations sur les accords d’association des pays respectifs, ainsi que sur les négociations en vue d’établir une zone de libre-échange approfondie et complète (DCFTA). Les questions de la mobilité des ressortissants des trois pays et d’une facilitation de visa ont également été abordées. En ce qui concerne les conflits gelés en Géorgie (Abkhazie, Ossétie du Sud), l’UE réitère son soutien à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie et demande encore une fois à la Russie de respecter l’accord en six points signé le 12 août 2008 entre la Géorgie et la Russie.
Enfin, les ministres ont examiné les aspects politiques du dialogue entre la Serbie et le Kosovo. Ils ont fait le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des accords conclus dans le cadre du dialogue Belgrade-Pristina, y compris sur la gestion intégrée des frontières, et sur l’accord concernant une coopération régionale ouverte à tous. La coopération de la Serbie avec la mission EULEX et la KFOR afin de permettre à celles-ci d’exécuter leurs mandats a également été abordée. Le Conseil a salué l’accord trouvé entre la Serbie et le Kosovo sur la coopération régionale, accord permettant une décision sur l’octroi du statut de candidat à la Serbie. Une étude de faisabilité pour un accord de stabilisation et d’association entre l’UE et la Kosovo a également été mise en perspective en vue de contractualiser les relations entre l’UE et le Kosovo.
Lors du déjeuner de travail, les ministres ont fait un état des lieux du processus de paix au Proche-Orient. Les ministres ont eu un échange de vues sur la déclaration de Doha du 6 février visant à avancer la réconciliation intra-palestinienne, ainsi que sur la réaction de l’Union européenne à la formation éventuelle d’un gouvernement technique palestinien.
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