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Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a effectué une visite de travail en Tunisie les 28 et 29 février 2012.
Le 28 février, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a rencontré le ministre des Finance, Houcine Dimassi, le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Riadh Bettaïb, ainsi que le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Abdelwaheb Maatar, tout comme le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, chargé pour les Affaires européennes, Thouami Abdouli.
Les différents entretiens ont porté sur les relations bilatérales ainsi que sur la situation interne en Tunisie suite aux bouleversements qui ont eu lieu en 2011. Plusieurs sujets de l’actualité politique internationale ont également été évoqués.
Au sujet des relations bilatérales, le ministre Asselborn a rappelé qu’entre 1993 et 1998, la Tunisie avait le statut de pays cible de la coopération luxembourgeoise et qu’entre 1993 et 2006, cinq accords de coopération bilatérale avaient été conclus, totalisant un apport luxembourgeois d’environ 27,1 millions d’euros à la Tunisie. Dix-neuf projets ont été mis en œuvre en cofinancement, situés essentiellement dans quatre domaines d’activité, à savoir le développement de la filière laitière, la lutte contre la pauvreté en milieu rural, l’éducation et l’environnement. Jean Asselborn s’est félicité du fait que les projets ont pu être mis en œuvre dans d’excellentes conditions, à la satisfaction des parties concernées, et qu’ils ont permis d’atteindre, voire de dépasser, les résultats initialement prévus.
Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a indiqué qu’actuellement le gouvernement luxembourgeois, suite notamment aux développements qui ont eu lieu en Tunisie depuis, mène des réflexions sur une possible reprise de la coopération, prenant en compte les relations de longue date avec la Tunisie et le besoin urgent de soutien suite aux événements récents. Ainsi, le ministre Asselborn a informé ses interlocuteurs qu’une coopération en matière de microfinances peut être envisagée, à travers la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi que l’organisation non-gouvernementale "Appui au développement autonome" (ADA). Des formations dans le domaine des services financiers sont aussi envisageables, à travers Luxembourg for Finance ou l’Agence de transfert de transfert de technologies financières (ATTF). En matière de fonds d’investissement et au vu de la réputation et du savoir faire du Grand-Duché dans ce domaine, une collaboration avec la place financière du Luxembourg pourrait également être envisagée, a noté le ministre luxembourgeois.
En vue d’aider à relancer le secteur du tourisme, le ministre Asselborn a évoqué les activités de la compagnie aérienne luxembourgeoise Luxair, qui dessert les destinations de Monastir et Djerba. Le ministre a expliqué que, suite aux émeutes, les vols de la société avaient été suspendus et redémarrent actuellement. Il a exprimé son espoir de voir les autorités tunisiennes octroyer rapidement l’autorisation d’opérer des vols en provenance de Vatry (Champagne-Ardenne, France) vers Djerba. Jean Asselborn a souligné qu’il s’agit d’un potentiel inexploité que Luxair pourrait utiliser pour augmenter le nombre de passagers en vue de renforcer ainsi ses liens avec le secteur touristique tunisien. Le Vice-Premier ministre a conclu en soulignant que le Luxembourg, partenaire commercial de longue date de la Tunisie, espère pouvoir renouer avec les performances et renforcer davantage les liens économiques entre les deux pays à l’avenir. Il soutiendra également l’approfondissement des liens économiques entre la Tunisie, ses voisins et l’Union européenne.
En ce qui concerne la situation interne en Tunisie, les discussions ont porté sur les suites de la révolution tunisienne qui a vu la chute du régime de Ben Ali et l’émergence de structures démocratiques. Le point a été fait sur les travaux sur l’élaboration d’une nouvelle Constitution dans la volonté d’établir une démocratie moderne, satisfaisant les importantes attentes du peuple tunisien. Enfin, la lutte contre le chômage et les réformes prévues pour relancer l’économie tunisiennes ont également été abordées.
Au sujet de l’actualité internationale, le ministre a eu un échange de vues sur les relations de la Tunisie avec ses voisins suite aux développements du "printemps arabe" et a plaidé en faveur d’une reprise de la coopération régionale, l’intégration inter-maghrébine pouvant générer un élan important dans la relance du commerce dans la région de l’Afrique du Nord. En ce qui concerne les relations entre l’Union européenne et la Tunisie, le projet de la Commission européenne d’établir des zones de libre-échange entier et approfondi ("Deep and Comprehensive Free Trade Areas", DFCTA) avec certains membres du voisinage Sud, dont justement la Tunisie, a été abordé. Ceci représente une réaction cruciale et concrète de la part de l’Europe aux changements intervenus dans le monde arabe ces derniers mois, a signalé le ministre. Enfin, la situation en Syrie et en Libye a également été évoquée.
Le 29 février, le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a été reçu en audience par le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, à Carthage.
Les discussions ont porté sur l’état des relations bilatérales, la situation interne en Tunisie ainsi que plusieurs sujets de l’actualité politique internationale.
Le ministre a fait le point de ses entrevues de la veille et a souligné que le Luxembourg espère renouer avec les bons liens économiques et commerciaux et vise à les renforcer davantage entre les deux pays à l’avenir. Le Grand-Duché soutiendra également l’approfondissement des liens économiques entre la Tunisie, ses voisins et l’Union européenne, a conclu le ministre.
Au sujet de l’actualité politique tunisienne, l’entretien s’est concentré sur les élections récentes et les travaux de l’Assemblée constituante sur l’élaboration d’une nouvelle constitution. Enfin, le ministre a eu un échange de vue avec le président sur la situation actuelle en Syrie, les travaux de la communauté internationale au niveau des Nations unies et a partagé son espoir que les efforts de l’émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, pourront faire cesser l’effusion de sang et la répression violente en Syrie.
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