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Le 3 avril 2012, la ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Marie-Josée Jacobs, a donné une conférence de presse au cours de laquelle elle a abordé la situation au Mali, l’un des neuf pays partenaires de la coopération luxembourgeoise, à la suite du putsch du 22 mars 2012.
La ministre a commencé par rappeler les événements marquants qui ont secoué le Mali au cours des dernières semaines, à savoir l’offensive de la rébellion touareg qui a repris à la mi-janvier de l'année 2012, le coup d’État par lequel des militaires maliens ont renversé le président Amadou Toumani Touré, le 22 mars 2012, et la prise par les rebelles des trois capitales régionales du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - au cours du weekend du 1er avril.
Le Luxembourg suit de très près l’évolution au Mali, un pays partenaire de la coopération luxembourgeoise longtemps considéré comme exemplaire, et la ministre Jacobs regrette d’autant plus que la situation s’y soit détériorée et continue de s’aggraver à un rythme aussi soutenu.
Après avoir rappelé que le ministre des Affaires étrangères a émis un avis de voyage qui déconseille fortement les voyages au Mali jusqu’à nouvel ordre, Marie-Josée Jacobs a donné des précisions sur la position de la coopération luxembourgeoise en réaction à la crise malienne.
Concernant la coopération bilatérale, les activités des projets et programmes en cours de mise en œuvre sont suspendues jusqu’à ce que la situation sécuritaire permette à nouveau aux deux agences, à savoir Lux-Development pour la zone de concentration Sud du Mali, et Proman pour la zone de concentration Nord, dans la région de Kidal, de travailler en toute sécurité. La ministre a souligné dans ce contexte que les programmes et projets en question ayant fait l’objet d’accords signés avec des autorités légitimes, reprendront dès que les circonstances le permettront, ceci dans le souci de ne pas pénaliser doublement les populations vulnérables déjà touchées par la crise que traverse le Mali.
En revanche, la coopération luxembourgeoise ne prendra pas de nouveaux engagements tant qu’il n’y aura pas d’interlocuteurs légitimes à la tête du Mali.
Pour ce qui est des projets mis en œuvre par les ONG, la ministre a précisé que celles-ci étaient le mieux placées pour décider, en concertation avec leurs partenaires locaux, de continuer ou de suspendre leurs actions. Une réunion à la Direction de la coopération a permis aux neuf ONG de développement luxembourgeoises actives au Mali de faire le point sur la mesure dans laquelle leurs projets respectifs étaient touchés ou non par la situation actuelle.
L’aide humanitaire en réponse à des situations d’urgence telles que les crises alimentaires, les sécheresses et les catastrophes naturelles continuera quant à elle à être déployée, notamment par le biais d’agences multilatérales.
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