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Sous le titre "Il n’y a pas de réponses faciles", le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Etienne Schneider, en charge des dossiers relatifs à l’énergie, a publié le 7 avril 2012 une tribune libre dans le Luxemburger Wort sur l’approvisionnement énergétique au Luxembourg.
La réalisation d’un approvisionnement durable, sûr et abordable constitue pour le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur une des plus importantes questions d’avenir. Il a déploré dans ce contexte que la discussion publique, depuis Fukushima, se limite trop souvent à l’énergie nucléaire et au raccordement du Luxembourg au réseau électrique français. Etienne Schneider a d’abord rappelé que le Luxembourg importe près de 98% de l’énergie dont principalement du gaz et des produits pétroliers. Concernant l’électricité, le Grand-Duché produit environ 50% de sa consommation nationale et environ 4% de cette consommation provient d’électricité produite au Luxembourg à partir de sources renouvelables. Même en quintuplant l’énergie renouvelable produite au Luxembourg entre 2005 et 2020 et en réalisant des efforts substantiels dans le domaine de l’efficacité énergétique, la structure de la consommation énergétique du pays ne changera pas d’un moment à l’autre, a dit le ministre.
Afin de se libérer à moyen et long terme de cette dépendance, le Luxembourg doit miser prioritairement sur l’efficience énergétique et les économies d’énergie, et couvrir le besoin restant par l’utilisation progressive des énergies renouvelables, a préconisé le ministre Schneider. Ce faisant, "nous ne devons pas ignorer le facteur 'coût' et identifier les solutions les plus économiques", a-t-il ajouté. Et de préciser que la phase transitoire sera longue et que "nous devons pendant cette phase, qu’on le veuille ou non, recourir aux énergies traditionnelles et classiques. Il n’y a pas d’alternative, ni au Luxembourg, ni en Europe."
Le ministre a ensuite attiré l’attention sur l’importance de l’extension du réseau de l’électricité en Europe. Selon lui, il faut disposer d’un réseau européen optimal pour assurer le bon fonctionnement du marché de l’électricité, où le client, suite à la libéralisation du secteur, est libre de choisir son fournisseur. Le Luxembourg apportera sa contribution à cette extension, a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’il est dans l’intérêt du pays de disposer de connections améliorées avec ses voisions pour garantir un approvisionnement sûr et économiquement optimal.
Dans ce contexte, le ministre a réfuté l’idée selon laquelle la construction d’une nouvelle ligne de haute tension entre le Luxembourg et la France conduira automatiquement à une augmentation de la consommation d’énergie nucléaire au Luxembourg. "Notre mix énergétique est en fin de compte le résultat des décisions d’achat des consommateurs au Luxembourg."
Après avoir rappelé la position du gouvernement luxembourgeois par rapport à l’énergie nucléaire, Etienne Schneider a souligné qu’une interdiction d’importer de l’énergie nucléaire n’est pas réaliste. Même si une telle décision était conforme au droit européen, elle nuirait à la compétitivité du Luxembourg, car ceci provoquerait une flambée des prix de l’électricité et augmenterait en fin de compte l’importation de gaz et de produits pétroliers. "De plus, son impact sur la politique de nos pays voisins resterait limité", a conclu le ministre.
D’ici à 2015, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur veut doubler la part des énergies renouvelables dans la consommation totale au Luxembourg. En matière d’efficience énergétique, le Luxembourg soutient la Présidence danoise du Conseil de l’UE lors des négociations sur une nouvelle directive. Si celles-ci ne pouvaient pas être bouclées, le Luxembourg instaurerait unilatéralement un objectif d’augmentation de l’efficience énergétique de 1,5% par an, a promis le ministre Schneider. D’ici à 2017, les exigences en matière d’efficience énergétique pour les constructions nouvelles seront continuellement augmentées, afin de tracer la voie vers les bâtiments à consommation quasi nulle. Finalement, le gouvernement présentera encore avant la fin de l’année 2012 un document de base sur la stratégie énergétique du pays qui sera discuté avec le grand public.
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