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Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, a effectué le 17 avril 2012 une visite officielle au Luxembourg. Il a été reçu en audience par S.A.R. le Grand-Duc au palais grand-ducal et a rencontré le Premier ministre Jean-Claude Juncker et le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Le secrétaire général de l’ONU interviendra également en séance publique à la Chambre des députés.
Entrevues avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères
Les entrevues du secrétaire général Ban Ki-moon avec le Premier ministre Jean-Claude Juncker et le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn ont porté sur les relations bilatérales entre le Luxembourg et l’ONU et sur les priorités pour le second mandat du secrétaire général à la tête de l’ONU. Les dossiers de l’actualité politique européenne et internationale et plus particulièrement le processus de paix au Proche- et au Moyen-Orient ainsi que la situation en Syrie, au Mali, en Corée du Nord et en Iran ont été d’autres thèmes abordés lors des pourparlers.
"C’est un grand honneur pour ce pays de vous accueillir pour votre première visite officielle au Luxembourg", a dit le Premier ministre Jean-Claude Juncker à l’adresse du secrétaire général de l’ONU lors de la conférence de presse conjointe qui a suivi les deux entrevues, avant de préciser que celles-ci ont permis de s’échanger sur les sujets pertinents auxquels le secrétaire général et l’ONU sont confrontés tous les jours.
Le ministre des Affaires étrangères a souligné de son côté que le Luxembourg est membre fondateur, mais aussi et surtout un membre engagé de l’ONU. Ainsi le Luxembourg est le 54e contributeur au budget de l’ONU (en chiffres absolus). Il est même le 39e contributeur au budget de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, le 13e contributeur de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le 15e du UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), le 18e du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), le 18e de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) et le 19e du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Jean Asselborn a également cité la plateforme emergency.lu, présentée récemment par la ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Marie-Josée Jacobs, aux Nations unies à New York et qui permet de restaurer ou de renforcer les moyens de communication et de coordination en cas de catastrophe humanitaire. Actuellement, cette plateforme est utilisée au Sud-Soudan.
Rappelant que la dernière visite au Luxembourg d’un secrétaire général de l’ONU remonte à l’année 1989, Ban Ki-moon a souligné que le Luxembourg n’est pas seulement membre fondateur de l’ONU, mais surtout "un membre qui a pris au sérieux cette responsabilité dès le premier jour". Le secrétaire général a ensuite mis en avant la générosité exceptionnelle du Grand-Duché qui consacre plus de 1% de son RNB à l’aide publique au développement, "le taux le plus élevé au monde". "À un moment où les gouvernements coupent les budgets, le Luxembourg fait figure d’exemple."
Ban Ki-moon a ensuite loué l’engagement et le soutien du Luxembourg pour tous les sujets auxquels la communauté internationale doit faire face: "Nous bénéficions tous les jours de l’engagement et des visions du Luxembourg. Le Luxembourg privilégie la voie intégrative pour faire face aux défis globaux. C’est ce que nous devrions tous faire!"
Après avoir donné un aperçu de la situation en Syrie, au Sud-Soudan et au Mali, Ban Ki-moon a commenté la candidature du Luxembourg pour un siège non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU en 2013 et 2014. Tout en rappelant que cette décision sera prise par les États membres de l’ONU et non par le secrétaire général, Ban Ki-moon a espéré que des éléments comme les contributions aux missions de consolidation de la paix et dans le domaine du développement seront pris en compte par les États membres.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Premier ministre Jean-Claude Juncker et le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, ont poursuivi leur échange de vues lors d’un déjeuner de travail au château de Senningen. La ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Marie-Josée Jacobs, le ministre de la Défense, Jean-Marie Halsdorf, le ministre du Développement durable et des Infrastructures, Claude Wiseler, et le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration, Nicolas Schmit, y ont également assisté. À cette occasion, le secrétaire général a par ailleurs assisté à une présentation de la plateforme emergency.lu.
Intervention en séance publique à la Chambre des députés
Le secrétaire général de l’ONU a ensuite été reçu par le président de la Chambre des députés, Laurent Mosar. Après la signature du livre d’or de la Chambre, Ban Ki-moon est intervenu en séance publique.
Lors de son discours d'introduction, le président de la Chambre des députés a honoré l’engagement de Ban Ki-moon dans la lutte contre la pauvreté et en faveur des populations défavorisées dans un monde en pleine évolution. Il a salué les efforts en vue d’inciter les responsables politiques à assumer leurs responsabilités en faveur du maintien de la paix, du développement durable, du respect des droits de l’Homme et de la démocratisation. Laurent Mosar a surtout évoqué les nouvelles impulsions que le secrétaire général a données au niveau des Nations unies depuis le début de son 2e mandat.
En ce qui concerne le Grand-Duché de Luxembourg, le président a souligné que le pays s’est depuis longtemps engagé résolument pour la promotion de la paix ainsi que le multilatéralisme. "En temps de crise économique et financière, l’aide humanitaire ne doit pas souffrir sous les mesures d’austérité", a-t-il signalé, évoquant l’engagement luxembourgeois dans ce domaine. Il a rappelé que l’Union européenne promeut et protège aussi les valeurs de la liberté et de la démocratie, souvent en étroite collaboration avec l’ONU.
Le secrétaire général des Nations unies a ouvert son discours en remerciant, en langue luxembourgeoise, la Chambre des députés de pouvoir s’adresser aux parlementaires, constatant que le Luxembourg est un épicentre de la coopération internationale, avec sa société ouverte et multilingue. "Votre pays pratique le multilatéralisme au quotidien", a-t-il reconnu, saluant la générosité, la solidarité et l’engagement international du Luxembourg.
Il a remercié les députés pour leur vote favorable pour les fonds qui permettent au Luxembourg de se situer dans le groupe des pays consacrant 1% de leur revenu national brut à l’aide publique au développement, et a loué l'engagement luxembourgeois dans diverses missions de maintien de la paix. "Vous avez montré que ce n’est pas la taille d’une nation qui compte, mais son inspiration de faire une différence", a dit le secrétaire général.
Ban Ki-moon s’est ensuite concentré sur les défis auxquels le monde doit aujourd'hui faire face et a fait le point des crises diverses en Afrique et au Moyen-Orient. Il a rappelé ses 5 priorités fixées pour son 2e mandat, dont notamment la lutte contre le changement climatique et en faveur du développement durable, la prévention de conflits et de catastrophes naturelles ainsi que le soutien aux femmes et à la jeunesse.
Le secrétaire général des Nations unies a ensuite répondu aux questions des députés portant sur la faim dans le monde, la situation au Mali, la répression en Syrie, une réforme de l'architecture des Nations unies, la lutte contre le changement climatique, ainsi que les régulations du commerce international et du système financier mondial.
Conférence à l'Université du Luxembourg
En présence de Jean Asselborn, Ban Ki-moon a donné une conférence à l’Université du Luxembourg sur le rôle et le fonctionnement de l’ONU ainsi que sur la façon dont les jeunes peuvent contribuer à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, a été accueilli à l’université par le Prof. Dr. Franck Leprévost, vice-recteur pour les organisations et relations internationales.
Le vice-recteur a donné une brève présentation de l’Université du Luxembourg au secrétaire général, soulignant notamment deux principes fondamentaux de la philosophie de l’université, à savoir le multilinguisme ainsi que la mobilité des étudiants, l’université promouvant les études à l’étranger ainsi que les partenariats entre plusieurs universités au profit de ses étudiants.
Lors de son allocution, le secrétaire général s’est inspiré de la devise de l’Université du Luxembourg – multilingue, multinationale et interconnectée – afin d’illustrer que ces principes sont non seulement à la base de l’Organisation des Nations unies à New York, mais représentent notamment les piliers essentiels du monde globalisé du 21e siècle. Ils permettent désormais à un nombre croissant de jeunes de voir au-delà de leur propre pays, de voyager, de s’enrichir intellectuellement et de contribuer à améliorer la vie d’autrui.
Faisant référence à ses expériences de jeune étudiant, de ministre des Affaires étrangères de la République de Corée tout comme de secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a illustré ses perspectives personnelles pour le 21e siècle dans le contexte de la phase de transitions et défis globaux, tels que le changement climatique, la pauvreté, les crises alimentaires, le terrorisme ou les différents conflits dans le monde.
"Mais aucune nation ne peut faire face à ces défis seuls. Tous sont très étroitement liés et interconnectés. Ils ne respectent pas les frontières nationales. Nous ne pouvons faire face à ces problèmes que si nous les confrontons ensemble, en tant que communauté internationale", a souligné le secrétaire général.
Revenant sur les principes fondamentaux du multilinguisme, multinationalisme et l’interconnectivité du monde d’aujourd’hui, il a exhorté l’auditoire de devenir un citoyen global, qui s’engage pour le maintien de la paix et de la stabilité dans le monde, qui lutte contre les injustices et qui défend les droits de l’Homme.
"L’Organisation des Nations unies est votre organisation! Les jeunes du monde entier sont plus que jamais capables de façonner et d’influencer le monde, grâce notamment au potentiel énorme des médias sociaux. Nous tous pouvons nous mobiliser pour le changement. Les jeunes sont plus que jamais les leaders de demain", a conclu Ban Ki-moon.
Un dîner privé offert par LL.AA.RR. le Grand-Duc et la Grande-Duchesse en l'honneur du secrétaire général de l’ONU au château de Colmar-Berg a clôturé cette visite officielle au Luxembourg.
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