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Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé au Conseil "Affaires étrangères" (CAE) de l’Union européenne (UE) le 23 avril 2012 au Kirchberg.
Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont débuté leurs travaux du Conseil "Affaires étrangères" (CAE), sous présidence de la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, par une discussion sur la situation au Myanmar.
Les discussions ont porté sur les derniers développements dans le pays suite aux récentes élections partielles du 1er avril 2012. Les ministres ont salué la bonne conduite des élections partielles ainsi que les progrès réalisés dans le domaine du renforcement de l’état de droit et des libertés d’expression. Les ministres ont décidé la suspension des sanctions, mis à part l’embargo sur les armes, qui restera en place. Le Conseil a également étudié comment soutenir la poursuite de ce processus d’ouverture, se référant notamment à la libération des derniers prisonniers politiques, la conclusion d’accords entre les autorités centrales et les différentes minorités ainsi que la réforme et la consolidation de l’état de droit.
Dans le contexte des nombreuses conférences internationales prévues dans les prochains mois, à savoir le sommet de l’OTAN à Chicago les 20 et 21 mai, la conférence de Kaboul les 12 et 13 juin à Istanbul sur le processus régional d’intégration ainsi que la conférence des donateurs à Tokyo le 8 juillet, le Conseil de l’Union européenne a mené une discussion approfondie sur la situation actuelle en Afghanistan. Les discussions ont porté sur le rôle joué par l’UE dans la perspective d’être pleinement associée aux différentes conférences en tant que "partenaire stratégique". Au vu des différentes conférences, les ministres ont eu un premier échange de vues à ce sujet en vue d’établir la position de l’Union européenne pour le sommet OTAN et les deux autres conférences lors du prochain Conseil "Affaires étrangères" le 14 mai.
Suite aux coups d’État consécutifs qui ont eu lieu au Mali le 22 mars et en Guinée-Bissau le 12 avril, ainsi que la montée des tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud, le Conseil s’est penché sur la situation actuelle dans ces pays et sur la réaction appropriée de la part de l’UE.
En ce qui concerne le Mali, les ministres ont discuté de la transition en cours et se sont entretenus sur les progrès réalisés sur la voie de la transition politique. Ils ont rappelé l’importance d’une restauration rapide de l’ordre constitutionnel et la préservation de l’intégrité territoriale du pays. Ils se sont concentrés sur la question d’un éventuel soutien de l’UE à une mission militaire de la CEDEAO dans le cadre de la stratégie de sécurité et de développement dans la région du Sahel et ont également évoqué la question de la reprise de la coopération au développement.
Concernant la Guinée-Bissau, le Conseil a condamné le coup d’État, a exigé le retour du gouvernement légitime et la reprise du processus électoral qui a été interrompu et a rejeté la mise en place du Conseil national de transition. Les ministres ont également réfléchis à la mise en place d’un régime de sanctions appropriés.
Au sujet des relations entre le Soudan et le Soudan du Sud, le Conseil a examiné la situation suite à l’intensification des tensions entre les deux pays et a appelé les deux parties à revenir à la table des négociations en vue de résoudre les questions en suspens de façon pacifique. Le Conseil a exprimé ses vives préoccupations face à la détérioration de la situation, appelant les deux gouvernements à retirer ses forces armées de la frontières et d’arrêter les raids sur les territoires limitrophes. Le Conseil a appelé les deux côtés d’honorer les engagements pris dans le cadre du mémorandum d’entente de non-agression et de coopération, signé le 10 février 2012.
Le Conseil a poursuivi ses travaux par une discussion sur plusieurs points, dont notamment une brève mise au point de la situation actuelle au Bélarus. Les ministres ont fait un état des lieux des derniers développements en Libye dans le contexte des difficultés rencontrées lors du processus de transition démocratique dans le pays. Ils ont eu un échange de vues sur la décision du gouvernement argentin de procéder à l’expropriation de la participation majoritaire de l’entreprise espagnole Repsol dans YPF et ont abordé la situation en Suriname suite à l’adoption d’une loi d’amnistie adoptée par l’Assemblée nationale du Suriname accordant l’immunité pour des violations des droits de l’Homme commises entre avril 1980 et août 1992.
Le déjeuner de travail a été consacré aux développements dans la région du Proche- et Moyen-Orient et plus particulièrement en Syrie et en Iran, ainsi qu’au processus de paix au Proche-Orient. Au sujet de la Syrie, les ministres ont fait le point des récents événements au niveau des Nations unies ainsi que sur le terrain dans le contexte du cessez-le-feu fragile et de la mise en place de la mission d’observation. Les ministres ont appelé au plein respect des six points du plan Annan et ont décidé une extension du régime de sanctions, comprenant désormais les produits de luxe ainsi que les produits dérivés de produits chimiques.
En ce qui concerne l’Iran, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, a présenté un rapport de la réunion "E3+3" du 14 avril. Les ministres ont eu un échange de vues en perspective de la prochaine réunion, prévue à Bagdad. Les ministres ont salué la reprise des négociations avec l’Iran.
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