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Le 24 octobre 2012, le ministre de la Défense, Jean-Marie Halsdorf, a commenté les principales conclusions du rapport de Marc Fischbach sur l’état d’avancement de la réforme de l’armée de 2007.
En guise d’introduction, Jean-Marie Halsdorf a rappelé qu’il avait fait appel à l’ancien médiateur Marc Fischbach pour le charger de dresser un état de l’avancement de la réforme de l’armée initiée en 2007. À cette occasion, il a également mis en exergue l’expérience que Marc Fischbach avait accumulée en tant qu’ancien ministre de la Défense et "qui lui a permis de livrer une appréciation indépendante du processus de réforme, de cerner les failles et d’identifier les éventuels ajustements nécessaires". Le ministre de la Défense a tenu à rappeler que l’objectif était de s’assurer que l’armée sera apte à assumer pleinement son rôle dans le cadre d’une défense moderne et de répondre aux défis du 21e siècle.
Jean-Marie Halsdorf, qui a qualifié le rapport "de sobre et bien équilibré", a estimé qu’il constitue une solution "à la fois intelligente et praticable". Le ministre a, en outre, constaté que la plupart des pistes esquissées par Marc Fischbach se recoupaient largement avec les réflexions qui ont été menées par la Direction de la défense.
Un rapport articulé autour de 6 chapitres
Pour rédiger son rapport, Marc Fischbach s’est basé sur un certain nombre d’entretiens individuels avec des professionnels de l’armée et des représentants du monde syndical ainsi que sur des analyses. Marc Fischbach a également été chargé de se pencher sur les récents incidents préjudiciables au bon fonctionnement et à l’image de l’armée.
Le rapport de Marc Fischbach sur l’état d’avancement de la réforme de l’armée s’articule autour de 6 chapitres:
- De l’atmosphère au sein de l’armée;
- Du manque de communication au sein de l’armée;
- De l’exemplarité de la hiérarchie;
- Réflexions sur une réforme inachevée;
- De la répartition des charges entre l’État-major et le centre militaire;
- De l’opportunité d’une prolongation du service militaire.
Marc Fischbach a tout d’abord attiré l’attention sur l’atmosphère au sein de l’armée "qui est loin d’être rassurante". Il a estimé que la responsabilité du malaise est largement partagée entre la hiérarchie et le syndicat professionnel de l’armée.
Marc Fischbach a ensuite expliqué qu’il faut consentir des efforts pour améliorer la communication et l’information "qui sont le corollaire de l’obéissance et de la loyauté de tous les professionnels de l’armée". "Les professionnels de l’armée ont le droit de connaitre le sens de leurs devoirs et missions", a-t-il jugé avant d’ajouter qu’une bonne motivation des décisions permet d’inciter les acteurs à assumer leurs responsabilités.
Abordant l’organisation proprement dite de l’armée, il a proposé de redéfinir les rôles respectifs de l’État-major et du centre militaire afin d’éviter "trop de redondances et des dédoublements de fonctions" qui constituent un frein au fonctionnement de l’armée luxembourgeoise. Le recentrage de la fonction du chef d’État-major sur son rôle de planificateur et de conseilleur militaire se solderait, selon Marc Fischbach, par une réduction du personnel à l’État-major et permettrait d’affecter les officiers ou sous-officiers à d’autres tâches. Le service administratif de l’armée pourrait être centralisé dans un seul local.
Pour faire face à la pénurie de soldats volontaires, Marc Fischbach a évoqué la possibilité de prolonger le service militaire d’une année arguant que "l’employabilité plus longue du soldat pour une durée de 5 ans augmenterait sensiblement la rentabilité du soldat".
L’ancien médiateur s’est exprimé en faveur d’une intégration de l’école de l’armée dans les structures de l’éducation nationale. Cette intégration présenterait un double avantage:
- offrir aux soldats un enseignement plus varié et dans de meilleures conditions,
- permettre à l’armée de se recentrer sur son "core business".
Afin d’endiguer les contestations relatives au droit de priorité absolue accordée aux soldats volontaires, Marc Fischbach a plaidé pour l’introduction de quotas tant pour les soldats non UDO "Unités de disponibilité opérationnelles" par rapport aux soldats UDO que pour les civils par rapport aux militaires.
Jean-Marie Halsdorf a finalement annoncé que le rapport sera soumis pour avis écrit aux professionnels de l’armée.
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