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Le 29 octobre 2012, le Premier ministre Jean-Claude Juncker s’est vu remettre le BELA Award 2011 de la fondation BELA (Broader European Leadership Agenda) en reconnaissance de "ses mérites exceptionnels pour la réalisation des objectifs et idées de l’Union européenne (UE) et son engagement continu pour l’intégration et la stabilité de l’UE".
La remise du prix a eu lieu à l’Université du Luxembourg en présence de son recteur Rolf Tarrach, de la fondatrice et présidente de la fondation BELA, Barbara Monheim, et du commissaire européen Janusz Lewandowski. Le discours en l’honneur du lauréat a été rédigé par le professeur Marek Belka, ancien Premier ministre polonais et actuel président de la Banque centrale de Pologne.
Selon Barbara Monheim, il s’agit "d’honorer avec ce prix les figures exemplaires de notre société dont les mérites peuvent servir de guide pour les autres, et notamment les jeunes". Selon elle, le Premier ministre luxembourgeois fait partie "des leaders exemplaires en Europe et joue un rôle central dans la gestion de l’actuelle crise".
Dans le discours d’éloge, lu par l’ambassadeur de la Pologne au Luxembourg, la facilité pour Jean-Claude Juncker de communiquer, grâce à ses compétences linguistiques, avec les citoyens en Europe a été mise en avant, de même que son talent de fin négociateur. Faisant référence au sommet de Dublin en 1996, qui a valu à Jean-Claude Juncker le surnom de "héros de Dublin", le laudateur a demandé ce que l’Europe serait aujourd’hui sans Jean-Claude Juncker qui a révélé à Dublin son talent de négociateur entre l’Allemagne et la France.
Lors de son intervention intitulée "Let’s not waste this crisis", le Premier ministre Jean-Claude Juncker a tout d’abord loué la fondation BELA qui vise à "construire un pont entre les performances parfois faibles de ma génération et les ambitions et souhaits des prochaines générations".
Il a ensuite insisté sur le fait que "nous ne sommes pas confrontés à une crise de l’euro, mais à une crise de la dette publique dans certains pays de la zone euro". "Et dans cette crise de la dette publique, nous oublions parfois que les augmentations des déficits publics, provoquées par les programmes de relance de la conjoncture, ont été nécessaires afin de répondre à la crise économique et financière de 2008", a expliqué le Premier ministre et président de l’Eurogroupe, avant de se prendre aux nombreux "gurus financiers" qui ont d’abord conseillé des politiques anticycliques, puis, surpris par l’augmentation des déficits publics, prôné la réduction de ceux-ci. "Et dès que nous avions commencé à réduire les déficits publics, ils ont mis en garde contre les conséquences néfastes sur la relance économique", s’est étonné le Premier ministre luxembourgeois.
Estimant que la situation relative aux dettes et déficits publics en zone euro est en train de s’améliorer, le président de l’Eurogroupe s’est dit confiant quant à une sortie de la crise, sous condition de poursuivre la consolidation budgétaire et la mise en œuvre de réformes structurelles qui, selon lui, mettent parfois des années pour dévoiler leur potentiel.
Ceci dit, "nous ne nous occupons pas assez des succès du passé. Nous ne sommes pas assez fiers de ce que nous avons accompli parce que nous n’en prenons plus note", a critiqué le Premier ministre qui a fait allusion au projet de paix qu’est l’Union européenne, à la création du marché intérieur ou encore au lancement de l’euro. "Que serait devenu l’Europe après la guerre en Irak, après le 11 septembre, après la chute de Lehmann Brothers, si nous n’avions pas pu nous baser sur l’euro ou le marché intérieur", a-t-il demandé.
À l’heure actuelle, il importe pour l’Union européenne de montrer au reste du monde comment elle imagine son propre développement, a noté Jean-Claude Juncker qui, de son côté, a demandé aux États membres de renoncer à davantage de souveraineté nationale, et de mettre en œuvre une meilleure coordination des politiques économiques, un renforcement des pouvoirs du commissaire aux Affaires économiques et monétaires ainsi que la mise en place d’une union bancaire intelligente.
Face à la diminution continue et certaine du poids démographique de l’Europe dans le monde, "il faut faire plus d’Europe", a insisté le Premier ministre luxembourgeois. "Et pour y arriver, nous avons besoin de l’euro. Car celui qui dispose d’une monnaie forte, gardera toute son influence sur la scène internationale."
Le Premier ministre a conclu en disant qu’il faut arrêter de parler d’une sortie de la Grèce de la zone euro ainsi que d’une disparation de l’euro. "Lorsque le monde aura compris que la Grèce restera membre de la zone euro et que l’euro ne disparaîtra pas non plus, la crise de confiance touchera à sa fin."
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