|
Le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, ainsi que le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Marie-Josée Jacobs, ont participé au Conseil "Affaires étrangères" (CAE) de l’Union européenne (UE) le 15 octobre 2012 au nouveau Centre de conférence au Kirchberg.
Le dimanche 14 octobre, un dîner informel a précédé la réunion du Conseil, réunissant les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE et le ministre russe des Affaires étrangères, M. Sergei Lavrov.
Le lundi matin, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont débuté les travaux du Conseil "Affaires étrangères", sous présidence de la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune, Catherine Ashton, par une discussion sur l'évolution récente de la situation dans le voisinage méridional de l'UE, et notamment en Syrie. Le Conseil a discuté des derniers événements intervenus dans le pays et a procédé à un échange de vues sur un large éventail de questions connexes, à savoir l'assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées à l'intérieur du pays, les implications régionales du conflit, les contacts avec l'opposition syrienne et le soutien de l'UE aux efforts diplomatiques du représentant spécial conjoint, M. Lakhdar Brahimi, pour mettre fin à la violence. Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 320 000 réfugiés syriens sont arrivés dans les pays voisins, tandis que 1,2 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays. À ce jour, l'UE et ses États membres ont consacré plus de 121 millions d'euros à l'aide humanitaire sous forme d'aide médicale et d'aide aux réfugiés. Faisant allusion au bombardement, le 3 octobre dernier, du village frontalier turc d'Akçakale, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a appelé à "tout faire pour ne pas internationaliser le conflit en Syrie" et a rappelé dans ce contexte qu’une intervention militaire de l’étranger ne ferait qu’empirer la situation. Il s’est également exprimé en faveur de l’idée de faire bénéficier les sites médicaux en Syrie d’un statut de protection particulier, afin de pouvoir venir en aide aux personnes blessés.
Le Conseil s’est ensuite penché sur la situation actuelle en Egypte et a fait le bilan des travaux préparatoires de la réunion de la "task force" avec l'Egypte, prévue le 13 novembre au Caire. L'UE, étant le principal partenaire commercial de l'Egypte, a attribué un budget de 160 millions d'euros d'aide à l'Égypte pour la seule année 2012, aux fins de la réforme du secteur de l'énergie et de l'eau et dans les domaines de l'éducation et de la formation ainsi que de l'emploi, ceci dans le cadre de l'Instrument européen de voisinage.
Les ministres ont ensuite débattu de la situation au Mali. Le Conseil a réfléchi à la forme que pourrait prendre une aide de l'UE au secteur de la sécurité du Mali et a adopté des conclusions. Depuis le coup d'État du 24 mars 2012, l'UE a suspendu l'aide au développement destinée au Mali (y compris l'appui budgétaire), à l'exception des actions apportant un soutien direct à la population, à la transition démocratique et à l'aide humanitaire. La coopération au développement mise en place par l'UE reprendra en fonction des progrès réalisés conformément à une feuille de route de transition, une fois que celle-ci aura été approuvée. L’UE reconnaît l’urgence d’agir rapidement face à la détérioration de la situation et la création d’une zone de non-droit aux frontières sud de l’Europe où terrorisme et criminalité pourront proliférer librement et les ministres discuteront donc également sur de possibles éléments CSDP. Le ministre Asselborn a souligné qu’il faut encourager le processus de transition en cours, afin d’assurer un retour complet à l’ordre constitutionnel. "C’est le point de départ fondamental qui permettra tout le reste, y compris la reprise graduelle de la coopération", a dit M. Asselborn, rappelant à cette occasion que le Mali est un des pays-cibles de la coopération au développement luxembourgeoise. Il a également mis en exergue le rôle crucial de l’UE qui, en coopération étroite avec la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations Unies et le Conseil de sécurité, doit continuer à soutenir les efforts des différents acteurs afin de trouver une solution durable à la crise.
Le Conseil a par ailleurs fait le point sur le processus de paix au Proche-Orient. Les ministres ont fait un état des lieux du processus de paix au Proche-Orient, dans le prolongement des travaux de l'assemblée générale des Nations unies du mois de septembre.
Les ministres ont ensuite eu une discussion sur les négociations avec l'Iran au sujet du programme nucléaire de ce pays. Le Conseil a discuté des pourparlers menés avec l'Iran concernant le programme nucléaire de ce pays, sur la base des informations communiquées par la Haute représentante concernant ses contacts les plus récents avec la partie iranienne et avec ses partenaires des E3+3. Compte tenu des profondes préoccupations de l'Union européenne concernant le programme nucléaire de l'Iran, le Conseil de l'UE a aujourd’hui renforcé de manière significative les mesures restrictives à l'encontre de ce pays. Les ministres ont ainsi réitéré leurs préoccupations sérieuses et profondes sur le programme nucléaire de l’Iran et l’ont appelé à se conformer à toutes ses obligations internationales. Ils ont également rappelé l’engagement de longue date à travailler en faveur d’une solution diplomatique à la question nucléaire iranienne, en conformité avec "l’approche double". Les décisions ciblent les revenus du gouvernement iranien pour ces programmes, le Conseil prenant des mesures supplémentaires pour s'assurer que les institutions financières de l'UE ne traitent pas les fonds susceptibles de contribuer aux programme nucléaire de l'Iran ou de la mise au point des missiles balistiques. Le Conseil a également interdit l'importation de gaz naturel iranien vers l'UE. Ces mesures portent sur l'importation, l'achat et le transport de gaz, ainsi que le financement et toute assurance liée à ces activités.
Enfin, les ministres se sont penchés sur la suite à donner au sommet UE-Chine qui s'est tenu le 20 septembre à Bruxelles, afin de préparer un l’échange de vues qui se tiendra lors du Conseil européen des 18 et 19 octobre. Le sommet avait permis d'examiner les relations bilatérales à la fin du mandat de M. Wen Jiabao comme premier ministre.
Le déjeuner de travail a été consacré à un échange de vues sur les élections qui ont eu lieu récemment dans le voisinage oriental de l'UE, à savoir en Biélorussie et en Géorgie.
Après le déjeuner, les ministres du développement ont eu un débat d'orientation sur l’agenda de développement de l’après 2015, c’est-à-dire sur la suite qu’il convient de donner aux Objectifs du millénaire pour le développement et le lien de cet agenda avec le suivi du sommet Rio + 20. Les ministres ont également eu un échange de vues sur le soutien de l'union en faveur du changement durable dans les sociétés en transition démocratique. Ces travaux ont été suivis d'un débat sur l'approche de l'UE sur la résilience : il s’est agi de tirer les leçons des dernières crises de sécurité alimentaire, notamment en Corne d’Afrique et au Sahel, et d’assurer une meilleure interaction entre aide humanitaire et développement. Les ministres ont adopté quatre séries de conclusions, et notamment des conclusions sur l'engagement de l'Europe avec la société civile dans le domaine des relations extérieures, ainsi que sur la protection sociale dans le cadre de la coopération au développement de l'Union européenne.
Communiqué par le ministère des Affaires étrangères
|