Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine, Monsieur le Président de la République du Mali, Mesdames et Messieurs les Ministres, Excellences, Mesdames et Messieurs,
Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour venir en aide à un pays ami, le Mali, avec lequel mon pays, le Luxembourg, entretient des relations d’amitié et de partenariat de longue date. Je voudrais rappeler ici que le Luxembourg était l’un des rares pays à soutenir des projets de développement dans le nord du pays, à Kidal notamment. Des projets culturels avaient vu le jour également, notamment dans le but de protéger le trésor culturel que constituent les Manuscrits de Tombouctou.
La situation au Mali est une source d’inquiétude pour nous tous. Les risques qui pèsent sur le Mali dépassent les frontières maliennes. Il s’agit clairement d’une menace à la paix et à la sécurité internationales, face à laquelle nous ne pouvons pas rester indifférents.
Vu la tournure encore plus inquiétante qu’ont pris les évènements depuis le début de l’année, il était important d’agir vite. Je ne peux que saluer l’action menée par la France, en soutien à l’armée malienne et désormais rejointe par des forces armées africaines. Si je soutiens pleinement l’intervention française, sans laquelle le Mali risquait fort de tomber aux mains de terroristes, je comprends évidemment que c’est la Communauté internationale dans son ensemble qui doit désormais se mobiliser pour soutenir le Mali. Ici comme ailleurs, l’union fait la force. C’est pourquoi, le Luxembourg a plaidé au Conseil de Sécurité de l’ONU en faveur d’un déploiement accéléré de la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). Cela doit désormais être notre priorité, de même que l’équipement et la formation des forces armées maliennes.
En tant que partenaire responsable et solidaire, le Luxembourg s’engage ici à apporter sa contribution. Ainsi, le Luxembourg contribuera de façon substantielle, à hauteur de 4 millions d’euros, au(x) Fonds mis en place par l’ONU sur base de la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cet effort est rendu possible par le déblocage rapide de fonds supplémentaires par le gouvernement luxembourgeois. Il sera complété par l’engagement luxembourgeois en faveur de la formation des forces armées maliennes. Le Luxembourg participera en effet à la mission de formation des forces armées maliennes, mise en place dans le cadre de l’Union européenne. La formation des forces armées maliennes est indispensable pour l’avenir du Mali et il faudra en particulier veiller à ce que le respect des Droits de l’Homme fasse partie intégrante de cette formation.
Alors que nous sommes ici réunis principalement pour financer la MISMA et les Forces armées maliennes, permettez-moi de rappeler que si l’intervention militaire est nécessaire, elle ne doit pas faire perdre de vue l’importance de mener en parallèle un processus politique. Dans ce contexte, je salue l’adoption par le gouvernement malien d’une feuille de route pour la transition. J’espère qu’elle sera entérinée rapidement par l’Assemblée nationale malienne et qu’elle sera mise en oeuvre pour permettre au processus politique d’avancer. Je ne peux que souligner l’extrême importance d’un processus inclusif de réconciliation nationale. Je tiens par ailleurs à insister sur le fait que le respect du droit international humanitaire est essentiel et qu’il est absolument nécessaire de s’abstenir de tout comportement qui risquerait de compromettre les perspectives de réconciliation nationale.
Qu’il me soit par ailleurs permis ici de rappeler à nouveau le lien intrinsèque qui existe entre sécurité et développement et qui sous-tend la politique étrangère du Luxembourg. L’urgence au Mali est sécuritaire. Cela rend l’intervention militaire nécessaire. Mais une fois cette urgence passée, il ne faudra pas négliger le développement, notamment du nord du Mali. Le Luxembourg, pays partenaire du Mali en matière de coopération au développement, se tient bien entendu prêt à reprendre sa coopération, dès que les conditions seront remplies. En attendant de pouvoir reprendre la coopération au développement, le Luxembourg continuera en 2013 à financer l’aide humanitaire en faveur du Mali, notamment par le biais d’une contribution annoncée de 500 000€ au Comité International de la Croix Rouge, qui viendra compléter l’aide humanitaire de 3.6 millions € déboursés l’année passée par mon pays.
Je voudrais conclure en disant que cette Conférence n’est pas une fin en soi, mais le début d’un nouveau chapitre, qui nécessite la mobilisation internationale et surtout une coopération internationale exemplaire entre tous les acteurs impliqués pour venir en aide au Mali.
Je vous remercie pour votre attention.
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