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Interview
"Rester cohérent". Nicolas Schmit au sujet des retours forcés de demandeurs d'asile déboutés
"La Voix" du 25-07-2008

Vers le niveau supérieur
La Voix: Récemment, plusieurs organisations dont l'ASTI et l'ACAT ont critiqué le retour forcé d'une mère nigériane et de sa fille de trois ans...

Nicolas Schmit: Cette personne avait effectivement demandé l'asile, mais il lui a été refusé. Il a été conclu que sa vie ne serait pas menacée. Il faut alors se poser la question de savoir, aussi terrible que cela puisse sonner, s'il est d'emblée exclu de renvoyer des personnes avec des enfants. Nous ne pouvons pas donner le signal qu'il faut avoir un enfant pour pouvoir rester au Luxembourg.

La Voix: L'ASTI et l'ACAT ont également dit qu'il n'y avait pas d'observateurs pour ce retour.

Nicolas Schmit: Il y avait des observateurs, c'était un vol commun avec des personnes déboutées notamment en Irlande, en Espagne et en France, le tout sous la surveillance de Frontex. Il est alors difficile d'avoir un observateur luxembourgeois sur un tel vol, mais avant le départ, cette personne a vu un observateur luxembourgeois.

La Voix: Le CLAE estime quant à lui qu'il n'est pas responsable de renvoyer des personnes au Kosovo.

Nicolas Schmit: Le Kosovo, c'est un cas spécial. Premièrement, nous l'avons reconnu il y a quelques mois. C'est une reconnaissance qui se base sur son développement et sur sa protection des minorités. Et ce ne sont pas que des concepts théoriques, nous avons vu cela en pratique. Et deuxièmement, nous ne sommes pas les seuls à renvoyer des personnes au Kosovo. Je viens de parler à mon homologue suédois qui me l'a confirmé (Nicolas Schmit était au conseil Justice et Affaires intérieures hier, ndlr). Et la Suède est pourtant connue en tant que politique très tolérante en matière d'immigration. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous singulariser en Europe et d'ignorer que la situation s'améliore au Kosovo. L'an dernier. environ 220 personnes sont venues du Kosovo au Luxembourg. Ce chiffre peut sembler modeste comme cela, mais vu proportionnellement, c'est comme si 30.000 personnes étaient allées en France.

Il faut aussi savoir que sont surtout concernés par un retour volontaire les gens qui sont venus après le ler1 er janvier 2005. Pourquoi 2005? Mais parce que la situation s'est notablement améliorée au Kosovo depuis cette date. Ces personnes qui rentrent volontairement reçoivent une indemnité du gouvernement luxembourgeois et leur accueil et leur intégration sur place sont assurés par l'organisation internationale pour les migrations. On ne se débarrasse pas simplement de ces gens.

La Voix: Et les retours forcés?

Nicolas Schmit: Il y a retour forcé quand les gens n'acceptent pas le retour volontaire. Nous sommes alors hélas, et je souligne le mot hélas, forcés de les ramener. Mais nous ne sommes pas les seuls maîtres à bord. Il nous faut également l'autorisation de l'lntérim Administration Mission in Kosovo qui a établi des règles précises entrées en vigueur cette année. Ce n'est donc pas arbitraire, s'il y a un risque, le retour n'est pas autorisé.

La Voix: Combien de cas y a-t-il actuellement?

Nicolas Schmit: Il n'y a pas beaucoup de retours dans l'année, car nous attendons les vacances pour que les enfants qui sont scolarisés ici puissent terminer leur année. Actuellement, il y a environ 80 familles qui sont concernées.

La Voix: Déi Jonk Gréng et la Jonk Lénk ont appelé à manifester lundi face au ministère de l'lmmigration. Qu'allez-vous leur dire?

Nicolas Schmit: Que je respecte leur attitude, mais que la responsabilité que l'on porte quand on gère un tel ministère est aussi de tenir compte du contexte global. On ne peut pas donner le signal de garantir systématiquement l'asile au Luxembourg comme on pourrait l'espérer. On a la volonté de faire preuve de beaucoup d'humanité, mais étant donné le contexte global, il faut parfois pouvoir voir au-delà de destinées individuelles et rester cohérent dans notre politique.



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