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Le Jeudi: Quel premier bilan tirez-vous de votre mandat?
Mars Di Bartolomeo: Lors de mon arrivée au ministère je voulais faire passer un plan national de santé par le biais d'une loi-cadre. Mais je me suis vite ravisé. J'ai préféré m'engager vers des réformes faites en consultation avec les professionnels de santé par le biais de conférences nationales annuelles (la dernière s'est tenue ce 4 mars) desquelles naissent de nouvelles idées. Car le plan national de santé est un chantier permanent qui s'enrichit continuellement de nouveaux champs d'activités.
Le Jeudi: Pourquoi avez-vous mis l'accent sur la prévention?
Mars Di Bartolomeo: Avant on attendait la maladie pour la soigner. Aujourd'hui l'approche a totalement changé. J'ai d'abord mis l'accent sur la promotion de la santé: bien manger, bouger. Si l'on suit quelques règles de base, on vit forcément mieux. Ensuite j'ai été très clair sur les ennemis notoires de la santé que sont la drogue, l'alcool, le tabac. Enfin, vient la prévention avec le dépistage. À côté du programme classique de la mammographie, nous avons introduit le dépistage du cancer du côlon, la reconnaissance des maladies cardiovasculaires en instaurant des check-up réguliers, la vaccination du cancer du col de l'utérus remboursée à 100%, unique en Europe, l'école du dos, ou encore l'aide au sevrage tabagique.
Le Jeudi: Et au niveau curatif?
Mars Di Bartolomeo: Nous avons récemment mis en place les maisons médicales qui sont aussi une bonne manière de promouvoir la médecine générale. Pour ce qui est des hôpitaux, nous mettons l'accent sur le volet ambulatoire qui permet notamment de faire des économies. Là aussi, les choses commencent à changer, les gens comprennent que certaines opérations ne nécessitent pas une semaine d'hospitalisation.
Le Jeudi: Le plan hospitalier est-il prêt?
Mars Di Bartolomeo: Oui. Il sera présenté pas plus tard que ce mois-ci. L'idée globale est de documenter les activités des hôpitaux et de développer les centres de compétences. Il y a trois idées clés: la modernisation et la restructuration - le centre hospitalier du Nord en est un bon exemple; la transparence et l'efficacité de la distribution des moyens; enfin il faut assurer la qualité et améliorer le lien entre patients et hôpitaux.
Le Jeudi: La loi sur la lutte antitabac va-t-elle être révisée avant les élections?
Mars Di Bartolomeo: Non. Je rappelle, au passage, que grâce à cette loi il y a un gros quart de fumeurs en moins. La prochaine étape sera l'interdiction totale dans les entreprises et là où se retrouvent des jeunes. Cela devrait se faire rapidement. Quant à l'interdiction de fumer dans les cafés, ce n'est pas pour tout de suite. Il faudra engager une longue discussion avant de pouvoir aller dans ce sens.
Le Jeudi: Quelles sont alors les chantiers avant juin?
Mars Di Bartolomeo: Le plan hospitalier, le règlement sur la santé scolaire, le centre hospitalier du Nord et un projet pilote de structure nationale de médiation santé. En outre, le prochain qui occupera mon siège ne trouvera pas de tiroirs vides, le travail préparatoire sur la loi de protection des patients sera bouclé, la loi hospitalière devra être réformée, adaptée, précisée, le dossier informatique du patient mis en place.
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