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> home > Salle de presse > Interviews > Mars 2009 > "Donner envie de s'engager". Marie-Josée Jacobs au sujet du bénévolat au Luxembourg

Interview
"Donner envie de s'engager". Marie-Josée Jacobs au sujet du bénévolat au Luxembourg
"La Voix du Luxembourg" du 28-03-2009

Vers le niveau supérieur
Virginie Orlandi: Comment se porte le bénévolat luxembourgeois?

Marie-Josée Jacobs: Il va moins bien qu'il y a quelques années mais il n'est pas en péril pour autant. Ce qu'il faut comprendre, c'est que notre société a changé et que le bénévolat n'est plus le mouvement de société qu'il a pu être par le passé.

Virginie Orlandi: C'est-à-dire?

Marie-Josée Jacobs: Le bénévolat a toujours été une histoire de famille et quand les parents étaient engagés au sein d'une association, il n'était pas rare de voir les enfants s'engager à leur tour dans la même association.

Virginie Orlandi: Continuer l'action sur une route toute tracée, en quelque sorte?

Marie-Josée Jacobs: En effet, les enfants continuaient ce que les parents avaient commencé, mais de nos jours, ce n'est plus le cas. Les gens font toujours du bénévolat mais de manière différente, ils ne s'engagent plus pour des années, voire une vie, mais sur des périodes courtes, des sortes de missions d'un an ou deux. Et c'est ceci qui pose problème pour beaucoup d'associations car l'engagement n'est plus aussi profond qu'avant.

Virginie Orlandi: Comment peut-on expliquer ce phénomène?

Marie-Josée Jacobs: A mon avis, de deux manières. Tout d'abord, les gens sont très sollicités sur leur lieu de travail de nos jours et ils n'ont peut-être pas la motivation de s'investir à 100% dans une autre activité. Ensuite, on a remarqué actuellement que les gens cherchent une activité qui procure de la satisfaction et qu'ils sont peu enclins à s'occuper du travail administratif d'une association. Et il faut bien reconnaître que c'est souvent ce qu'on demande aux bénévoles d'une association.

Virginie Orlandi: Quelles mesures le ministère peut-il prendre en faveur du bénévolat?

Marie-Josée Jacobs: Notre idée est de créer des ponts entre les associations, fondations ou institutions qui recherchent des bénévoles et le public. Et là, le travail de l'agence pour le bénévolat est très important car il existe aussi des cas où des gens qui ont envie de s'engager ne savent pas comment le faire ni où s'adresser pour avoir des renseignements. L'agence informe, oriente et permet à ces gens de s'engager.

Virginie Orlandi: Et pour les autres, ceux qui ne connaissent pas ou qui n'ont pas cette idée?

Marie-Josée Jacobs: Nous ciblons surtout les jeunes en essayant de trouver un dialogue avec les différentes associations pour la jeunesse comme les maisons relais, les maisons de jeunes, les clubs sportifs ou culturels afin de créer des ponts vers d'autres associations et nous nous sommes aperçus que les jeunes sont souvent mal informés sur le sujet mais qu'une fois qu'ils le sont, certains d'entre eux ont envie de s'engager dans un travail de bénévolat.

Virginie Orlandi: Un autre phénomène qui touche actuellement le bénévolat est la validation des acquis et des compétences, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s'agit?

Marie-Josée Jacobs: Il s'agit ici de valoriser le bénévolat dans le but de donner davantage envie aux gens de s'engager en leur permettant de mettre en évidence leurs acquis et leurs compétences auprès de leur employeur. Ceci n'est pas encore en place et devrait permettre au bénévolat d'être une plus-value sur un CV, par exemple.

Virginie Orlandi: Des groupes de travail se sont réunis dernièrement pour mener une réflexion sur le bénévolat, quels étaient-ils?

Marie-Josée Jacobs: Il s'agit de trois groupes du conseil supérieur du bénévolat qui ont réfléchi a l'assurance accident, à la Semaine pour le bénévolat et à la carte du bénévole de plus de 26 ans.

Virginie Orlandi: Que dire à propos de l'assurance accident des bénévoles?

Marie-Josée Jacobs: Il est important de garantir une couverture en cas de problèmes aux personnes bénévoles et c'est surtout vrai pour les pompiers bénévoles. Au Luxembourg, il n'y a pas de définition exacte du bénévolat mis à part dans la charte du bénévolat. Un projet de loi a été échafaudé pour une réforme de l'assurance en cas d'accident.

Virginie Orlandi: A quoi sert la Semaine du bénévolat et quand se déroulera-t-elle?

Marie-Josée Jacobs: Du 4 au 8 mai et il s'agira de sensibiliser les jeunes en deux volets: un volet théorique qui leur expliquera ce qu'est le bénévolat et comment ils peuvent s'y investir, et un autre volet pratique sous forme d'actions comme une journée avec des pompiers. Ils doivent également s'occuper de l'élaboration d'une banque alimentaire.

Virginie Orlandi: En janvier, une carte du bénévole de plus de 26 ans a été lancée. En quoi consiste cette carte et comment a-t-elle été perçue par le public?

Marie-Josée Jacobs: Cette carte a été mise en place pour valoriser les jeunes de plus de 26 ans engagés dans une action bénévole depuis au moins un an à hauteur de 8 heures par semaine. Elle leur permet d'avoir des avantages dans certains magasins ou pour leurs loisirs. Depuis janvier, 263 cartes ont été accordées.

Virginie Orlandi: Pourquoi miser autant sur la jeunesse?

Marie-Josée Jacobs: Si on a longtemps considéré l'école comme un lieu d'intégration performant, on remarque aujourd'hui que le travail bénévole ouvre des perspectives de ce côté-là. Au Luxembourg, beaucoup de pompiers volontaires sont d'origine cap-verdienne ou portugaise. Un des points forts du bénévolat, c'est justement la cohésion sociale et l'intégration des jeunes issus de l'immigration.

Virginie Orlandi: Y a-t-il un changement également au niveau de la formation des bénévoles?

Marie-Josée Jacobs: Oui, et un très grand. De nos jours, on ne peut plus se permettre d'envoyer sur le terrain des bénévoles sans formation préalable, surtout en milieu hospitalier. Actuellement, il faut que les bénévoles soient bien informés et bien formés.

Virginie Orlandi: Qu'en est-il du congé pour le bénévolat?

Marie-Josée Jacobs: Rien n'est prévu à ce sujet dans la coalition, ce sera au prochain gouvernement de régler cette question.



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