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Interview
Jean-Louis Schiltz au sujet des résultats du partenariat établi depuis des années entre le Luxembourg et le Mali
"La Voix du Luxembourg" du 08-06-2009

Vers le niveau supérieur

La Voix: Monsieur le ministre, quelles sont, selon vous, les actions luxembourgeoises les plus importantes menées au Mali?

Jean-Louis Schiltz: Je vais tout d'abord vous citer un exemple positif qui illustre à mon sens la qualité de la coopération entre le Mali et le Luxembourg. Nous avons mis en place un vaste projet de développement local intégré avec nos partenaires maliens dans la région de Ségou. Avant ce projet, la région produisait plus ou moins 4.000 tonnes de riz par an. Or, pour atteindre l'équilibre de l'autosuffisance alimentaire elle aurait dû en produire 4.500. Depuis lors et à la suite du projet, la production avoisine actuellement, voire dépasse, les 8.000 tonnes. La région est donc devenue plus qu'autosuffisante et elle exporte même ses produits vers d'autres régions. Je pourrais citer d'autres exemples, notamment dans le domaine de la bonne gouvernance avec la mise en place d'un projet de renforcement des capacités du médiateur de la République. La même chose vaut pour les projets dans le domaine de la formation professionnelle. Peut-être que dans ce contexte les résultats sont plus lents, mais ils sont néanmoins au rendez-vous. Enfin, permettez-moi de relever que la coopération luxembourgeoise est parmi les rares coopérations bilatérales à être présente dans la région de Kidal, région difficile s'il en est.

La Voix: A votre avis, au Mali, quel devrait être l'équilibre entre les activités de développement des acteurs étatiques et celles des acteurs non étatiques?

Jean-Louis Schiltz: Les ONG maliennes ont souvent le sentiment qu'elles montrent l'exemple à l'Etat. Elles ne sont pas les seules. C'est un sentiment répandu dans la société civile. Je voudrais rappeler dans ce contexte que le gouvernement malien est un gouvernement démocratiquement élu et que les dernières élections, tout comme les précédentes d'ailleurs, n'ont pas fait l'objet de critiques au niveau international. Au contraire. Je note également que l'actuel président du Mali, qui a été élu à deux reprises, jouit d'une excellente réputation sur le plan international. Je ne pense pas par ailleurs qu'il y ait un équilibre à trouver à tout prix entre les activités du développement des acteurs étatiques et celles des acteurs non étatiques. Je suis un fort adepte de l'autonomie et de l'indépendance des ONG. Les ONG sont responsables des actions qu'elles mènent et elles doivent pouvoir le faire avec leurs partenaires du Sud sans autre interférence externe.

La Voix: Au vu des efforts que le Mali doit encore effectuer en matière de bonne gouvernance, quelles sont les bases de la confiance qui s'est instaurée entre les décideurs politiques et économiques maliens et luxembourgeois?

Jean-Louis Schiltz: La coopération bilatérale avec un pays partenaire est une entreprise qui s'inscrit dans le moyen, voire le long terme. Le premier accord général de coopération avec le Mali remonte à 1998. L'interaction entre gouvernements, mais aussi entre les acteurs impliqués de part et d'autre dans l'identification, la formulation, l'exécution et l'évaluation des projets communs, crée invariablement des liens et - comme en l'espèce une relation de confiance. La gestion de cette confiance n'est pas laissée au hasard. Les relations avec un pays partenaire comme le Mali sont rythmées par des échanges réguliers, lors des commissions de partenariat annuelles au niveau ministériel ou encore lors des comités de pilotage, au niveau des projets et programmes. La prévisibilité des enveloppes budgétaires disponibles, d'une part, et une capacité d'absorption sérieuse, d'autre part, sont des éléments déterminants qui ont permis au cours des années de faire évoluer les enveloppes financières des programmes indicatifs de coopération successifs de manière significative.

La Voix: Le Mali appartient au Sahel, région particulièrement désertique. Or, comme vous le rappeliez dans votre déclaration du 25 mars à la Chambre des députés, la crise alimentaire que subit ce pays ne fera que s'aggraver avec le changement climatique mondial. Ainsi, l'eau, et tout particulièrement l'eau potable, devient une denrée des plus précieuses.

Quelle stratégie la Coopération adopte-telle pour améliorer l'accès à l'eau potable? Que faire pour que l'eau ne devienne pas l'objet de nouvelles tensions, de nouveaux conflits?

Jean-Louis Schiltz: L'eau fait bien évidemment partie des enjeux stratégiques pour les années à venir dans le contexte de la coopération au développement et le projet de Ségou, tout comme celui de Yorosso qui a également une composante eau. De manière générale, la coopération luxembourgeoise est tout à fait disposée à partager avec d'autres les succès dûment documentés, c'est-à-dire évalués, de ses propres expériences.

La Voix: La crise économique remetelle en cause les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)? Quelle position le Luxembourg adoptera t-il?

Jean-Louis Schiltz: La crise économique ne remet pas en cause nos OMD. Ceci dit, il est d'ores et déjà certain que l'ensemble des objectifs ne sera pas atteint partout. On peut cependant aussi relever que nous sommes sur la bonne voie pour réaliser l'accès universel à l'éducation d'ici 2015. Pour ce qui est du Luxembourg, celui-ci n'entend pas remettre en cause ses engagements et nous allons continuer notre marche vers une aide publique au développement de 1 % du revenu national brut. La Chambre des députés l'a expressément et unanimement reconfirmé le 25 mars de cette année.

La Voix: Lorsque vous parlez de développement, vous mettez l'accent sur la notion de partenariat. Or, au sein d'une partie des sociétés civiles européennes et africaines, la politique de développement de l'Union européenne est régulièrement taxée d'"utilitariste": à leurs yeux, l'aide au développement ne se justifierait que par le maintien des bas prix des matières premières, ce qui par ailleurs nuirait à la bonne gouvernance. Autrement dit, le développement servirait les intérêts économiques de l'Union. Que leur répondez- vous?

Jean-Louis Schiltz: La coopération luxembourgeoise n'est pas liée à des considérations autres que celles relevant de la lutte contre la pauvreté. C'est clair et net.

La Voix: Vous exhortez les 27 Etats membres à maintenir une politique de développement soutenue. Quelle démarche concertée proposez-vous?

Jean-Louis Schiltz: Vous savez que les Etats membres de l'Union européenne ont pris des engagements sous présidence luxembourgeoise en 2005. Simplement, il faudra respecter ces engagements. C'est à quoi je consacre mes efforts depuis trois ans maintenant et je continuerai à le faire. Avec succès d'ailleurs jusque-là.

La Voix: Quelle(s) sont selon vous la (ou les) meilleure(s) façon(s) de sensibiliser les jeunes Luxembourgeoises aux problèmes que rencontrent actuellement les pays en voie de développement ?

Jean-Louis Schiltz: Il y a mille moyens de sensibiliser les jeunes et même les moins jeunes aux problèmes des populations pauvres. Il y a par exemple ce que j'appelle les "grosses" campagnes. Il y a par ailleurs le contact direct avec les jeunes. Ainsi, lorsque je me rends dans un lycée pour un échange de vues avec les étudiants, je suis impressionné d'une part par leurs connaissances et, d'autre part, par la sensibilité que les jeunes Luxembourgeois développent par rapport à la problématique dont nous parlons.

Ceci les honore et démontre clairement que ce qui se passe au-delà de nos frontières ne les laisse pas indifférents. C'est réconfortant pour le ministre que je suis. Concrètement, le ministère a mandat de promouvoir l'éducation au développement.

Nous le faisons entre autres à travers une coopération avec les ONG et le Service national de la jeunesse dans le contexte du "volontariat-coopération" qui permet à des jeunes entre 18 et 30 ans de travailler entre 3 et 12 mois pour un projet de développement mis en œuvre par une ONG luxembourgeoise avec une ONG partenaire du Sud.



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