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paperJam: Monsieur le ministre, dans quelles circonstances avez-vous été appelé à devenir administrateur d'ArcelorMittal?
Jeannot Krecké: Lorsque Georges Schmit a clairement laissé entendre qu'il partirait pour les Etats-Unis, il s'est présenté plusieurs postes vacants dans les conseils d'administration qu'il occupait. Pour ces différents postes, j'avais prévu ses successeurs, mais le Premier ministre Jean-Claude Juncker a tenu personnellement à ce que je prenne le siège vacant à ArcelorMittal. C'est une situation qui n'est pas habituelle, j'en conviens, mais j'ai réfléchi quelques jours et j'ai accepté. C'est une décision qui souligne l'intérêt que nous portons à notre industrie sidérurgie et à la plus grande entreprise du pays. C'est un geste fort.
paperJam: N'y a-t-il pas de risque de conflits d'intérêts dans cette situation?
Jeannot Krecké: Les conflits d'intérêts, s'il y doit y en avoir, étaient déjà là avant. Les représentants de l'Etat dans les conseils d'administration des entreprises privées sont placés sous la responsabilité directe de leur ministre de tutelle. Rien de ce qu'ils disent ou font dans le cadre de leur mandat ne se fait sans que le ministre ne soit d'accord et au courant. Le fait que je siège directement au conseil ne change donc rien à la position qui aurait été celle d'un autre représentant de l'Etat qui aurait été nommé à la place de M. Schmit. Par ailleurs, au sein de ce conseil d'administration, on va parler 'groupe' et non pas 'intérêts luxembourgeois'. Cette partie-là est traitée spécifiquement dans un autre conseil d'administration présidé par Michel Wurth, dans lequel je ne siège pas, pas plus que ne siégeait M. Schmit, du reste.
paperJam: Reprenez-vous le mandat de M. Schmit dans son intégralité?
Jeannot Krecké: Pour être franc, je ne me suis pas préoccupé de ces questions-la. Je ne suis de toute façon pas encore officiellement confirmé dans mes fonctions, puisque ma nomination ne sera proposée aux actionnaires qu'à l'occasion de l'Assemblée générale ordinaire du groupe, le 11 mai prochain. Je sais simplement que la première réunion du conseil d'administration à laquelle j'assisterai sera le 9 février prochain. Je m'organiserai ensuite pour les autres dates qui sont déjà planifiées. Je pense qu'une fois que j'aurais pris le rythme, ce sera plus facile.
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