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Interview
"Les mentalités changent". Le ministre de l'Intérieur au sujet de la fusion des communes
"Le Quotidien" du 03-02-2010

Vers le niveau supérieur

Christiane Kleer: Pourquoi la fusion des communes est-elle une nécessité?

Jean-Marie Halsdorf: Nous avons actuellement une situation intenable au Grand-Duché. Certaines communes ont 1.000 habitants, alors que d'autres en comptent 10.000 ou plus. Quand les responsabilités sont les mêmes, c'est compliqué. Comparé à la France, où les compétences se répartissent sur cinq niveaux allant de l'État centralisé aux communes, le Luxembourg doit s'en tirer avec ces deux seuls niveaux. L'État a besoin d'un partenaire efficace qui, en augmentant sa taille, peut assurer une économie d'échelle. L'augmentation de la taille d'une commune entraîne automatiquement celle du personnel, ce qui lui permet de mieux assurer son administration et la gestion de ses services auprès du citoyen.

Christiane Kleer: Quels changements y aura-t-il au niveau des compétences des communes?

Jean-Marie Halsdorf: La Commission de la réorganisation territoriale du Luxembourg a décidé qu'il fallait rester au statu quo. À l'avenir, quand les communes seront plus grandes, on pourra réfléchir à une nouvelle répartition des compétences entre elles et l'État. Il faut voir ce que l'avenir nous apportera. Pour l'instant, le plus important est d'assurer le renforcement des communes.

Christiane Kleer: Avez-vous l'impression que les fusions sont réellement désirées par les communes concernées?

Jean-Marie Halsdorf: Il y a bien sûr des communes qui voient les projets de fusion comme un mal nécessaire, mais il y en a également pour lesquelles tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Nous avons régulièrement des bourgmestres de communes qui ont compris et qui assurent leurs responsabilités politiques. La mission principale du conseil communal est d'assurer un service performant aux citoyens. Et personne ne peut prétendre qu'une commune de 1.200 habitants apporte un meilleur service qu'une commune de 5.000 habitants. Et la commune est avant tout un prestataire de services. Toutes les communes qui ont actuellement des soucis de personnel sont toutes de petite taille.

Christiane Kleer: Le message est-il également parvenu aux citoyens ou y a-t-il des réticences vis-à-vis des fusions?

Jean-Marie Halsdorf: On trouvera toujours des communes qui pour une raison ou une autre excluent d'office la fusion. Quand j'étais plus jeune, la ville de Rodange voulait absolument se dissocier de la commune de Pétange. Aujourd'hui les fanfares de Rodange, Pétange et Lamadelaine jouent ensemble. Les mentalités changent. Et les personnes raisonnables savent qu'il faut penser de manière moderne. De nos jours, les distances ne jouent plus de rôle. Dans l'ère digitale, aucun citoyen n'a besoin de se déplacer pour aller chercher un formulaire à la mairie. Le concept de notre paysage communal est obsolète. La politique a décidé d'y mettre fin, mais pas avec le pied-de-biche.

Christiane Kleer: Le DP vous reproche le coût de ces fusions, qui, vu la situation budgétaire, serait excessif. Que lui répondez-vous?

Jean-Marie Halsdorf: L'État et les communes constituent un circuit unique. Même si l'État donne une partie de son budget aux communes pour assurer les fusions, ces sommes sont toujours dépensées dans l'intérêt du citoyen. Globalement, rien ne se perdra. Les fusions prévues pour les prochaines années coûteront 90 millions d'euros, qui seront ventilés sur dix ans. Je ne pense pas que l'État se cassera les dents sur neuf millions d'euros par an!



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