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Interview
"Les Français mettront le paquet". Le ministre de l'Intérieur et à la Grande Région, Jean-Marie Halsdorf au sujet de la coopération territoriale transfrontalière
"Lëtzebuerger Gemengen" du 07-05-2010

Vers le niveau supérieur

Lëtzebuerger Gemengen: Les décideurs luxembourgeois et français ont décidé de créer un des premiers groupements européens de coopération territoriale (CECT) de l'Union européenne pour l'aménagement commun du site de Belval de part et d'autre de la frontière. Alors que l'ensemble des médias évoquent la création d'une éco-cité, Gérard Longuet, ancien président du Conseil régional de Lorraine, nous a confié dernièrement qu'une zone franche pourrait bien voir le jour côté français en guise de contre-projet. Vous venez de rencontrer Pascal Gauthier, son préfigurateur. Quelles sont vos dernières informations à ce sujet?

Jean-Marie Halsdorf: Nous avons signé le 7 janvier dernier une déclaration d'intention commune, Claude Wiseler et moi-même, avec notre homologue français Michel Mercier, ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, dans laquelle nous nous sommes engagés, Français et Luxembourgeois, à constituer un groupement européen de coopération territoriale sur la zone d'Alzette/Belval. L'objectif consiste, dans un avenir proche, à travailler ensemble pour joindre les deux territoires sur un même espace avec une stratégie commune à la fois sur le plan économique, social et environnemental pour aboutir à une cohésion territoriale de part et d'autre de la frontière.

Quoiqu'il ne s'agisse que d'une déclaration d'intention, la volonté politique des deux côtés de la frontière est très forte pour que ce CECT puisse voir le jour dans un avenir proche. En effet, il me paraît indispensable de pouvoir disposer de cet instrument novateur qui nous permettra de promouvoir ensemble avec la France un véritable espace de coopération transfrontalière. En d'autres termes, le GECT permettra d'assurer une jonction entre les deux territoires sur un même espace qui nous est commun et dont la portée stratégique pour l'avenir de ces territoires - économique, sociale et environnementale - n'est plus à démontrer ni même à remettre en doute.

Nous avons eu un échange de points de vue sur les travaux de préfiguration avec Pascal Gauthier, préfigurateur de l'Opération d'intérêt national française (OIN), qui doivent impérativement être finalisés dans les six mois, et qui définiront le périmètre de la réalisation française ainsi que de la gouvernance à mettre en place, et lors de laquelle nous avons abordé les thématiques des transports et du développement économique. J'ai bien sûr réitéré mon soutien à ces travaux, et souligné qu'il s'agissait d'une plate-forme d'innovation territoriale intéressante qui s'inscrira dans la droite lignée d'un développement durable.

Nous n'avons pas abordé la question de la zone franche du côté français lors de cette réunion, et je considère qu'il s'agit là simplement de rumeurs, rumeurs qui persistent toutefois, mais en Lorraine uniquement.

Lëtzebuerger Gemengen: Si une zone franche de l'autre côté de la frontière venait effectivement à voir le jour, ne constituerait-elle pas une sérieuse concurrence voire même une menace pour le site de Belval?

Jean-Marie Halsdorf: Si une zone franche venait à voir le jour en Lorraine, nous devrons évidemment composer avec les exonérations fiscales et sociales qui seront dès lors allouées aux entreprises implantées sur le sol français. Belval constitue une opportunité unique à saisir, et les Français, quoi qu'il en soit, mettront le paquet. Je ne sais pas si l'on pourra toutefois parler de concurrence étant donné que la superficie du site français est nettement supérieur à la nôtre (ndlr: 100 ha contre 5 ha), et, que par conséquent, l'approche ne sera pas la même.

Je l'ai dit auparavant: il s'agit ici d'une opportunité unique mais aussi nécessaire pour travailler conjointement avec nos partenaires français. Les deux gouvernements se sont engagés à travailler ensemble dans un esprit serein, respectueux et constructif. Jusqu'à présent, aucune décision officielle de la part du gouvernement français ne m'a été transmise concernant la création d'une zone franche.

Lëtzebuerger Gemengen: Ce projet commun n'est-il pas emblématique des antagonismes existant entre les différents pays de la Grande Région, comme nous l'ont fait savoir certains élus étrangers, ou bien la "coopération renforcée" entre les pays limitrophes fonctionne-t-elle vraiment?

Jean-Marie Halsdorf: En ce qui me concerne, j'ai toujours considéré qu'il y avait deux principes essentiels dans la politique de la Grande Région: d'une part la complémentarité, et d'autre part le gagnant-gagnant, principes qui devraient donc être appliqués dans le cas présent. Nous devons unir nos efforts et travailler main dans la main si nous ne voulons pas perdre nos acquis dans la région. Je suis d'ailleurs convaincu que l'avenir appartient à l'Europe des régions.

Quant à la concurrence entre les partenaires de notre coopération transfrontalière, elle a toujours existé et existera toujours. La politique transfrontalière est un nouveau terrain qui se développe pas à pas, mais qui peut toutefois s'effectuer dans un esprit sain. Pour revenir sur Belval, précisément: les Français évoquent un hôpital transfrontalier, par exemple, et nous sommes tout à fait partants. Au même titre, on peut très bien imaginer voir venir des Français étudier dans la future université de Belval et des Luxembourgeois partir étudier en Lorraine ou encore la création d'un lycée transfrontalier à l'image du lycée de Perl-Schengen réalisé avec la Sarre. C'est cette voie que nous devons emprunter.



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