|
La Voix: Les questionnaires aux parents et aux enseignants comportaient une partie "commentaires". Qu'en est-il ressorti?
Mady Delvaux-Stehres: Beaucoup d'enseignants du cycle 1 nous ont fait part du fait que trois entretiens avec les parents dans l'année, c'était trop. Mais parallèlement, de notre côté, nous avons déjà décidé de réduire ces entretiens à deux par année scolaire. Quant aux parents, certains ont écrit que, sans notes, ils manquaient encore un peu de repères pour évaluer le niveau de leur enfant.
La Voix: Vous reconnaissez que les bilans intermédiaires et de fin de cycle représentent un surcroît de travail pour les enseignants. Ont-ils des compensations?
Mady Delvaux-Stehres: Ils ont récemment été reclassés dans un grade supérieur de la fonction publique. C'était une revendication de longue date et dans les négociations, les enseignants ont fait peser l'argument de la réforme de l'école fondamentale. Ce reclassement me semblait normal vu le haut niveau d'études des enseignants. Mais ils trouvent que ce n'est pas assez.
La Voix: 54% des enseignants sondés ne se sentent pas à l'aise avec les bilans intermédiaires. Pour y remédier, le ministère évoque un accompagnement dans la réforme. Par quels moyens?
Mady Delvaux-Stehres: Il y a une demande croissante des équipes pédagogiques pour être accompagnées dans la mise en place de cette réforme. Nous faisons appel à des "instituteurs ressources", c'est-à-dire des instituteurs qui sont formés en coaching et en encadrement et qui bénéficient d'une décharge pour être disponibles auprès des équipes pédagogiques. Cette année, nous en avions sept, ils seront doublés l'an prochain. Les écoles peuvent aussi demander une formation continue pour leur équipe.
La Voix: Si la moitié des parents sollicités ont renvoyé le questionnaire, seuls 21% des enseignants l'ont fait. Est-ce pour cela que vous ne souhaitez pas tirer de conclusion face aux résultats de cette enquête?
Mady Delvaux-Stehres: Mon expérience m'a montré qu'il faut attendre au moins deux ans de fonctionnement pour évaluer correctement un nouvel outil. Et je suis ferme sur ce point: on ne changera rien avant deux ans. Si je suis ouverte à certaines modifications des bilans - concernant les descripteurs ou certaines cases par exemple, le concept, lui, ne changera pas.
|