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Le Quotidien: Les dernières informations divulguées par les Américains sont-elles inquiétantes?
Jean-Marie Halsdorf : Nous les prenons bien sûr au sérieux. Nous restons très vigilants mais n'allons pas paniquer. Nous allons faire le maximum et les services concernés vont suivre la situation de très près. C'est la position du Luxembourg. Je n'ai d'ailleurs pas d'informations que le Luxembourg soit spécialement visé.
Le Quotidien: L'administration américaine parle de tous les pays de l'Union européenne...
Jean-Marie Halsdorf: Il y a des pays qui sont plus visés que d'autres. Les Français ont, par exemple, un passé colonial, ils ont une présence en Afghanistan, dans la Finul (NDLR : la force internationale au Liban), ils ont une opération au Sahel, il y a le problème de la burqa... Ce sont des facteurs qu'il faut prendre en considération quand on parle de terrorisme.
Le Quotidien: Pour le Luxembourg, le fait d'héberger des bâtiments des institutions européennes ne représente-t-il pas un risque?
Jean-Marie Halsdorf: Je ne saurais pas vous le dire. C'est une menace générale mais beaucoup de facteurs peuvent influer sur les agissements des terroristes. C'est très difficile à trouver les éléments déterminants, quels qu'ils soient. Chacun doit faire son boulot et prendre ses responsabilités. C'est ce que nous allons faire au Luxembourg.
Le Quotidien: Ce qui signifie?
Jean-Marie Halsdorf: On va continuer à faire ce que l'on a toujours fait : collaborer avec tous les États d'Europe mais aussi les Etats-Unis. Un point que l'on a soulevé, aujourd'hui (lire hier), est que l'Europe doit avoir une approche commune et la collaboration doit être optimisée.
Le Quotidien: Selon vous, certains pays ont-ils été trop alarmistes?
Jean-Marie Halsdorf: Chaque État membre est responsable pour sa sécurité intérieure donc ils font ce qui leur semble le mieux. Mais il y a un principe que je veux souligner : il faut informer sans alarmer. Les Français l'ont dit aussi. Nous nous sommes concertés sur cette démarche d'information. Comment communiquer si une source dit une chose, une autre source une autre chose. Le niveau de menace diffère selon les États membres. Il faut trouver une terminologie qui soit telle que tout le monde comprenne ça. L'ETA, au Pays basque, est-ce par exemple du terrorisme de la même nature? Et l'lrlande du Nord, qui est un espace qui paraît désormais à risque? C'est compliqué à classer.
Le Quotidien: Avec toutes ces informations que vous avez reçues, pouvez-vous vraiment dire si la menace terroriste est plus importante aujourd'hui que ces derniers mois?
Jean-Marie Halsdorf: En ce qui concerne le Luxembourg, il n'y a pas d'éléments concrets pour dire qu'il y a une menace. Pour les autres pays, je ne saurais pas le dire. Les Français doivent s'occuper de leur pays et les Allemands du leur.
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