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Interview
"Au-delà d'un constat", Françoise Hetto-Gaasch au sujet des actions de soutien à l'entrepreneuriat et de la prolongation des heures d'ouverture des commerces
"Lëtzebuerger Gemengen" du 19-01-2011

Vers le niveau supérieur

Lëtzebuerger Gemengen: Un plan d'action a été lancé en 2008 par le ministère des Classes moyennes avec pour ambition, entre autres, d'implémenter, au niveau des PME, les lignes directrices issues du programme communautaire de Lisbonne pour la croissance et l'emploi. Où en est-on aujourd'hui au niveau des résultats?

Françoise Hetto-Gaasch: En se penchant sur les dix axes qui avaient été proposés dans le plan d'action, nous avons constaté qu'un certain nombre de choses viennent d'être réalisées et que bon nombre d'autres sont en passe de l'être. Il faut savoir que lorsque l'on demande aux Luxembourgeois s'ils sont enclins à créer leur propre entreprise ou à exercer une activité indépendante, un peu plus d'un quart seulement vous répondent par l'affirmative. Aussi, nous ne nous retrouvons qu'à la quatorzième place au niveau européen dans ce domaine. Cela dit, un nombre élevé de nouvelles entreprises voit le jour chaque année, aux alentours de 1.000, et les concepts mis sur pieds sont très souvent géniaux. Ces nombreuses petites entreprises, dont peu de personnes connaissent l'existence, ont tout simplement besoin de davantage de publicité. A nous de faire leur promotion, au Grand-Duché comme à l'étranger.

Dans la même optique, nous faisons beaucoup pour promouvoir l'esprit d'entreprise chez les jeunes de même que chez les femmes. Au Luxembourg, hélas, trop de jeunes recherchent des emplois dans l'administration pour des raisons de sécurité, et nous devons les encourager à se lancer dans l'entrepreneuriat. Nous avons d'ailleurs ensemble avec "Jonk Entrepreneuren" introduit le concept "mini-entreprise" dans les écoles afin qu'ils puissent goûter à la vie d'entrepreneur dès le plus jeune âge.

Nous avons également mené une réforme du droit d'établissement, une réforme importante qui, j'espère, pourra encore être votée avant l'été 2011.

Quant à nous, nous avons pu nous parfaire au sein du Ministère en matière de délais pour l'octroi des autorisations, ramené désormais à onze jours maximum, de par l'adoption de la certification ISO 9000 et la mise en place d'un nouvel outil informatique. Nous sommes aussi en train de mettre au point le plan sectoriel d'activités. Nous savons tous qu'il faut davantage de zones d'activités pour l'implantation de nouvelles sociétés, et nous avons déjà - de concert avec le ministère de l'Economie - réussi à obtenir une partie des zones nationales qui devront être libérées à cette fin.

Je pourrais encore vous citer un panel de mesures que nous avons prises pour favoriser la croissance et l'emploi comme l'accès au financement auprès de la SNCI, le Business Mentoring ou encore le coaching aux entreprises, etc. Il faudrait d'ailleurs recourir à ce dernier de façon plus systématique. Nous avons introduit un nouvel instrument à la SNCI spécialement dédié à la reprise d'entreprise sous forme de prêt de reprise ou de rachat, compte tenu du fait que nous avions remarqué que trop souvent, la relève n'était pas assurée au sein de la famille.

Pour finir, nous avons estimé qu'il était essentiel de mettre en place une plateforme d'échange entre administrations qui permettra dorénavant de centraliser les dossiers qui sont introduits.

Lëtzebuerger Gemengen: Le Gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg, Yves Mersch, nous a révélé le mois dernier que ce n'est pas tant la frilosité des banques qu'un affaiblissement de la demande qui serait à l'origine du repli des volumes de crédits aux entreprises. Dès lors, les mesures d'aides de l'Etat à la création d'entreprise seront-elles suffisantes pour inverser la tendance?

Françoise Hetto-Gaasch: Je ne peux que confirmer les propos de Monsieur Mersch. Nous accompagnons 800 projets par an et on ne peut pas dire que les banques soient frileuses. Je dirais plutôt qu'elles sont plus attentives en analysant les dossiers en profondeur, et que si elles estiment qu'un projet présente des risques ou est susceptible d'être peu rentable, elles ne le soutiendront pas.

Quant aux aides de l'Etat, je pense qu'il y en a suffisamment. J'ouvre une parenthèse pour vous signaler que nous allons revoir les critères d'allocation de ces aides au printemps.

Lëtzebuerger Gemengen: Le Ministère travaille en étroite collaboration avec la Chambre des Métiers, la Chambre de Commerce et les organisations d'artisans et de commerçants. Quelles ont été les initiatives conjointes mises sur pied récemment, à l'instar du projet FEALU (Female Entrepreneurship Ambassadors Luxembourg), et de façon générale, comment cette collaboration se traduit-elle au quotidien?

Françoise Hetto-Gaasch: Tout d'abord, sachez que nous sommes obligés de consulter les chambres professionnelles pour chaque projet de loi. Mais les relations vont bien au-delà : nous avons un contact régulier et il existe de réelles synergies entre nous. Ce sont les parties prenantes qui sont en effet les mieux à même de nous informer des problèmes qu'elles rencontrent, et je dois vous avouer qu'il y a même des représentants des chambres qui accompagnent régulièrement mes collaborateurs lors de réunions internationales.

J'ai des rendez-vous toutes les semaines avec des fédérations qui nous font part de leurs difficultés. Je pense qu'il est essentiel d'être sur le terrain.

Comme vous venez de l'évoquer, nous avons des projets communs dont le dernier en date, les "Journées création, transmission et développement d'entreprise", organisées conjointement par la Chambre de Commerce, la Chambre des Métiers, le ministère de l'Economie et du Commerce et nous-mêmes, a lieu en ce moment.

Lëtzebuerger Gemengen: Vous êtes également ministre de l'Egalité des chances. A propos du projet FEALU, précisément, comment encourager et développer l'entrepreneuriat au féminin?

Françoise Hetto-Gaasch: Beaucoup de choses se sont passées ces derniers temps dans ce domaine ; nous sommes sur la bonne voie. Pour revenir sur le projet FEALU, précisément : il s'agit là d'un réseau européen des femmes ambassadrices du Luxembourg qui a pour vocation de promouvoir, encourager et développer l'entrepreneuriat au féminin. Ces onze femmes font un travail de terrain remarquable en se rendant dans les écoles pour sensibiliser les jeunes à cette cause.

La difficulté, vous la connaissez : pouvoir concilier vie professionnelle et vie familiale. Cela restera un problème tant que l'organisation au sein du couple ne s'opérera pas de façon plus équitable.

Il n'empêche que j'ai toujours soutenu qu'en tant que cheffe d'entreprise, la femme est libre de décider comment elle veut organiser son temps de travail. C'est ce qu'il se passe dans les pays nordiques et ça fonctionne. Parallèlement, 60 pour cent des femmes dans le monde qui possèdent un diplôme universitaire n'accèdent pas à des postes de décision ; c'est une perte pour l'économie. Le télétravail est également une solution intéressante qui peut s'appliquer à de nombreuses professions... dont la vôtre, d'ailleurs.

Pour connaître les véritables freins que rencontrent les femmes en vue de la création d'une entreprise, nous avons commandé une étude auprès du CEPS/Instead dont les résultats nous serons dévoilés l'an prochain.

Lëtzebuerger Gemengen: Pourquoi ne pas imaginer un statut "d'auto-entrepreneur" comme cela a été introduit en France il y a quelques années déjà?

Françoise Hetto-Gaasch: Nous envisageons également d'introduire un statut d'auto-entrepreneur au Luxembourg mais sous une forme différente qu'en France. Nous comptons plutôt suivre le modèle belge adapté lui-même du modèle français. Nous allons dans un premier temps l'étudier et voir s'il correspond aux spécificités luxembourgeoises.

Lëtzebuerger Gemengen: Sans transition, un petit mot sur la prolongation des heures d'ouverture des commerces. Vous avez été beaucoup critiquée dans ce dossier ; que répondez-vous à vos détracteurs?

Françoise Hetto-Gaasch: Lorsque l'on considère que dans de nombreux secteurs d'activités beaucoup de gens travaillent tard le soir, notamment le samedi, il est tout à fait légitime que les heures d'ouverture soient prolongées. Ce n'est quand même pas une révolution que de les prolonger de deux heures, d'autant que ce n'est pas une obligation. Cette mesure étant incontournable si l'on sait qu'à l'exception de la Sarre, les commerces sont ouverts dans nos pays voisins jusqu'à vingt heures voire même vingt-deux heures le samedi à certains endroits. Nous allons réaliser une évaluation au début de l'année prochaine, et si les résultats s'avèrent concluants, nous poursuivrons dans ce sens, sinon, nous pourrions très bien concevoir une fermeture à 19h, par exemple. La loi de 1995 permet d'accueillir tous les jours des clients dans les commerces jusqu'à vingt heures. Si vous voulez fidéliser les consommateurs et qu'il n'y a que la moitié des magasins ouverts à un endroit donné, il est fort à parier que vous raterez votre opération... d'autant que la concurrence dans la Grande Région est rude. Vous ne trouverez ce cas de figure qu'au Luxembourg. PhR



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