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Interview
"Je veux donner plus d'envie aux jeunes", Françoise Hetto-Gaasch au sujet des actions de promotion de l'entrepreneuriat
"paperJam" du 01-02-2011

Vers le niveau supérieur
paperJam: Madame Hetto-Gaasch, quel regard portez-vous sur ce salon Contact auquel vous apportez un soutien sans faille?

Françoise Hetto-Gaasch: Le principe même de ce salon, qui ressort de son nom, est essentiel. Les entreprises sont toujours à la recherche de contacts, surtout de l'autre côté de la frontière où l'on ne sait pas toujours ce qui se passe. Ce salon est évidemment un excellent moyen pour elles d'approcher de nouveaux fournisseurs ou de nouveaux clients.

Je connais des entreprises qui n'ont plus de stocks de grandes machines et qui, du coup, travaillent avec d'autres firmes qui ont ces stocks et qui peuvent donc livrer en temps utile les appareils qu'il faut et procéder à leur installation. Nous avons là l'exemple de belles synergies qui ont été rendues possibles par le biais de tels salons.

paperJam: Comment le Luxembourg se positionne-t-il au cœur de cette Grande Région des entreprises?

Françoise Hetto-Gaasch: Il faut savoir qu'en 2009, il y avait, dans la Grande Région, 165.800 entreprises artisanales, dont 5.300 se trouvent au Luxembourg. Ce qui représente 3%. Ce n'est pas énorme. Mais il est intéressant de noter que ces 3% d'entreprises représentent 10% de l'emploi. Cela peut s'expliquer par le fait que nous avons ici quelques- unes parmi les plus grandes de ces PME. Elles sont très performantes et emploient un plus grand nombre des salariés.

Au Luxembourg, on reste pourtant parfois trop souvent fixés sur soi-même sans s'ouvrir vers les autres. Il est pourtant important, surtout ici, d'aller chercher des alliés, des partenaires et des fournisseurs qui vont nous donner les moyens de devenir plus innovants et de nous développer différemment. Par le biais de ce salon, il est possible d'établir des contacts stables et de partager des expériences qui vont permettre de changer, par exemple, la façon de traiter les clients en observant comment font les autres. Ce partage d'expériences est essentiel.

Il y a aussi, dans le cadre de Contact, des séminaires de perfectionnement. Là aussi, c'est quelque chose de très important.

paperJam: Comment se portent, selon vous, les PME au Luxembourg, après les deux années de crise que l'on vient de vivre?

Françoise Hetto-Gaasch: Le pays a une perspective de croissance de 3% pour 2011. Cela nous fait évidemment du bien. Si nous devons faire une analyse, nous devons évidemment le faire par secteur d'activités. Pour ce qui est de la place financière, les restructurations ne sont sans doute pas encore achevées. L'industrie, elle, a été frappée, mais connaît une certaine relance. Les PME des secteurs du commerce et de l'artisanat et celles dépendant du ministère des Classes moyennes ont été plus ou moins épargnées par les grands mouvements de la crise. Pourquoi? Parce que nous disposons tout de même, au Luxembourg, d'un assez grand pouvoir d'achat par rapport à d'autres pays. La consommation, même si elle a diminué, ne s'est pas arrêtée.

Dans le domaine de la construction, certes, il y a eu moins d'immeubles de bureaux construits, mais il y a eu beaucoup d'infrastructures, de logements, d'écoles...

Nous restons évidemment prudents dans nos observations. Mais il y a clairement eu un vrai essor ces dernières années. Il y a eu 40.000 emplois créés dans le secteur des classes moyennes et il y a, par an, un millier de nouvelles entreprises qui se créent. Bien sûr, il y a eu un léger recul du nombre de dossiers de demandes d'autorisation d'établissement en 2010, avec 11.370 dossiers contre 12.400 en 2008.

paperJam: Un millier de nouvelles entreprises créées chaque année... Ce chiffre vous satisfait-il?

Françoise Hetto-Gaasch: Ne parlons pas de chiffres. J'ai en revanche plutôt un problème avec la mentalité des gens qui sont plus à la recherche de sécurité, au travers d'un emploi dans la fonction publique ou les communes. Il manque un esprit de curiosité, un esprit innovateur. Pourtant, tout au long de l'année, nous avons, au Luxembourg, plein de prix décernés à des entrepreneurs innovants. C'est génial! Il y a même une émission sur RTL Télé Lëtzebuerg, "Success Story", sponsorisée entre autres par le ministère de l'Economie et celui des Classes moyennes. Une fois par semaine, plusieurs projets d'entreprise sont présentés. Il y en a au total 90 et, au final, trois projets lauréats recevront chacun 15.000 euros pour démarrer. Ce genre d'initiative doit donner l'envie aux jeunes, mais aussi aux moins jeunes, de se lancer dans l'entrepreneuriat et de créer leur propre entreprise. Je veux donner plus d'envie aux jeunes. Leur dire que la sécurité de l'emploi, ce n'est pas tout, et qu'il faut aussi un métier qui fasse plaisir et donne envie d'aller travailler tous les matins.

paperJam: Les entrepreneurs potentiels ne sont-ils pas, aussi, freinés par les lourdeurs administratives qui existent?

Françoise Hetto-Gaasch: Les choses sont enfin en train d'évoluer. D'ici au mois de mars, le guichet unique permettra de déposer online sa demande d'autorisation d'établissement avec toutes les pièces requises, certifiées par une signature électronique. Il sera ensuite possible de faire le suivi de l'avancement du dossier.

Il faut tout de même savoir qu'à l'heure actuelle, avec l'amélioration des systèmes informatiques engagée il y a quelques mois, nous avons actuellement un délai de onze jours avant que soit délivrée une autorisation. Par le biais du guichet unique, ce délai sera ramené à cinq jours, sous réserve, évidemment, que le dossier soit complet. Aujourd'hui encore, il y a vraiment beaucoup de dossiers déposés qui sont incomplets. Souvent, d'ailleurs, ce sont les fiduciaires qui fournissent de mauvais conseils.

Ensuite nous espérons également que le volet commodo-incommodo soit également traité en ligne. C'est un domaine qui est très important.

paperJam: Le traitement réservé aux petites entreprises est-il, selon vous, en rapport avec leur poids économique général?

Françoise Hetto-Gaasch: Il est vrai que 97% des entreprises du pays sont des PME. En Europe, le taux est même de 99%. C'est pour cela que cela me fâche d'entendre souvent dire "think small flrst", mais de constater que rien ne se fait dans ce sens-là. On fait des lois pour les grandes entreprises que l'on cherche ensuite à adapter aux petites. C'est le contraire qu'il faudrait faire! Les PME ont besoin de plus de soutien, d aide et d'encouragement que les grandes entreprises. Ces dernières ont souvent leurs propres services de recherche que les PME n'ont pas. Il faut vraiment donner tous les moyens aux PME, bien les encadrer.

Le constat n'est évidemment pas spécifique au Luxembourg. Nous en avons récemment discuté lors d'une réunion de I'OCDE.

paperJam: Le ministère des Classes moyennes doit-il être le moteur des initiatives de soutien et d'encadrement que vous appelez de vos vœux?

Françoise Hetto-Gaasch: Il existe déjà plein d'aides et des démarches que l'on peut subventionner. Mais il existe aussi bon nombre d'initiatives privées comme le business mentoring avec la Chambre de Commerce. Nous constatons qu'il y a plein de gens bien établis, des entrepreneurs qui ont un énorme savoir et qui sont prêts à le mettre à la disposition de jeunes créateurs ou jeunes entrepreneurs. Or, on n'a pas assez recours à ce type de mentoring, qui est pourtant essentiel et pas seulement lors du lancement d'une entreprise, mais aussi après cinq ou sept ans, quand il faut remettre les choses en question, envisager des formations internes...Je trouve vraiment dommage qu'il n'y ait pas assez de demandes. Je ne sais pas si c'est un manque d'information, ou bien si c'est parce qu'il y a trop d'initiatives...

paperJam: Trop d'initiatives... Ce serait paradoxal, non?

Françoise Hetto-Gaasch: Peut-être faudrait-il, en tous les cas, davantage regrouper les moyens et les sources d'information... Je constate que nous avons plein de choses à mettre à disposition des entrepreneurs, mais je constate aussi qu'elles ne sont pas exploitées à 100%. Il faut donc se poser la question de savoir à quoi ça tient et surtout comment y remédier et faire en sorte que les gens se retrouvent dans toute cette offre.



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