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Le Quotidien: Avez-vous visité les campements de demandeurs d'asile?
Marie-Josée Jacobs: Non
Le Quotidien: Avez-vous prévu une visite dans les prochains jours?
Marie-Josée Jacobs: J'ai surtout prévu de sortir les concernés des tentes.
Le Quotidien: Comment allez-vous procéder?
Marie-Josée Jacobs: Les Guides et Scouts du Luxembourg, la Fédération nationale des éclaireurs et éclaireuses du Luxembourg et le Service national de la jeunesse nous ont proposé de placer des gens dans les chalets dont ils disposent à travers le pays. De plus, des personnes privées nous ont proposé de l'aide. Et j'en suis très reconnaissante. Nous en avons informé les communes concernées, la semaine dernière. En gros, la dernière tente sera démontéè d'ici dix jours grand maximum. Mais, probablement une partie des concernés resteront sur un camping, tout en étant logés dans des mobile homes, solides et chauffés. En attendant, ils sont tous équipés avec le nécessaire, mais la situation est pourtant loin d'être satisfaisante.
Le Quotidien: Au début de l'année déjà, vous aviez lancé un appel aux communes. Sans résultat?
Marie-Josée Jacobs: Non, il ne faut pas oublier que nous avons réussi à loger 1 500 personnes depuis le ler janvier dernier, 1 500 personnes en moins d'un an, dans notre petit pays! Il est clair que sans l'accord des communes, cela n'aurait pas possible. Les élus ont fait preuve de beaucoup de bonne volonté, aussi avant les élections communales.
Le Quotidien: Le Premier ministre avait évoque dans son discours sur l'état de la Nation qu'une visite en Serbie était prévue par vous et le ministre de l'immigration. Avez-vous déjà prévu une date?
Marie-Josée Jacobs: Nous avons proposé une date, mais nous attendons une confirmation. Il n'est pas normal que des ressortissants d'un pays candidat à l'Union européenne, comme la Serbie, viennent demander l'asile chez nous. Un pays qui ne respecte pas les droits de l'Homme ne peut pas devenir membre de I'UE.
Le Quotidien: Estimez-vous que la répartition de la politique de l'asile sur deux ministères est efficace?
Marie-Josée Jacobs: Si jamais une seule personne devait s'en occuper, j'aurais vraiment pitié d'elle. Car croyez-moi, la situation n'est pas simple, ni pour moi et mon service ni pour le ministre Nicolas Schmit et son service. En théorie, tout paraît si facile. Mais dans la pratique, c'est très difficile de répondre à un afflux de demandeurs d'asile tel que nous le connaissons depuis des mois. Je rêve, depuis un certains temps, de construire cinq foyers supplémentaires pour loger au moins cinq cents personnes. Mais, même si ceux-ci avaient existé en début de cette année, il n'y aurait pas eu suffisamment de place.
Le Quotidien: A votre avis, comment la situation va-t-elle évoluer?
Marie-Josée Jacobs: Il faut d'abord savoir que nous ne sommes pas le seul pays concerné. La Belgique, l'Autriche et d'autres pays européens sont touchés par cette vague d'immigration. Il est difficile de dire comment la situation évoluera par la suite. Mais une chose est sûre, ces gens ne quittent pas leur pays parce qu'ils n'ont que ça à faire.
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