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> home > Salle de presse > Interviews > Janvier 2012 > "C'est une aberration", Jean Asselborn au sujet de la prison de Guantanamo

Interview
"C'est une aberration", Jean Asselborn au sujet de la prison de Guantanamo
"Le Quotidien" du 11-01-2012

Vers le niveau supérieur
Le Quotidien: Malgré la promesse d'Obama, la prison de Guantanamo est aujourd'hui encore ouverte. Est-ce pour vous une situation acceptable?

Jean Asselborn: Non, ce n'est pas acceptable. Et je pense que le premier qui le sait est le président Obama. Je me rappelle que fermer Guantanamo était une chose importante pour le candidat. Une fois devenu président, il s'était donné un an pour le faire. Aujourd'hui, tel n'est pas le cas: une loi a été votée par le Congrès et elle permet de mettre des gens en prison à l'infini sans qu'aucun procès ne détermine leur culpabilité. C'est une aberration car les Américains définissent leur démocratie comme la démocratie la plus parfaite, la plus efficace sur la planète.

Le Quotidien: L'ancien détenu Moazzam Begg, venu au Luxembourg en janvier 2010, a estimé aujourd'hui que l'Union européenne ne faisait pas tout ce qu'elle peut pour aider les Etats-Unis à régler ce problème. Qu'en pensez-vous?

Jean Asselborn: Il faut rester sérieux. Ce n'est pas l'Union européenne qui arrivera à faire fermer Guantanamo. Ce n'est pas ce président américain qui en est à l'origine mais c'est l'opinion publique américaine, représentée au Congrès.

Quand Begg est venu nous voir, nous avions beaucoup d'espoir. Dans l'Union européenne, je peux vous affirmer que tout avait été préparé. Aucun pays n'avait été forcé à accepter des prisonniers qui auraient pu être libérés mais certains l'avaient fait, comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Luxembourg qui était d'accord pour accepter un Yéménite.

Le Quotidien: Si les conditions étaient à nouveau réunies, le Luxembourg accepterait-il encore de le faire?

Jean Asselborn:C'est une question tout à fait hypothétique. Il faut rester les pieds sur terre. Une nouvelle loi a été votée. Il y en a deux qui sont sortis de Guantanamo l'année dernière, malheureusement ils étaient morts, l'un victime d'un infarctus, l'autre s'est suicidé. Connaissant un peu le système américain, je pense qu'en cette année d'élection, pour les 171 qui restent dans cette prison, il n'y a aucun espoir qu'ils puissent sortir.



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