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> home > Salle de presse > Interviews > Février 2012 > "Je ne ferai pas mourir la sidérurgie". Etienne Schneider au sujet de ses nouvelles fonctions

Interview
"Je ne ferai pas mourir la sidérurgie". Etienne Schneider au sujet de ses nouvelles fonctions
"Le Quotidien" du 02-02-2012

Vers le niveau supérieur
Delphine Dard: Vous prenez vos fonctions en temps de crise, qu'est-ce que cela vous inspire?

Etienne Schneider: Alors que nous vivons une crise européenne et pratiquement mondiale, la situation est plutôt bonne au Luxembourg. Nous avons un déficit dérisoire par rapport aux pays voisins. Notre dette publique est autour de 18%, soit très loin du plafond européen de 60%. Avec une telle crise, nous sommes pourtant encore dans une situation confortable. Même si nous avons modulé l'index, la population est toujours assurée d'avoir une augmentation une fois par an et nous retirons même la contribution de crise. Je suis donc relativement optimiste.

Delphine Dard: Mais il y a toutefois des points plus noirs?

Etienne Schneider: Bien entendu, par les temps qui courent, il y aura nécessairement des faillites. D'un autre côté, nous créons aujourd'hui de l'emploi dans de nouveaux secteurs à l'image d'Ecostart, de la logistique mais aussi du secteur de l'IT et de la propriété intellectuelle. Le seul souci, c'est qu'il s'agit d'emplois de plus en plus qualifiés. C'est pourquoi d'un autre côté, je veux vraiment favoriser le développement de la logistique, un secteur dans lequel on peut créer des emplois beaucoup moins qualifiés et ainsi répondre à une demande du marché du travail. La formation a aussi un rôle très important à jouer.

Delphine Dard: Votre prédécesseur, Jeannot Krecké, disait mardi regretter de ne pas avoir fait plus pour le tissu industriel. Que pensez-vous pouvoir faire, la situation d'ArcelorMittal et plus particulièrement du site de Rodange-Schifflange vous inquiète-t-elle?

Etienne Schneider: D'un certain côté, avec les nouveaux secteurs, nous avons une industrie moderne et très compétitive et de l'autre côté, il y a aussi la sidérurgie et ArcelorMittal reste le premier employeur du pays. Oui, la situation à Rodange-Schifflange m'inquiète beaucoup, car je suis d'avis qu'il y a peu de chances que le site soit remis en route. Lors de la prochaine tripartite sidérurgique de mars, je vais m'asseoir à la table avec ArcelorMittal et je vais insister pour que le groupe fasse de nouveaux investissements au Luxembourg s'il souhaite qu'on l'aide sur le dossier Rodange-Schifflange. Il faut aussi évoquer la possibilité d'avoir une ligne électrique directe avec la France pour alimenter l'activité des fours électriques du sidérurgiste, sinon cette activité partira aussi du Grand-Duché. Certes, certains me diront qu'une partie de cette électricité sera nucléaire, mais c'est déjà le cas pour la majeure partie de l'électricité utilisée par ArcelorMittal. Et entre utiliser une partie d'énergie nucléaire ou perdre beaucoup d'emplois, mon choix est fait. Je ne serai pas le ministre de l'Economie qui fera mourir la sidérurgie au Luxembourg.

Delphine Dard: Quels sont les autres dossiers qui sont prioritaires pour vous?

Etienne Schneider: Les infrastructures sont prioritaires pour moi. Comme je le disais précédemment, l'établissement d'une ligne électrique directe avec la France mais aussi avec la Belgique. Je souhaite aussi établir une conduite de gaz avec la France car aujourd'hui, nous n'en avons qu'une avec l'Allemagne et cela n'est pas bon pour la sécurité de l'approvisionnement énergétique. J'aimerais aussi voir si on peut installer une deuxième turbine vapeur comme celle de Twinerg. L'énergie est donc aussi pour moi un dossier prioritaire, je me fixe l'objectif de doubler la part des énergies renouvelables dans notre énergie totale. Prochainement, je vais aussi annoncer le lancement d'un plan sur la mobilité électrique avec le ministre délégué au Développement durable, Marco Schank.

Delphine Dard: Alors que les temps sont difficiles et qu'il faut faire des concessions, pensez-vous qu'il est possible aujourd'hui de combiner compétitivité et social?

Etienne Schneider: Oui car la compétitivité, ce n'est pas que le coût du salaire ou du travail. La paix sociale, le dialogue social sont des éléments de compétitivité tout comme nos infrastructures, notre situation géographique, l'accès aux décideurs politiques et le fait que tout peut se faire par des chemins courts au Luxembourg même si c'est moins vrai, il faut d'ailleurs travailler sur ce sujet.

Delphine Dard: Le compromis qui a été trouvé sur l'index vous convient-il?

Etienne Schneider: Le compromis qui a été trouvé d'un index par intervalle de douze mois est une bonne décision. Bien sûr, il ne satisfait pas les syndicats et bien entendu les patrons seront toujours opposés à l'index mais le gouvernement a tranché parce qu'il le fallait. Le dialogue social n'est pas au mieux actuellement, je vais m'attacher à faire se rasseoir dans un climat plus apaisé patrons et syndicats autour d'une table et j'espère en tant que nouveau ministre avoir la capacité d'être plus fédérateur.



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