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L'essentiel: Quelle est votre position par rapport à la situation des sites de Rodange et Schifflange d'ArcelorMittal?
Etienne Schneider: Dès le début, je n'avais pas beaucoup d'espoir pour Rodange et Schifflange. Mais aujourd'hui, ce que le gouvernement demande, ce sont des engagements de la part d'ArcelorMittal. L'Etat luxembourgeois veut bien mettre la main à la poche pour prendre en main les ouvriers laissés sur le carreau - ça se chiffre aux alentours de 70 millions d'euros - mais nous devons maintenir la pression pour sauvegarder l'industrie dans notre pays.
L'essentiel: Mais comment mettre la pression sur ce géant?
Etienne Schneider: Mon idée est d'introduire une clause conditionnelle dans chacun des dossiers que nous traiterons avec le groupe. Il veut fermer les sites de Rodange et Schifflange? Alors qu'il s'engage clairement, notamment en ce qui concerne l'investissement de 250 millions d'euros pour les sites de Belval et de Differdange. Pas d'engagements concrets, pas de déblocage d'argent public.
L'essentiel: Est-ce la fin de l'industrie au Luxembourg?
Etienne Schneider: Il ne faut pas se voiler la face, on assiste à une désindustrialisation globale en Europe, nous ne sommes plus compétitifs par rapport à d'autres pays.
L'essentiel: Le Qatar suscite certaines inquiétudes, va-t-il augmenter sa part dans Cargolux dont il détient déjà 33%?
Etienne Schneider: La ligne du gouvernement est claire, nous ne voulons pas que le Qatar augmente sa participation dans Cargolux. Les accords stipulent qu'il ne pourra jamais dépasser 49 %. Il détient 33 % et nous souhaitons que cet équilibre reste. Cargolux va sans doute être déficitaire cette année et aura besoin d'une recapitalisation en 2013, de l'ordre de 100 à 250 millions, l'Etat prendra alors ses responsabilités et veillera à ce que les équilibres soient respectés. Je vais rencontrer les syndicats, lundi prochain, en compagnie du ministre des Transports.
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