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Interview
Nicolas Schmit au sujet de la lutte contre le chômage
"paperJam" du 02-05-2012

Vers le niveau supérieur

paperJam: Monsieur Schmit, que vous inspire cette "sortie" du collectif "5 vir 12" à propos des problèmes de chômage au Luxembourg?

Nicolas Schmit: D'abord je pense que toute réflexion hétérodoxe est utile. Mais encore faut-il se pencher sur la nature du chômage dans notre pays. Je dois rappeler que près de 60 % des demandeurs d'emploi n'ont pas ou peu de qualifications. Près d'un quart des chômeurs sont des travailleurs handicapés et/ou à capacité de travail réduite. Cette catégorie représente 76,80 % des chômeurs de longue durée. Ils ont des difficultés considérables à retrouver un emploi dans un contexte très concurrentiel, et cela malgré les aides. Je vais d'ailleurs proposer une initiative favorisant leur réinsertion. Nous connaissons également une forte immigration de personnes ne maîtrisant aucune langue pratiquée chez nous, ce qui diminue souvent leur capacité de s'insérer rapidement. La formation et la qualification insuffisantes ou inadaptées sont la cause majeure de l'inadéquation sur notre marché du travail. Cela vaut évidemment aussi pour les jeunes. D'où nos efforts, dans le cadre du nouveau plan d'action en faveur de l'emploi des jeunes, de donner à ceux qui sont les plus éloignés du marché du travail, une formation de base et un encadrement approprié.

paperJam: Quelles sont vos pistes privilégiées pour sortir de la spirale paradoxale du pays, où le chômage augmente alors que la création d'emplois continue à augmenter aussi?

Nicolas Schmit: Le paradoxe de notre marché du travail est clair. Le nombre d'emplois nouveaux créés en un an s'est élevé à près de 11.000 quand, dans le même temps, le chômage a augmenté de quelque 1.400 unités. Ce paradoxe ne peut se résoudre progressivement qu'à travers une meilleure qualification d'un plus grand nombre de personnes. La réforme de notre système d'enseignement a pour cette raison une importance capitale. Nous devons assurer une bonne orientation professionnelle et promouvoir les formations pour les métiers qui se développent. L'apprentissage doit y contribuer, ainsi que la formation continue.

paperJam: Récompenser le travail, valoriser l'effort et lutter contre l'inactivité. C'est une approche que vous partagez?

Nicolas Schmit: Il faut certainement responsabiliser les demandeurs d'emploi, Il existe un droit au travail et non pas un droit au chômage. Il faut tout faire pour sortir rapidement les chômeurs de l'inactivité. L'indemnisation a une contrepartie: l'effort de la part du bénéficiaire de retrouver rapidement un emploi ou du moins de s'en donner les moyens en acceptant notamment des formations pour améliorer son employabilité. C'est le sens de la convention de collaboration proposée aux demandeurs par l'Adem. Nous devons également nous pencher sur l'emploi approprié et les refus de certains d'accepter l'emploi proposé. Pour réaliser cela nous avons besoin d'une Adem efficace et disposant des ressources nécessaires pour assurer l'accompagnement des demandeurs d'emploi. C'est l'objectif de la réforme.

paperJam: Quel est le rôle des entreprises dans ce processus?

Nicolas Schmit: Je pose évidemment aussi la question de la responsabilité des entreprises qui parfois se débarrassent de leurs salariés plus âgés, procèdent à des reclassements externes (il y en a eu 340 en 2011), ou n'embauchent pas de jeunes. Nous avons d'ailleurs pris un tournant dangereux, celui d'une multiplication des aides à l'embauche. À terme, ceci ne pourra plus être financé d'autant plus qu'elles ne pourront plus, de moins en moins, être réservées aux seuls résidents.

paperJam: Croyez-vous dans un système "à la Japonaise", dans une formule où le chômeur est poussé à effectuer du travail d'intérêt général pour rester "au contact" du monde du travail?

Nicolas Schmit: La mise au travail des chômeurs dont il est question existe déjà. Ce sont les OTI (occupation temporaire indemnisée) pour les chômeurs ou les AIP (activités d'insertion professionnelle) pour les bénéficiaires du revenu minimum garanti. Il y a actuellement un millier de bénéficiaires de ces mesures. Je suis favorable à une extension, encore faut-il les considérer comme des mesures transitoires et ne pas en faire des emplois précaires peu coûteux. Elles peuvent créer des distorsions et retarder l'insertion sur le premier marché du travail. Les travaux d'intérêt général, nous les avons eus. Et d'une certaine manière les initiatives sociales qui emploient les personnes les plus difficiles à placer sur le premier marché du travail en sont assez proches. On évoque le Japon. Mais chaque pays a son modèle qu'on ne peut pas transposer tel quel. »



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