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Le Jeudi: Votre collègue Luc Frieden préconise de réduire les investissements publics. N'est-ce pas défavorable à une relance de l'économie?
Etienne Schneider: Les réductions concernant les investissements publics sont très limitées. Nous sommes bien conscients du fait que trop de réduction pourrait nuire à la relance.
Le Jeudi: Comment, dans ce contexte actuel, comptez-vous favoriser la croissance?
Etienne Schneider: Je compte favoriser la croissance par le développement de nouveaux secteurs (logistique écotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information) pour lesquels nous avons une panoplie de moyens à notre disposition: subventions, aides R&D, fonds d'investissement.., et pour lesquels nous avons mis ces dernières années et sommes encore en train de mettre en place les infrastructures nécessaires. La politique économique comporte, à mes yeux, une bonne dose de psychologie. Il faut absolument redonner confiance aux consommateurs. Le paquet du Pacte de stabilité et de croissance n'a pas de conséquences majeures sur le pouvoir d'achat des gens.
Le Jeudi: Ce principe de la croissance semble avoir le vent en poupe un peu partout en Europe et à la BCE. Le gouvernement luxembourgeois, de son côté, ne souhaite pas laisser "filer" les déficits et défend toujours l'extrême rigueur budgétaire. Votre analyse de ce dilemme?
Etienne Schneider: Un déficit limité, qui entraîne une faible dette publique, nous laisse une certaine marge de manoeuvre pour rester créatifs. Les exemples de pays comme la Grèce, le Portugal, l'Espagne, etc., nous ont montré qu'un endettement trop élevé ne permettait plus de réagir de façon proactive. Ceci est d'autant plus vrai pour un petit pays sans marché intérieur. Un endettement trop élevé se traduit inévitablement par une augmentation des impôts et donc par une fuite des capitaux et une diminution de la consommation au Luxembourg.
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